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Hebdo N°29 - Vendredi 10 août 2018

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Actualités de la filière

Rubriques

Récolte 2018

Céréales à paille, colza et pois



           


Volumes et qualités généralement bons, malgré une
météorologie atypique en 2017/2018

Après une année 2017 aux récoltes très satisfaisantes, la production française de céréales à pailles reste, en 2018, globalement d’un niveau proche de la moyenne quinquennale avec 35,1 millions de tonnes (Mt) de blé tendre, 1,9 Mt de blé dur et 11,8 Mt d’orges. La production française est par contre en recul pour le colza et en demi‐teinte pour les protéagineux, aux résultats hétérogènes. Sur le plan qualitatif, cette récolte permettra de répondre à tous les besoins des utilisateurs sur les différents segments de marché. Les teneurs en protéines des céréales à paille sont très satisfaisantes, supérieures à 11,5 % en blé tendre, voire à 12 % dans de nombreuses situations, et à 13 % en blé dur. Les poids spécifiques sont partout supérieurs à 76 kg/hl pour le blé tendre, mais restent faibles pour le blé dur en zone traditionnelle (sud de la France), alors qu’ils sont de bon niveau dans les bassins Ouest‐Océan et Centre. La récolte de colza, à 4,6 Mt, s’avère inférieure à la très bonne récolte de 2017 à 5,3 Mt. Pour les pois et féveroles, la situation paraît très hétérogène avec des résultats décevants pour les cultures d’hiver. Les cultures de printemps sont en cours de récolte.

Des récoltes de bon niveau en dépit des caprices de la météo

La campagne 2017‐18 a été marquée par une météorologie capricieuse et variable selon les régions. Les conséquences sur l’état des cultures ont pu être suivies chaque semaine notamment avec l’observatoire Céré’Obs (https://cereobs.franceagrimer.fr). Alors que la sécheresse affectait les semis d’automne dans les régions du Sud, les inondations hivernales et printanières ont rendu compliqués les semis d’hiver comme de printemps dans d’autres régions. Les orages après floraison ont ensuite notamment affecté les régions du Sud, et occasionné de la verse localement sur les céréales à paille. Le retour des pluies et les fortes chaleurs ont impacté négativement la floraison et le remplissage des graines des oléagineux, mais ont accéléré la récolte de une à trois semaines selon les cas pour les céréales à paille. Ces conditions ont favorisé la valorisation des apports azotés, mais aussi une forte pression parasitaire. Elles contrastent avec la sécheresse qui a affecté sérieusement le Nord de l’Europe et la Mer Noire.

Blé tendre : un peu plus de 35 millions de tonnes et des teneurs en protéines élevées

Malgré des conditions climatiques difficiles au printemps, la production de blé tendre est estimée, à ce jour, à 35,1Mt (‐ 4 % par rapport à la récolte 2017 et ‐ 2,1 % par rapport à la moyenne quinquennale 2013‐2017) avec des surfaces évaluées à 4,9 millions d’hectares et un rendement moyen national de l’ordre de 71,5 q/ha, selon les estimations du service statistique du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/2018_114inforapgrandescultures.pdf).
Les rendements sont très hétérogènes en fonction du secteur, les sols profonds ayant subi un excès d’eau. Dans le sud et l’ouest du pays, les rendements sont en baisse par rapport à la moyenne quinquennale, alors qu’ils en sont proches dans les autres régions. Au nord de la Seine, les rendements sont bons, avec des moyennes régionales dépassant les 83 q/ha. Dans la région Grand Est, les rendements sont bons en Champagne‐Ardenne et Lorraine et un peu inférieurs aux très bons rendements 2017 en Alsace. Dans les régions de l’Ouest, les rendements sont très moyens autour de 77 q/ha, mais seulement 63 q/ha en Pays de la Loire. Ils sont aussi moyens dans le Sud‐Ouest avec 60,6 q/ha en Nouvelle Aquitaine.
Sur le plan qualitatif, la teneur en protéines des blés tendres est très satisfaisante, supérieure à 11,5 % dans toutes les régions. Elle dépasse régulièrement les 12 %.
La variabilité dans l’intensité et la fréquence des pluies survenues en fin de cycle a généré de l’hétérogénéité sur les poids spécifiques. Les moyennes régionales dépassent systématiquement le seuil de 76 kg/hl exigé dans les contrats et cahiers des charges et sont bien souvent supérieures à 77 kg/hl. Les temps de chute de Hagberg des blés issus de la récolte 2018 devraient également répondre aux spécifications.

Blé dur : rendements et qualités hétérogènes

La situation pour le blé dur s’avère très contrastée entre les différents bassins de production.
À l’échelle nationale, la production serait en recul de 12,1 % par rapport à 2017 et s’établirait à 1,9 Mt.
Dans le Sud, particulièrement concerné par les conditions climatiques défavorables du printemps, les rendements sont
fortement altérés. Sur le plan qualitatif, des nuances sont perceptibles entre le bassin Sud‐Est et le bassin Sud‐Ouest
avec notamment des problèmes de mitadinage et de moucheture. Du fait de poids spécifiques faibles, un travail de tri devra être effectué sur les lots pour répondre aux besoins des acheteurs. Dans le bassin Ouest‐Océan, les rendements sont corrects avec des teneurs en protéines élevées autour de 14,5 %. La récolte 2018 répondra aux besoins des marchés, avec des poids spécifiques moyens de 77 kg/hl pour ce bassin.
Après deux années difficiles, les rendements du bassin Centre retrouvent des niveaux très satisfaisants, avec une qualité au rendez‐vous. Les teneurs en protéines s’établissent à 14,5 % et les poids spécifiques sont supérieurs à 79 kg/hl. Les grains sont, par ailleurs, quasi exempts de mitadin et moucheture.

Orges d’hiver : près de 65 q/ha et des qualités satisfaisantes

Selon les régions, les rendements ont été plus ou moins impactés par les conditions climatiques du printemps. On observe un gradient d’Ouest en Est. Les principales régions productrices d’orges d’hiver ont été les moins touchées.
Ainsi, la production nationale s’établirait à 8,7 Mt (‐ 1,7 % par rapport à 2017 ; + 8,8 % par rapport à la moyenne 2013‐2017). Du point de vue de la qualité brassicole, les teneurs en protéines sont bonnes. Les moyennes régionales oscillent entre 10 % et 11 %. Les poids spécifiques sont, quant à eux, moyens à faibles sur tout le territoire. Les calibrages sont très bons dans le tiers nord de la France et corrects en Bourgogne‐Franche‐Comté, en Ile‐de‐France et en Poitou‐Charentes.

Orges de printemps : bons à très bons calibrages

La production française d’orges de printemps est estimée à 3,05 Mt (+ 1,8 % par rapport à 2017, + 6,8 % par rapport à 2013‐2017) avec des surfaces évaluées à 489 000 ha et des rendements de l’ordre de 62,4 q/ha. On note toutefois une forte variabilité des rendements liée aux dates de semis. Côté qualité, les teneurs en protéines sont bonnes (moyennes régionales de 9,5 % à 10,8 %) et les calibrages sont bons à très bons.

Colza : une production en recul

La production de colza est estimée à 4,6 Mt en 2018, en deçà de la moyenne 2013‐2017 (5,1 Mt). Avec environ 31 q/ha (estimation de Terres Inovia au 8 août), le rendement moyen national est en net recul par rapport à celui de l’année record de 2017, et ne compense pas des surfaces en augmentation de 8,7 %. Les sols gorgés d’eau tout l’hiver ont dégradé les systèmes racinaires des plantes. En fin de cycle, les pluies bienvenues sur un colza affaibli n’ont pas permis un remplissage optimum des siliques pour compenser le faible nombre de graines et accumuler un taux d’huile correct.
Par ailleurs, la pression parasitaire a été forte et elle a pu être difficilement maîtrisée.

Protéagineux : des rendements en demi‐teinte

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation estime la récolte de protéagineux 2018 en baisse de 7,2 % par rapport à celle de 2017 à 908 000 tonnes cette année contre 1 Mt en 2017. Les pois d’hiver, récoltés fin juin, présentent des rendements moyens de 40 q/ha dans la grande moitié nord de la France, s’approchant plutôt des 30 q/ha dans le sud, dans une fourchette de 20 à 60 q/ha. Les rendements des féveroles d’hiver, récoltées courant juillet, atteignent presque les 30 q/ha. Les résultats des cultures d’hiver sont décevants, celles‐ci étant restées relativement saines jusqu’à la fin du cycle malgré un hiver froid, pluvieux, et des températures gélives dans le Nord Est.
Les pois de printemps, récoltés courant juillet, présentent des résultats très hétérogènes, souvent liés aux conditions d’implantation, et aux difficultés pour les plantes à mettre en place un système racinaire suffisant pour assurer leur alimentation. Les féveroles de printemps sont en cours de récolte. Dans le nord de la France, des parcelles encore vertes laissent espérer des résultats un peu meilleurs qu’en pois.

Soutien des agriculteurs




La Commission renforce ses aides aux agriculteurs européens confrontés aux sécheresses

Cet été, la Commission européenne soutient les agriculteurs européens qui se débattent contre les sécheresses extrêmes.

Les agriculteurs pourront recevoir à l'avance les paiements directs et les paiements au titre du développement rural qui leur sont destinés, et ils disposeront d'une plus grande souplesse quant à l'exploitation des terres qui, en temps normal, ne seraient pas utilisées à des fins de production, afin de pouvoir nourrir leurs animaux.

Les sécheresses prolongées qui sévissent actuellement dans plusieurs pays de l'UE ont de graves conséquences sur la production des grandes cultures, ainsi que des aliments pour animaux, ce qui pourrait également avoir une incidence sur le bien-être de ces derniers. La réduction des stocks d'aliments pour animaux a en outre une incidence particulière sur les revenus des éleveurs de bétail, étant donné qu'ils seront confrontés à une augmentation de leurs coûts de production s'ils doivent affronter une pénurie de fourrage plus tard dans l'année.

Le commissaire chargé de l'agriculture, Phil Hogan, a déclaré à ce sujet: «Je suis très préoccupé par ces conditions climatiques prolongées. J'ai parlé à plusieurs ministres des pays touchés par ce problème afin d'analyser avec eux la situation actuelle et de faire le point sur ses conséquences.
Comme toujours, la Commission est prête à soutenir les agriculteurs touchés par la sécheresse à l'aide d'un certain nombre d'instruments, y compris des avances plus élevées, des dérogations aux exigences en matière de «verdissement» et des aides d'état. La politique agricole commune prévoit déjà un filet de sécurité pour les agriculteurs qui doivent faire face à des événements imprévisibles. J'encourage tous les États membres à étudier l'ensemble des actions et mesures prévues par notre législation qu'ils pourraient engager.»

Deux décisions ont été prises pour aider les agriculteurs à faire face aux sécheresses, en complément du soutien prévu dans le cadre de la législation relative à la politique agricole commune (PAC):

  • Des avances plus élevées: les agriculteurs pourront recevoir jusqu'à 70 % de leurs paiements directs et 85 % des paiements au titre du développement rural dès la mi-octobre 2018 et ils ne devront donc pas attendre le mois de décembre pour redresser leur trésorerie;
  • Les agriculteurs bénéficieront dedérogations à certaines exigences en matière de «verdissement», à savoir la diversification des cultures et les règles sur les surfaces d'intérêt écologique en ce qui concerne les terres mises en jachère, ce qui leur permettra d'utiliser ces terres à des fins de production d'aliments pour animaux. L'adoption d'autres dérogations au «verdissement» est également envisagée, de façon à ce que les agriculteurs bénéficient d'une plus grande souplesse en ce qui concerne leur production fourragère. Ces mesures seront particulièrement profitables aux éleveurs de bétail.

Le soutien existant dans le cadre de la PAC

Dans le cadre des règles existantes en matière d'aides d'état dans le secteur agricole, des aides dont le montant peut aller jusqu'à 80 % des dommages causés par la sécheresse (ou jusqu'à 90 % dans les zones soumises à des contraintes naturelles) peuvent être fournies, à certaines conditions.
L'achat de fourrage peut donner droit à une aide au titre de dommages matériels ou de perte de revenus.

L'indemnisation en compensation de dommages peut également être accordée sans obligation de notification à la Commission (il s'agit là de ce que l'on appelle des «aides de minimis»). Les États membres peuvent accorder des aides à hauteur de 15 000 euros maximum par agriculteur par périodes de trois ans.

En ce qui concerne le développement rural, la législation PAC en vigueur prévoit toute une série d'aides possibles:

  • Lorsqu'un État membre considère la situation de sécheresse comme une «catastrophe naturelle», il peut fournir une aide allant jusqu'à 100 % pour la reconstitution du potentiel de production agricole endommagé par la sécheresse. Les fonds peuvent être utilisés pour réaliser des investissements, par exemple pour réensemencer des pâturages. Cette mesure peut être appliquée rétroactivement;
  • Les agriculteurs peuvent informer leurs autorités nationales respectives des circonstances exceptionnelles dont ils sont victimes, et leurs États membres peuvent les libérer de leurs engagements selon diverses modalités. Les agriculteurs pourront par exemple être autorisés à utiliser des bandes- tampons pour les fourrages;
  • Les États membres peuvent aider les agriculteurs avec des instruments de gestion des risques. Ils peuvent par exemple contribuer financièrement aux fonds de mutualisation pour verser une compensation financière aux agriculteurs concernés. Les agriculteurs qui subissent une perte de revenu supérieure à 30 % de leur revenu annuel moyen recevront aussi une compensation financière.

Les États membres ont la possibilité de modifier leur programme de développement rural une fois par an pour y intégrer l'une des mesures précitées.

Outre ces mesures et l'évaluation constante de la situation de sécheresse et de ses répercussions à l'aide des satellites européens, la Commission est en contact avec tous les États membres, de façon à recevoir des informations actualisées sur les conséquences des sécheresses de printemps et d'été pour leurs agriculteurs. Ces informations, qui sont demandées pour le 31 août au plus tard, serviront à évaluer la pertinence et l'adéquation des mesures prises par la Commission et à éclairer toute décision sur la modification des mesures déjà prises ou en ce qui concerne toute mesure supplémentaire jugée utile.

Pour en savoir plus
Bulletins MARS (Monitoring Agricultural ResourceS, Surveillance des ressources agricoles)

Canicule et sécheresse



Les agriculteurs refusentde faire
un « semis administratif »

Les fortes chaleurs font la Une de tous les journaux avec leurs conséquences pour les citoyens, notamment dans les villes. La situation est tout aussi préoccupante pour les agriculteurs, dont l’activité est très dépendante du climat.

Toutes les productions sont impactées par la canicule, tant végétales qu’animales, et les agriculteurs agissent avec pragmatisme pour assurer dans les meilleures conditions possibles la poursuite de leur activité. L’application des règlements doit aussi tenir compte de cette situation exceptionnelle. Le Commissaire Hogan a pris la mesure de la détresse des agriculteurs et propose d’utiliser un certain nombre d'instruments, dont des paiements PAC anticipés plus élevés (70 %), des dérogations aux exigences du verdissement et des aides d'État.

La sécheresse et les prévisions météo ne permettent pas d’envisager un travail du sol, ni de réaliser des semis dans de bonnes conditions avant plusieurs jours. Ceci conduit les agriculteurs soit à se mettre dans l’illégalité vis-à-vis des obligations du verdissement, soit à réaliser un semis ‘’administratif’’ en pure perte. En effet, la période de présence obligatoire pour les intercultures SIE (surfaces d’intérêt écologique) démarre le 30 juillet ou le 6 août dans de nombreux départements et le ministère de l’Agriculture n’a pour le moment proposé aucune solution, malgré les demandes répétées de la profession. Il en est de même pour les CIPAN (cultures intermédiaires pièges à nitrates).

Alors que le pragmatisme se veut au coeur de l’action du gouvernement, nous formulons deux demandes au ministre de l’Agriculture :

  • annoncer au plus vite une dérogation à l’implantation des CIPAN et SIE sans préjudice sur le paiement vert ;
  • reconduire l’ATR (avance de trésorerie remboursable) à hauteur de 90% des aides PAC en raison de la fragilité des situations économiques des exploitations.

Mutagénèse




Les organismes obtenus par mutagenèse constituent des OGM et sont, en principe, soumis aux obligations prévues par la directive sur les OGM

Néanmoins, les organismes obtenus par des techniques de mutagenèse qui ont été traditionnellement utilisées pour diverses applications et dont la sécurité est avérée depuis longtemps sont exemptés de ces obligations, étant entendu que les États membres sont libres de les soumettre, dans le respect du droit de l’Union, aux obligations prévues par la directive ou à d’autres obligations

À la différence de la transgenèse, la mutagenèse est un ensemble de techniques permettant d’altérer le génome d’une espèce vivante sans insertion d’ADN étranger. Les techniques de mutagenèse ont permis de développer des variétés de semences résistantes à des herbicides sélectifs.

La Confédération paysanne est un syndicat agricole français qui défend les intérêts de l’agriculture paysanne. Avec huit autres associations, elle a formé devant le Conseil d’État français un recours portant sur la réglementation française qui exempte les organismes obtenus par mutagenèse des obligations imposées par la directive sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) 1. En particulier, cette directive prévoit que les OGM doivent être autorisés après une évaluation des risques qu’ils présentent pour la santé humaine et l’environnement et les soumet à des exigences de traçabilité, d’étiquetage et de surveillance.

La Confédération paysanne et les autres associations invoquent le fait que les techniques de mutagenèse ont changé avec le temps. Avant l’adoption de la directive sur les OGM, seules des méthodes de mutagenèse conventionnelles ou aléatoires appliquées in vivo sur des plantes entières étaient pratiquées. Les progrès techniques ont par la suite donné lieu à l’émergence de techniques de mutagenèse in vitro qui permettent de cibler les mutations afin d’obtenir un organisme résistant à certains herbicides. Or, pour la Confédération paysanne et les autres associations, l’utilisation de variétés de semences rendues résistantes à un herbicide comporte un risque de dommages importants pour l’environnement ainsi que pour la santé humaine et animale, au même titre que les OGM obtenus par transgenèse.

C’est dans ce contexte que le Conseil d’État a invité la Cour de justice à déterminer, en substance, si les organismes obtenus par mutagenèse sont des OGM et s’ils sont soumis aux obligations prévues par la directive sur les OGM.

Par arrêt de ce jour, la Cour considère tout d’abord que les organismes obtenus par mutagenèse sont des OGM au sens de la directive sur les OGM, dans la mesure où les techniques et méthodes de mutagenèse modifient le matériel génétique d’un organisme d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement. Il s’ensuit que ces organismes relèvent, en principe, du champ d’application de la directive sur les OGM et sont soumis aux obligations prévues par cette dernière.

SAVE THE DATE : COLLOQUE HCCA


Le Haut Conseil de la Coopération Agricole (HCCA) vous convie à un colloque organisé le 25/10/2018 à Paris.

L’objectif de ce colloque est d’éclairer la situation des coopératives agricoles françaises et européennes pour répondre aux enjeux européens de l’Agriculture. Il s'agit d'aborder les apports, les atouts, mais aussi les points d'amélioration qui caractérisent les coopératives agricoles françaises à l’échelon national et européen.

Cette journée s’inscrit dans la perspective de la renégociation de la PAC et du positionnement de la France au sein de l’UE.  

Il s’agira aussi d'examiner quel pourrait être l’intérêt pour une coopérative agricole d'évoluer d'un statut national à celui de société coopérative européenne à objet agricole.

Des experts et dirigeants de coopératives européennes situeront et éclaireront le cadre de la réflexion. Deux tables rondes sont organisées. Chacune des tables apportera un éclairage européen de la question traitée et fera émerger des pistes de travail et des recommandations à proposer aux pouvoirs publics nationaux et européens.

Après un point sur la loi Alimentation et sur la réforme de la PAC pour la période 2020-2027, Michel PRUGUE, le Président de Coop de France puis Stéphane TRAVERT, Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation interviendront en clôture de cette journée.


PRÉ-PROGRAMME
(Le programme définitif vous sera envoyé mi-septembre)

MATINÉE

Accueil café

Présentation de la journée - Henri NALLET, Ancien Ministre, Président du HCCA

Gouvernance coopérative dans l'UE -  Costa ILOUPOULOS, Professeur Université d’Athènes

Statuts, gouvernance des coopératives agricoles : concilier proximité  et implication des adhérents, poids dans le marché et performance économique ?

  • Table ronde : Présidents/Directeurs de coopératives + un représentant de la commission

Place de la coopération agricole dans l’UE, pertinence et faisabilité d’un statut européen, atouts, spécificités de la coopération française et points à améliorer - Krijn POPPE, Coordinateur de la synthèse « la coopération agricole dans l’UE » - Professeur à l’université de Wagueningen

Le modèle coopératif en Europe du Nord

Propositions pour un statut de coopérative agricole européenne - Samuel CREVEL, Président de la section juridique du HCCA

Les coopératives, entreprises à mission ?
 

PAUSE-DÉJEUNER

APRÈS-MIDI

Une nouvelle ambition pour l’agriculture et les agriculteurs français

Place et ambition des coopératives agricoles françaises dans l’UE

  • Introduction : Christian PEES - Président d’EURALIS, membre du COPA-COGECA
  • Table ronde : Présidents/Directeurs de coopératives

Évolution de la PAC

« Le grand débat coopératif » -  Michel PRUGUE, Président de Coop de France

Conclusion par Stéphane TRAVERT, Ministre de l’Agriculture et de l’alimentation

mutagénèse



Arrêt de la cour de justice européenne sur les nouvelles techniques de mutagénèse : un bien mauvais signal

Mercredi 25 juillet, la cour de justice européenne a rendu son avis concernant les variétés obtenues par les nouvelles techniques de mutagénèse. Ces dernières doivent être considérées comme des OGM et doivent donc être soumises aux obligations de la directive concernée. Or, nous le savons, les exigences de cette directive les condamnent de fait dans l’UE. L’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et la FNSEA prennent acte de cette décision très lourde de conséquences pour nos concitoyens comme pour l’agriculture européenne et entend tirer la sonnette d’alarme : une agriculture en panne d’innovation variétale ne pourra relever l’ampleur des défis climatiques et environnementaux et répondre aux attentes des consommateurs qui demandent en particulier une agriculture utilisant moins de produits phytosanitaires.

Mauvais signal pour les consommateurs

Malgré l’évolution climatique et la multiplication des aléas, les consommateurs demandent, à juste titre, une alimentation de très haute qualité, des modes de productions respectueux de l’environnement et reposant le moins possible sur la chimie. C’est dans ce sens que l’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et la FNSEA ont signé le 11 juillet dernier un contrat de solutions identifiant des outils pour répondre à ces attentes. Le recours aux innovations actuelles et à venir est au coeur du dispositif. L’accès confisqué de fait à tout un pan de solutions met clairement en difficulté la recherche, les semenciers et les agriculteurs.

Mauvais signal pour l’agriculture française

La production de semences, fortement exportatrice est l’un des fleurons de l’agriculture française et les agriculteurs ont besoin d’une recherche génétique performante afin d’accéder à des variétés répondant aux conditions pédoclimatiques françaises et européennes et à leurs difficultés propres en matière de maladies et de ravageurs. L’application systématique de la Directive OGM à l’ensemble des outils modernes de sélection variétale est de nature à isoler l’Europe de toute innovation en la matière. C’est une vision qui nous oppose à ceux qui crient aujourd’hui victoire de la décision de la CJUE.

Pour certains opposants, toute solution innovante, qu’elle soit chimique ou génétique – doit être interdite. Pour nos organisations il est temps de revenir, à davantage de raison : notre agriculture est encore performante, diversifiée et nourricière mais dans le contexte économique et climatique actuel sa force d’innovation, et en particulier génétique, doit être préservée et même développée pour le rester. Notre volonté de trouver des solutions reste intacte et si le cadre réglementaire n’y est pas favorable, peut-être est-il temps de le rediscuter.