
Marché des céréales
Le marché céréalier retrouve des couleurs
Les fondamentaux sont connus depuis plusieurs semaines par les opérateurs sans impact sur les cours, mais un rebond marqué des prix a été observé ces derniers jours aussi bien en blé qu’en maïs.
Il faut croire que c’est la dernière estimation de production européenne de blé publiée par la Commission Européenne qui a permis un sursaut des prix en abaissant significativement son volume de production. Dans son rapport, la Commission estime la production de blé à 116,1 millions de tonnes (Mt), soit en retrait de 4,7 Mt par rapport à son estimation de juillet 2024 et en décrochage de 9,4 Mt par rapport à l’an dernier. Cette baisse est notamment due à la perte de production en France et en Allemagne. Double peine pour les deux principaux producteurs européens, le volume est restreint et la qualité technologique n’est pas au rendez-vous.
Les exportations européennes ne devraient donc pas dépasser les 26 Mt pour la campagne 2024/25, en chute de 9 Mt. Au 1er septembre, les exportations européennes de blé étaient en baisse de 23% à 4,4 Mt (contre 5,7 Mt à la même époque l’an dernier). En France les exportations sont divisées de moitié avec 500 kt exportées depuis le 1er juillet contre 939 kt exportées l’an dernier à pareille époque.
Dans une moindre mesure, la Russie partage le constat européen. La récolte de blé russe est estimée en baisse de 800 kt par SovEcon à 82,5 Mt.
A cela s’ajoute des difficultés de semis en Ukraine et en Russie en raison d’un déficit hydrique important. L’Ukraine annonce par ailleurs, en accord avec ses partenaires commerciaux, limiter son volume d’exportation de blé à 16,2 Mt pour la campagne 2024/25. Depuis le 1er juillet l’Ukraine a déjà exporté 7,2 Mt de céréales dont 3,8 Mt de blé, 2,3 Mt de maïs et 1,1 Mt d’orge. Les volumes à destination de l’Union Européenne sont respectivement de 697 kt, 2,23 Mt et 153 kt.
Les facteurs limitants la hausse des cours sont principalement l’annonce en l’Australie d’une production de blé attendue en hausse de 2,7 Mt à 31,8 Mt en raison de conditions climatiques favorables. Ainsi que l’offre mer Noire qui continue de s’imposer à l’échelle internationale d’autant plus dans le contexte de hausse des prix sur Euronext.
En maïs la situation est différente. Plusieurs régions productrices aux Etats-Unis mais aussi en Europe de l’Est sont touchées par des vagues de chaleur et de sécheresse, ce qui impacte les potentiels de production. En France les conditions de culture sont bonnes même si des retards de développement sont notables.
La hausse des cours est plus restreinte en raison d’un manque d’intérêt pour la graine du côté des acheteurs.

