
Plan de sortie du phosmet
Un bilan positif
Une première étape technique franchie et une dynamique collective engagée pour la recherche d’alternatives
Agir ensemble pour protéger les surfaces de colza face à la pression des ravageurs d’automne. L’ampleur de ce défi pour préserver la compétitivité du colza a nécessité une mobilisation sans précédent pour rechercher des stratégies de gestion des ravageurs à travers le Plan de sortie du phosmet (2022-2025). Ce plan, animé par Terres Inovia, INRAE et Sofiprotéol, a rassemblé 26 acteurs de la recherche et du développement, publics et privés.
Les grands enseignements du Plan de sortie du phosmet ont été présentés lors d’un colloque final le 24 mars à Paris. Au-delà de la dynamique collective initiée par ces premiers travaux, le plan a permis d'identifier plusieurs leviers d’actions qui seront autant de nouvelles ressources pour préserver les futures récoltes de colza, sécuriser la marge des agriculteurs et, plus largement, la souveraineté protéique française.
Doté de 6 millions d’euros, le Plan de sortie du phosmet est principalement financé par les fonds Casdar du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, par Terres Inovia et Sofiprotéol avec les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales, par INRAE et par les contributions des firmes et des semenciers (hors salaires des personnels publics).
Des résultats techniques obtenus : 4 leviers déployés et des pistes mises de côté
Les 11 projets de recherche du Plan de sortie du phosmet, portés par des acteurs de la recherche et du développement agricole, ont permis de développer des connaissances et des leviers complémentaires. L’objectif commun était de produire et de déployer des stratégies alternatives efficaces, durables et opérationnelles pour réduire l’impact des ravageurs d’automne du colza. Cette stratégie collective s’est appuyée sur l’amélioration de la connaissance des ravageurs et des auxiliaires, sur l’identification de solutions à l’échelle de la plante ou à l’échelle de la parcelle et du paysage, mais aussi sur le transfert des solutions identifiées auprès des agriculteurs.
4 leviers d’action efficaces contre les ravageurs du colza ont été déployés :
- Les pratiques-clés d’implantation favorables à l’obtention d’un colza robuste ont été largement diffusées avec une centaine de conseillers formés sur le terrain.
- L’apport d’azote à l’automne favorable à la croissance dynamique du colza a été rendu possible sous conditions dans la plupart des régions.
- L’intégration d’un critère de « bon comportement vis-à-vis des ravageurs » au classement des variétés.
- L’intérêt confirmé de la technique des intercultures-pièges pilotées à base de radis chinois pour réduire les populations d’altise d’hiver et les insectes émergeant des parcelles au printemps qui colonisent le colza à l’automne suivant.
Les acteurs de la distribution, du conseil et de l’enseignement agricole ont été largement mobilisés, au travers de comités régionaux animés par Terres Inovia, pour capitaliser sur les références acquises sur le terrain, et mettre en œuvre les leviers éprouvés auprès des agriculteurs.
L’action collective a permis également d’objectiver l’absence d’efficacité de différentes pistes. Ainsi, les tests réalisés avec une sélection de mélanges interspécifiques et variétaux n’ont pas indiqué de plus-value vis-à-vis des ravageurs d’automne par rapport à la variété d’intérêt de colza implantée seule. De même, les premières expérimentations sur 6 biostimulants n’ont pas été concluantes. Certaines pistes de biocontrôle ont aussi été clôturées.
Identification de pistes très prometteuses à poursuivre
Le Plan de sortie du phosmet a également mis en évidence l’intérêt de nouveaux leviers dont la mise au point se poursuivra dans le cadre de futurs programmes de recherche :
L’utilisation de médiateurs chimiques pour détourner les ravageurs
Des composés issus de brassicacées aux propriétés attractives et dissuasives vis-à-vis de l’altise ont été identifiés et jugés prometteurs. Leur formulation doit encore être optimisée et évaluée sur le terrain. La caractérisation de récepteurs olfactifs clés de la grosse altise devrait également démultiplier les capacités d'identification de nouveaux actifs utilisables en biocontrôle.
Des progrès sur le levier variétal se dessinent
À court terme, des génotypes-élites à bons comportements vis-à-vis des ravageurs ouvrent la voie à de nouvelles variétés sur ce critère. À plus long terme, des résistances partielles identifiées parmi les espèces parentales du colza permettront de créer des variétés à meilleur comportement.
Identification de 2 produits de biocontrôle prometteurs pour limiter les dégâts de l’altise d’hiver, les conditions favorables à leur efficacité devant encore être mieux comprises.
Les avancées obtenues dans le cadre du Plan de sortie du phosmet constituent des éléments précieux pour la poursuite des activités de recherche au service de la compétitivité du colza. La recherche de stratégies de gestion des ravageurs du colza continue, tout d’abord au sein du Parsada, le Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives, et via le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures. Sofiprotéol, à travers le Fonds d'actions stratégiques des oléagineux et des protéagineux (FASO), lancera également en 2026 un appel à projets dédié au biocontrôle.
Un Plan qui redonne « confiance » dans le colza
Le Plan de sortie du phosmet, c’est notamment 330 parcelles avec un suivi des ravageurs d’automne, 420 essais pour évaluer les leviers agronomiques, 50 territoires pour tester la stratégie de détournement des grosses altises grâce aux intercultures pièges, 109 conseillers formés à la démarche colza robuste et 34 plateformes de démonstration pour promouvoir les combinaisons de leviers agronomiques.
L’effort collectif sans précédent autour de ce plan aura non seulement permis d’agir vite pour produire des références, mais aussi d’accentuer très fortement en 3 ans la capacité de transfert des connaissances. Le Plan de sortie du phosmet a ainsi contribué à renforcer la confiance des agriculteurs dans la culture de colza, et le développement des surfaces de colza, à hauteur de 1,3 million d’hectares en 2025 avec une croissance marquée dans certaines régions les plus touchées par les réductions de productions (980 000 hectares en 2022).
En savoir plus

La bio injustement mise dans le même sac que le conventionnel
Paris le 31 mars 2026. En février l’ANSES publiait un travail d’ampleur sur la “priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium”. Le cadmium, ce métal lourd jugé cancérigène, se retrouve en quantité dans les phosphates importés pour la fabrication des engrais utilisés en agriculture. La FNAB salue ce travail attendu et nécessaire pour alerter sur les liens entre agriculture et santé publique. Cependant les agriculteurs biologiques ont eu la surprise d’y découvrir une comparaison factuellement erronée mettant bio et conventionnel sur un pied d’égalité. La FNAB demande un correctif.
L’agriculture biologique offre des garanties supérieures concernant le cadmium
Le rapport de l’ANSES laisse penser que les mêmes règles s’appliquent aux bios et aux conventionnels concernant le cadmium. Or, la réglementation bio impose des seuils limites 30% plus bas pour les phosphates miniers[i] et 75% plus bas pour les composts de biodéchets[ii] utilisables en agriculture biologique.
Par ailleurs, les agriculteurs bio n’utilisent peu voire pas du tout de phosphates miniers, premiers responsables de la contamination des sols français au cadmium selon l’ANSES. L’étude Phosphobio menée par Arvalis observe que les phosphates miniers représentent moins de 1% des usages en bio. Les agriculteurs et agricultrices biologiques privilégient en effet les engrais organiques et effluents d’élevage.
« Le cadmium est un problème majeur de santé publique que l’agriculture ne peut plus ignorer, mais l’ANSES commet une erreur grave en laissant penser à la population qu’il n’y a pas de solution et que bio et conventionnel seraient identiques » explique Olivier Chaloche, co-président de la FNAB.
Des études favorables à la bio écartées sans explication
Plusieurs études concluent à une moins forte teneur en cadmium des aliments bio mais sont écartées par l’ANSES sans explication précise. Une étude de 2014 concluant à un écart de 48% de teneur en cadmium entre aliments bio et non bio n’est même pas évoquée dans les travaux de l’agence.
« Quand on lit ce travail de l’ANSES on voit non seulement des erreurs mais aussi des incohérences comme par exemple cette recommandation de favoriser le développement d’une agriculture durable. Mais de quelle agriculture “durable” parlons-nous si ce n’est pas la Bio ? » s’interroge Loïc Madeline, co-président de la FNAB.
La FNAB demande à l’ANSES de publier un addendum de son expertise afin de garantir une juste information des pouvoirs publics et des consommateurs, et attend les études complémentaires annoncées par l’ANSES pour comparer bio et non bio.
[i] 60 mg/kg contre 90 mg/kg en conventionnel.
[ii] 0,7 mg/kg contre 3 mg/kg en conventionnel.
20 ans de financement structurant pour l’innovation variétale des céréales à paille
Dans un contexte marqué par le changement climatique, la pression sanitaire et l’évolution des attentes des marchés, le Fonds de Soutien à l’Obtention Variétale (FSOV) constitue un outil central de financement de la recherche collective en sélection végétale. Dédié aux céréales à paille, le FSOV accompagne depuis plus de 20 ans l’innovation variétale au service de la performance agronomique, environnementale et économique des exploitations françaises.
Un outil dédié à la recherche variétale stratégique
Le FSOV finance des projets de recherche et développement visant la création et l’amélioration de variétés de céréales à paille (blé tendre et dur, orge, avoine, seigle, triticale, épeautre, riz) répondant à des enjeux techniques majeurs :
résistance aux bioagresseurs, réduction des intrants, tolérance aux stress abiotiques, stabilité des rendements et qualité technologique des grains.
En soutenant des programmes collaboratifs associant acteurs publics et privés, le fonds contribue à structurer une recherche compétitive au bénéfice de l’ensemble de la filière semences.
Gouvernance interprofessionnelle et appels à projets encadrés
Le FSOV est financé par une contribution interprofessionnelle assise sur les livraisons de céréales produites en France. La collecte, actuellement assurée par la SICASOV, est reversée à SEMAE, gestionnaire du fonds.
Son fonctionnement repose sur un accord interprofessionnel triennal, rendu obligatoire par extension. L’accord en vigueur couvre les récoltes 2025 à 2027 et s’achèvera le 30 juin 2028.
Le pilotage s’appuie sur trois instances complémentaires :
- un Comité de surveillance, garant du cadre interprofessionnel ;
- un Comité scientifique, chargé de définir les axes de recherche et d’expertiser les projets ;
- un Comité d’engagement, décisionnaire sur la sélection et le financement des programmes.
Les projets retenus sont obligatoirement collectifs, pour une durée moyenne de trois à cinq ans.
Un bilan chiffré significatif
Depuis sa création, le FSOV a soutenu 117 projets au travers de 11 appels à projets, représentant un investissement global de 31 M€. Ces travaux ont contribué à l’émergence de solutions variétales plus robustes face aux contraintes multiples et à une meilleure sécurisation des performances en conditions de production variables.
Valorisation et diffusion des résultats
Les résultats des projets financés sont accessibles via le site dédié www.fsov.org et font l’objet de restitutions régulières auprès des professionnels. Le dernier colloque, organisé le 24 mars 2026, a présenté les résultats de 13 projets issus de l’appel à projets 2020, centrés sur l’amélioration du rendement des semences de céréales à paille et de la stabilité des performances sous contraintes climatiques et sanitaires.
Prochain rendez-vous fin 2026
Le prochain appel à projets FSOV sera lancé fin 2026. Les thématiques prioritaires seront précisées en septembre 2026.

Des députés wallons en visite dans les Hauts-de-France
Le vendredi 27 mars 2026, le site INRAE d’Estrées-Mons accueille une délégation de députés de la Commission de l’agriculture, de la nature et de la ruralité du Parlement de Wallonie. Cette visite s’inscrit dans une volonté de renforcer les coopérations entre la Wallonie et la région Hauts-de-France sur les enjeux agricoles, environnementaux et climatiques. Face aux défis communs - réduction de l’usage des intrants chimiques, adaptation au changement climatique, souveraineté alimentaire - les échanges d’expériences et de bonnes pratiques apparaissent essentiels.
Un écosystème régional mobilisé autour de l’innovation agricole
Accueillis par M. Christian Lannou, Directeur scientifique adjoint Agriculture d’INRAE, et par M. Julien Fosse, Président du Centre INRAE Hauts-de-France, les parlementaires découvriront un écosystème régional structuré autour de la recherche, du transfert et de l’accompagnement des agriculteurs.
Les échanges mettront en lumière les priorités scientifiques d’INRAE, notamment en matière de réduction des produits phytopharmaceutiques, ainsi que les dynamiques partenariales à l’échelle régionale. Seront également illustrés les rôles complémentaires de l’unité mixte de recherche BioEcoAgro, de l’association Agro-Transfert Ressources et Territoires, et de la Chambre d’Agriculture de la Somme dans la diffusion des innovations vers les agriculteurs.
Des expérimentations concrètes au service des transitions agricoles
La visite de terrain permettra aux élus de mesurer concrètement les leviers mobilisés dans les Hauts-de-France pour accompagner la transformation des systèmes agricoles. Les députés découvriront des dispositifs expérimentaux portant sur :
- le développement de cultures à services environnementaux comme le miscanthus
- le suivi des cycles biogéochimiques sur les grandes cultures
- l’essai BettEco+, inscrit dans le plan Ecophyto 2030, qui concilie réduction des pesticides, performance agronomique et amélioration du bilan carbone.
Pour réguler et préserver la qualité de l’eau autour des points de captage, le Centre INRAE Hauts-de-France travaille sur la sélection de génotypes de miscanthus absorbant beaucoup d’azote pour extraire les surplus de
nitrates dans le sol, ou le recyclant mieux L’équipe de recherche impliquée associe des compétences en écophysiologie et en génétique pour répondre avec succès à cet objectif.
Le dispositif de long terme ACBB Grande culture porté par l'UMR transfrontalière BioEcoAgro, permet d'étudier l'influence des pratiques agricoles (travail du sol, gestion des résidus de culture, fertilisation, intégration de légumineuses et plantes pérennes dans la succession) sur les cycles biogéochimiques. Il permet aussi d'étudier les performances de systèmes sur un gradient d'utilisation d'intrants (fertilisation azotée et usage de produits phytopharmaceutiques), d'un usage conventionnel à la suppression des intrants en passant par un système intermédiaire.
Le projet Bett-Eco+ vise à expérimenter et évaluer des systèmes de grandes cultures productifs et en forte rupture pour l’usage des produits phytopharmaceutiques. Il étudie les synergies et antagonismes entre l’enjeu de réduction d’usage des pesticides et d’autres enjeux environnementaux, notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ses objectifs sont de concevoir et expérimenter des systèmes de culture innovants, d’évaluer ces systèmes sur divers aspects (performances agro-socio-technico-économiques, gaz à effet de serre, biodiversité du sol, transferts des pesticides), et de faciliter le transfert vers les acteurs de terrain (agriculteurs, conseillers, animateurs, acteurs des filières, étudiants…).
Nourrir l’action publique à l’échelle wallonne et européenne
À travers cette immersion, la délégation wallonne entend nourrir ses travaux et formuler des recommandations opérationnelles à destination du Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) et des décideurs publics. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique européenne plus large, qui se poursuivra par une visite à l’Université de Wageningen aux Pays-Bas. Elle illustre la nécessité, pour les territoires agricoles de Wallonie et des Hauts-de-France, de s’appuyer sur la recherche et les coopérations transfrontalières pour construire des politiques agricoles innovantes, durables et adaptées aux réalités locales.
L'INRAE organise une enquête nationale pour recueillir les points de vue de tous les opérateurs de la filière légumineuses à graines (entreprises, coopératives, associations, acteurs publics ...). Cette enquête vise à comprendre les attentes des acteurs pour le développement de cette filière, avec un focus sur le rôle des initiatives collectives à l'échelle des territoires et leur articulation avec des leviers d’action nationale.
Nous vous invitons à relayer le plus largement possible cette enquête en ligne et à y répondre : https://sondages.inrae.fr/index.php/311434?lang=fr
Les résultats de cette enquête permettront d’éclairer les politiques publiques et dispositifs d'action visant le développement de la filière légumineuses à graines.
L’enquête est ouverte jusqu'au 31 août 2026.
Le temps de réponse du questionnaire est estimé à 20 minutes.
Un webinaire de restitution est prévu le 02 octobre 2026.
présentation notice
De nouvelles ressources pour agir sur l’énergie et la qualité de l’air
La FNCuma poursuit l’enrichissement de sa page « Des agroéquipements au service de la transition agroécologique » avec de nouvelles ressources dédiées à la réduction de la consommation d’énergie et à l’amélioration de la qualité de l’air.
La transition agroécologique repose sur une évolution des systèmes de production, mais aussi sur une transformation des pratiques de mécanisation. Les agroéquipements occupent une place centrale : ils représentent à la fois un levier technique pour accompagner les changements de pratiques et un poste majeur de charges et de consommation d’énergie.
Dans ce contexte, la FNCuma développe un centre de ressources structuré par enjeux agroécologiques (réduction des intrants, énergie, sols, air…), afin de rendre lisible le lien entre matériels agricoles et pratiques agroécologiques.
Ces fiches ont un double objectif :
- faciliter le repérage des pratiques vertueuses dans les groupes Cuma,
- apporter des références techniques et économiques pour éclairer les choix d’investissement et d’organisation.
Diminuer la consommation de GNR : un levier clé de la transition énergétique
Parmi les mises à jour récentes, la fiche « Diminuer la consommation de GNR » vient renforcer l’enjeu de réduction de la dépendance aux énergies fossiles.
Les agroéquipements représentent en effet une part importante de la consommation énergétique du secteur agricole, majoritairement sous forme de gazole non routier.
Les nouvelles ressources mettent en évidence plusieurs leviers complémentaires :
- réduction du travail du sol et développement de techniques culturales simplifiées,
- optimisation des chantiers (débit, organisation, limitation des passages),
- adaptation du dimensionnement et du réglage des matériels,
Au-delà de la seule performance énergétique, ces approches contribuent aussi à réduire les charges de mécanisation, à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la résilience économique des exploitations.
Améliorer la qualité de l’air : un nouvel enjeu agroéquipement
La nouvelle fiche « Améliorer la qualité de l’air » introduit un enjeu central dans les politiques publiques. L’épandage des effluents d’élevage constitue un point critique : les effluents sont responsables d’environ 65 % des émissions nationales d’ammoniac et les opérations d’épandage en représentent près de la moitié.
Ces émissions contribuent à la formation de particules fines, à l’acidification des milieux et aux nuisances pour les riverains.
La fiche met en avant le rôle déterminant des agroéquipements pour limiter ces impacts, notamment via les rampes pendillards et à patins, qui réduisent le contact du lisier avec l’air, les injecteurs, qui améliorent la valorisation agronomique de l’azote, les enfouisseurs, permettant de réduire fortement les pertes ammoniacales (jusqu’à environ 5 %).
Ces équipements s’inscrivent dans une logique plus large de fertilisation raisonnée et de performance environnementale, à la croisée des enjeux climat, air et sols.
Les agroéquipements, loin d’être neutres, sont un levier stratégique pour réussir la transition agroécologique.
PHYTEIS
Diffusion documentaire

« Que se passe-t-il dans nos
champs ? » France 5 - 30 mars 2025
FACE AUX APPROXIMATIONS : PHYTEIS RAPPELLE LES FAITS
Alors que France 5 diffuse ce soir une nouvelle édition de « Sur le Front » dédiée à l’agriculture et plus particulièrement à la protection des plantes, (« Que se passe-t-il dans nos champs ? »), Phyteis fait le point sur 4 sujets clefs du reportage.
« Certaines mauvaises herbes sont devenues résistantes aux pesticides et les agriculteurs n’arrivent plus à s’en débarrasser. »
Le sujet des résistances est en réalité un phénomène biologique connu, ancien, et inhérent au vivant, que l’on retrouve aussi bien en agriculture qu’en médecine. Les résistances se gèrent au niveau des exploitations agricoles grâce une approche globale : rotation des cultures, bonnes pratiques agronomiques et mise à disposition de solutions de protection des cultures variées.
La réduction du nombre de solutions phytopharmaceutiques mises à disposition des agriculteurs est l’un des principaux facteurs à l’origine des problèmes de résistance. Phyteis rappelle que, depuis six ans, plus de 80 substances ont été retirées du marché y compris en biocontrôle, et qu’aucune nouvelle substance active conventionnelle n’a été autorisée dans l’Union européenne.
« Nous avons découvert des innovations surprenantes » (robots, bâches de protection des vignes, micro-guêpes, rotation des cultures)
Un certain nombre de solutions « découvertes » par « Sur le Front » sont déjà développées par les entreprises membres de Phyteis. Celles-ci mettent en œuvre une approche dite « combinatoire » qui mobilise l’ensemble de la boîte à outils de protection des cultures dont l’agronomie digitale, les biosolutions (biocontrôle et biostimulants) et les solutions phytopharmaceutiques.
Les entreprises membres de Phyteis ont ainsi réalisé près de 5 000 essais sur la campagne 20242025, dont 964 en biocontrôle, 386 en biostimulants et 222 en agronomie digitale. Phyteis rappelle également que 66 % des volumes de substances phytopharmaceutiques utili-sables en agriculture biologique commercialisés en France l’ont été par ses entreprises adhérentes .1
Les maladies et les cancers seraient « un vrai tabou dans le milieu agricole »
Le sujet de la santé est au coeur des préoccupations des entreprises membres de Phyteis. La survenue d’une maladie comme un cancer est une épreuve et un drame pour tous. Le nombre de personnes indemnisées par le Fonds d’Indemnisation des Victimes de Pesticides (FIVP) dans lequel Phyteis est partie prenante a augmenté ces dernières années.
Cette évolution s’explique principalement par la validation récente de nouveaux tableaux de maladies professionnelles, une meilleure connaissance du dispositif et par la prise en compte de situations d’exposition anciennes, liées à des substances aujourd’hui interdites et des pratiques agricoles ou de prévention obsolètes.
Phyteis rappelle que les substances phytopharmaceutiques font l’objet, en Europe, de procédures d’évaluation parmi les plus rigoureuses au monde, reposant sur une analyse complète de leur toxico-logie, conduite par les autorités scientifiques compétentes et indépendantes avant toute autorisation de mise sur le marché. En outre, en Europe et particulièrement en France, la réduction des risques pour les agriculteurs est un enjeu central. La prévention repose aujourd’hui sur des règles strictes, des bonnes pratiques encadrées, la formation des agriculteurs, ainsi que sur l’emploi systématique d’équi-pements de protection individuelle (EPI).
Ecophyto : un échec ?
Les chiffres consolidés des adhérents de Phyteis confirment une baisse structurelle des volumes ven-dus à la distribution, baisse observée depuis plus de vingt ans. En 2025, les adhérents de Phyteis ont ainsi vendu 50 054 tonnes de substances actives aux distributeurs, dont 33 329 tonnes de substances « conventionnelles », soit une baisse de 44,1 % depuis 2008. Les objectifs de 2008 d’Ecophyto sont donc près d’être atteints.
« C’est maintenant une habitude : « Sur le Front » présente notre agriculture d’une manière partiale et partielle, maniant l’émotion aussi bien que les positions manichéennes » déclare Yves Picquet, Président de Phyteis. « Mais ces images ne doivent pas occulter la réalité : les entreprises membres de Phyteis n’ont pas attendu les prétendues révélations de l’émission pour innover et proposer aux agriculteurs un panel large de solutions leur permettant de réduire l’empreinte de la production agricole sur l’environnement. Encore faut-il que nous soyons aidés par une réglementation fluide qui permettent à ces innovations d’atteindre au plus vite tous les agriculteurs. »
1. Données BNVD

Des solutions pour préserver les pratiques de facturation du secteur agricole (autofacturation)
La mise en œuvre de la réforme de la facturation électronique suscite des inquiétudes des acteurs du secteur agricole, notamment, dans le cadre de l’autofacturation avec des ventes croisées. La Commission AFNOR, en charge de la norme dans le cadre de la réforme de la facturation électronique, saisie du sujet a identifié, dans le cadre des travaux menés au sein du GT « secteur agricole », plusieurs solutions permettant à ce secteur d’entrer progressivement dans la réforme comme décrites dans le Flash Juricoop publié par la LCA.