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Hebdo N°21 - Vendredi 02 juin 2017

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Technique et innovation

Rubriques

Préserver la qualité de l’eau

Limiter les risques de transferts
de produits phytosanitaires vers les eaux, pour préserver la qualité de l’eau, nécessite une approche locale
et multi-acteurs.

BASF France Agro poursuit son engagement en faveur de la protection de la qualité de l’eau. L’entreprise et différents acteurs régionaux (distributeurs, agriculteurs, chambre d’agriculture, experts, Agence de l’eau, Syndicat des eaux, collectivité…) organisent ensemble des journées de sensibilisation sur le thème des mécanismes de transferts ponctuels et diffus des matières actives phytosanitaires vers les milieux aquatiques (cours d’eaux, nappes souterraines). L’objectif est de sensibiliser les agriculteurs sur les pratiques culturales favorisant la protection de la ressource en eau. Deux journées viennent d’avoir lieu dans le Nord de la France : en Seine-Maritime le 23 mai et dans le Pas-de-Calais le 29 mai. D’autres journées suivront dans d’autres régions.

Ces deux journées de sensibilisation se sont déroulées selon le même programme. Elles commencent avec une présentation au champ des résultats d’un diagnostic de circulation de l’eau sur l’exploitation, réalisé avec les méthodes CORPEN ou Aquaplaine® (Arvalis - Institut du végétal), qui permet d’évaluer les voies de transferts diffus (ruissellement, infiltration, drainage) de chaque parcelle d’une exploitation agricole. Ce diagnostic sert d’exemple pour expliquer l’objectif et le principe de ce type d’étude. Ensuite, des experts techniques locaux interviennent sur des thématiques régionales. En Normandie, par exemple, l’association AREAS explique les phénomènes d’infiltration rapide. Dans le Pas-de-Calais, l’association "Agro-Transfert Ressources et Territoires" évoque les enjeux du tassement des sols, une problématique récurrente dans la région.

Importance d’un travail local adapté

Les deux situations montrent bien l’importance d’une approche à l’échelle locale. En Normandie, dans un contexte de limons profonds sur formations crayeuses, le risque d’infiltration rapide est fort à cause de la présence de nombreuses bétoires (dolines). Dans le Pas-de-Calais, dans un contexte de substrat géologique sableux, la nappe phréatique remonte à moins d’un mètre en hiver et le réseau d’eau de surface est très développé (fossés, wateringues).

Les enjeux pour la protection de l’eau sur chacune de ces deux exploitations agricoles sont très différents, les conseils et préconisations qui en découlent le sont donc aussi. Au-delà des mesures générales de bonnes pratiques phytosanitaires, des adaptations locales sont nécessaires et permettront de lutter plus efficacement contre les contaminations. Citons, par exemple, la mise en place de zones tampons le long des fossés ou la modification de dates de traitements à l’automne.

Il est aujourd’hui indispensable de sensibiliser les agriculteurs à ces mécanismes de transferts diffus. Ce travail pédagogique permet de mieux comprendre les enjeux et de prendre conscience des risques spécifiques sur chaque exploitation, afin que les agriculteurs intègrent progressivement l’enjeu eau dans leurs pratiques quotidiennes.

Partager un message commun

Les acteurs locaux ne partagent pas tous la même vision, ni les mêmes objectifs. Les collectivités doivent distribuer à leurs habitants une eau de qualité, conforme à la réglementation. Les distributeurs et les agriculteurs ont pour objectif d’assurer une bonne récolte, qualitativement et quantitativement. Cependant, tous partagent un objectif commun : préserver la qualité de l’eau et limiter les contaminations d’origines agricoles.

Les messages délivrés aux agriculteurs et aux conseillers agricoles durant ces journées de sensibilisation doivent être travaillés et partagés en amont entre tous les acteurs, afin de transmettre un message commun qui convient à tous. Le message est ainsi cohérant, non contradictoire, dans l’intérêt des agriculteurs. Les interlocuteurs habituels, que les agriculteurs sont souvent amenés à côtoyer dans des contextes différents (conseiller de distribution, animateur de BAC, etc.), délivrent ainsi le même message pour plus d’efficacité.

Pour mémoire, BASF Agro a déjà conduit ce type de partenariat local pour la préservation de la qualité de l’eau dans la vallée du Gave de Pau, en Pyrénées-Atlantiques, de 2009 à 2015 :
http://www.agro.basf.fr/agroportal/fr/fr/reglementation_et_bpa/proteger_les_ressources_en_eau/dossiers_2/preserver_la_ressource_en_eau.html

Le génome du tournesol

révèle l'orchestration des gènes impliqués dans la production d'huile
et la floraison

Moins d’un an après le décryptage du génome du tournesol, son analyse approfondie a permis d’identifier les centaines de gènes qui fonctionnent de concert pour réguler la floraison ou ceux qui sont impliqués dans la production d'huile. Menés par des scientifiques de l’Inra dans le cadre du projet du Programme des Investissements d’Avenir SUNRISE et en collaboration avec le Consortium international de ressources génomiques du tournesol, ces travaux sont publiés en ligne dans Nature le 22 mai 2017. Ces premiers résultats permettront de concevoir les variétés cultivées du futur, plus performantes et mieux adaptées aux nécessaires mutations de l’agriculture face aux nouvelles exigences environnementales, en particulier dans un contexte de changement climatique.

En juin 2016, des scientifiques de l’Inra -dans le cadre du Programme d'investissements d’avenir SUNRISE (voir encadré ci-dessous) en collaboration avec le Consortium international de ressources génomiques du tournesol - ont achevé le décryptage de l’ensemble des gènes du tournesol produisant ainsi une grande quantité de données désormais exploitables.

Produire une huile de meilleure qualité

Les gènes des tournesols cultivés ont été sélectionnés au cours de l’histoire : d’une part, avec la domestication des espèces sauvages par les indiens d'Amérique du Nord, et d’autre part avec la sélection variétale réalisée en croisant les variétés les plus performantes. L’objectif était d’améliorer les caractères d'intérêt agronomique, tels que la résistance aux maladies ou le rendement en huile. Aujourd’hui, grâce au décryptage du génome de référence du tournesol, l’identification des gènes d’interêt agronomique est plus précise et plus rapide (au moins trois fois plus rapide).
Les chercheurs ont ainsi comparé l’ADN de quatre-vingt variétés de tournesol sélectionnées en particulier pour leurs caractères de production d’huile ou de production de graines pour la consommation de bouche. L'analyse des différences, associée à des données fondamentales, a permis aux scientifiques de construire le panorama complet du réseau des gènes impliqués dans la production d'huile mais aussi d'identifier les plus intéressants en termes de potentiel agronomique. Ce résultat permettra de répondre aussi bien à une demande des consommateurs sur la qualité nutritionnelle de l’huile qu'à celle des industriels de l’agroalimentaire sur son potentiel technologique pour rendre leurs chaînes de production plus durables et plus performantes.

La date de floraison : une clef pour adapter la culture à différents climats

Les scientifiques de l’Inra ont découvert que le génome du tournesol, contrairement aux génomes de plantes de la même famille comme la laitue ou l'artichaut, a subi il y a environ 30 millions d'années un doublement de la taille de son génome. Cette duplication « récente » explique le nombre élevé de gènes chez le tournesol actuel (plus de 52 000 gènes). Malgré cette complexité, les chercheurs ont réussi à identifier des gènes qui s’expriment spécifiquement dans les organes floraux ou qui contrôlent la date de floraison. La connaissance de l’organisation de ces gènes sur le génome servira à accélérer le processus d'amélioration variétale du tournesol. Ainsi, c’est une large gamme de précocités qui sera mise à disposition des agriculteurs pour permettre la culture du tournesol dans un plus grand nombre de régions.

Le génome : un atout maître pour adapter la culture au changement climatique et lutter contre les maladies

Le tournesol est une des espèces de grandes cultures qui nécessite le moins d'intrants et qui est économe en eau. Afin d'optimiser ces atouts dans un contexte de réchauffement climatique et d’émergence de parasites plus aggressifs, les scientifiques vont maintenant étudier les gènes des variétés sauvages qui confèrent la capacité à se développer en période de grande sècheresse ou la capacité à résister aux attaques de parasites qui colonisent les zones de cultures. Ces gènes pourront faire l’objet de sélection et ainsi être transférés aux variétés cultivées pour élaborer de nouvelles variétés.
Ces premiers résultats issus du décryptage du génome permettront de concevoir les variétés cultivées du futur, plus performantes et mieux adaptées aux nécessaires mutations de l’agriculture face aux nouvelles exigences environnementales, en particulier dans un contexte de changement climatique. Ces nouvelles variétés devront également répondre aux usages alimentaires et industriels mais aussi aux enjeux économiques de la filière.