
Analyse du marché des céréales
Bilans mondiaux confortables
mais inquiétudes en Europe
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Le Conseil International des Céréales revoit à la hausse son estimation de production toutes céréales pour la campagne 2016/2017 à 2 120 Millions de tonnes. Cette production mondiale record, malgré une consommation également très élevée, permet d’aborder la nouvelle campagne, 2017/18, avec un stock mondial très solide. Avec 513 millions de tonnes de céréales, la planète dispose de l’équivalent de 3 mois de stocks, ce qui est considéré très confortable par les marchés et permet largement d’aborder la baisse de production attendue pour la récolte 2017 (-3% d’une année sur l’autre). La consommation est attendue de la même ampleur qu’en 2016/17 et devrait donc dépasser la production, ce qui permettrait d’alléger les stocks de report mondiaux de 7% (attendus à 479 Mt).
Si le tableau actuel mondial s’annonce confortable et donne guère d’espoir de rebond significatif des cours, il convient d’apporter quelques petites nuances. Selon le CIC, 42% du stock mondial de blé se situe en Chine (soit près de 100 mt sur 239 Mt), soit la part la plus élevée depuis la fin de 2000/01. A contrario, les stocks chez les principaux exportateurs sont attendus en baisse de 10,7 Mt (à 68,1 Mt).
En effet, la production de blé tendre est attendue en baisse chez de nombreux exportateurs : Canada et Etats-Unis, mais aussi en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan. Après une moisson exceptionnelle cette année, le CIC anticipe également un retrait de la production de blé pour les exportateurs de l’hémisphère sud (Argentine et Australie). Concernant l’Europe, la production devrait être meilleure que l’an dernier, toutefois au fil des mois les prévisions sont revues légèrement à la baisse. Le CIC prévoit une récolte européenne à 141,2 Mt, en ligne avec les prévisions de la Commission.
En France, la prudence est de mise, tant dans l’exercice des prévisions que dans les prises de positions sur le marché. Entre l’épisode de froid de fin avril et le coup de chaud de l’Ascension, il est certain que des parcelles de céréales ont souffert. Le manque d’eau inquiète également, mais les pluies du mois de mai, bien que très éparses et inégalement réparties sur le territoire, ont permis de stabiliser l’état des cultures. Selon les relevés de CéréObs de FranceAgriMer, 76% des cultures sont dans un état jugé « bon à très bon ». Pour rappel, l’appréciation était la même, à la même période pour la récolte 2014.
En attendant d’en savoir plus sur la quantité et la qualité de la récolte aussi bien en France qu’ailleurs, les vendeurs ne sont pas aux affaires. Les cours n’évoluent pas et le marché est atone. Les prix paraissent peu rémunérateurs pour les producteurs français et pourtant ils sont peu compétitifs sur la scène internationale. Dans le dernier appel d’offres de l’Egypte, l’offre française s’est avérée 12$ trop cher, et c’est à nouveau la Roumanie qui s’impose comme le leader des exportateurs européens en plaçant 60kt au côté de la Russie (120kt).
Orge
Les clients d’Afrique du Nord engrangent leur récolte et sont absents en cette période de fin de campagne. Sur la nouvelle récolte, l’orge française s’affiche trop cher par rapport à l’origine Mer Noire et les OS ne sont guère vendeur pour le moment. On note toutefois des intérêts des fabricants d’aliments espagnols. En effet, l’Espagne, en raison d’une forte sécheresse, s’attend à une forte baisse de sa production d’orge et de blé. Les différents analystes évoquent environ 2,5 Mt d’orge et 1,5 Mt de blé tendre en mois que l’an passée.
Maïs
Le prix du maïs est en fort repli sur la façade atlantique en raison essentiellement de l’approche de la date de clôture du marché à terme. Cette baisse permet momentanément au maïs français de retrouver un peu de compétitivité. Toutefois les cours sur la période estivale restent stables et s’affichent toujours décalés par rapport aux origines concurrentes.
A noter des importations de maïs conséquentes en provenance des pays-tiers. Les différents états membres ont réceptionné 792 kt de maïs ces deux dernières semaines, portant le total des entrées dans l'UE à 11 Mt.





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