
Marché des céréales
Céréales : la consommation mondiale
à la baisse en raison du COVID
Dans l’hexagone, les pluies de ces derniers jours ont levé quelques inquiétudes, mais pas toutes, quant à la récolte à venir. Au 4 mai, Les surfaces de blé tendre jugées dans un état bon à très bon sont stables selon Céré’Obs, à 57 %, mais restent toujours très en deçà de l’an passé (79 % en 2019). Céré’Obs précise également que le stade 2 nœuds présente une avance de 3 jours par rapport à celle de l’année dernière. Certains opérateurs s’attendent d’ores et déjà à une récolte 2020 en avance.
Aux Etats-Unis, les blés ont été touchés par les gels tardifs et des conditions sèches dans certaines régions. Du côté de la mer Noire, le manque de pluies est inquiétant mais les prévisions météorologiques font état de pluies plus intenses pour les jours à venir. Dans ce contexte, le cours du blé sur Euronext est orienté à la hausse cette semaine. D’autre part, l’échéance mai sur le marché à terme d’Euronext a franchi la barre des 200€/t hier, avec des mouvements importants liés à l’approche de la clôture du contrat, dans 3 jours.
Prenant en compte les conditions sèches dans différentes régions de production, le Conseil International des Céréales a le 30 avril revu légèrement en baisse sa prévision de production mondiale de grains pour la campagne 2020-21 (-5Mt) et l’établit à 2,218 milliards de tonnes (2 176 milliard de tonnes en 2019/20).
Sur la campagne actuelle, le CIC a également revu les prévisions de consommation de blé à la baisse par rapport au mois dernier (-6Mt), avec des réductions pour l’utilisation dans l’alimentation humaine, animale et les usages industriels. Pour ce dernier, l’impact sur la demande des perturbations liées au COVID-19 est difficile à quantifier. Les minoteries de plusieurs pays ont signalé qu’elles avaient augmenté leurs écrasements pour satisfaire la forte demande des consommateurs en produits alimentaires à base de blé et en farine pour la consommation à domicile. Toutefois, il est peu probable que cela puisse compenser pleinement la demande plus faible de la restauration hors domicile. De ce fait, les stocks de report de blé à la fin de 2019/20 sont en hausse de +5 Mt par rapport au mois dernier, à 279 Mt, soit une hausse de 14 Mt d’une année sur l’autre.
Comme pour le blé, le CIC a revu à la baisse les prévisions de consommation mondiale en maïs. Celles-ci font 5 Mt de moins qu’en mars, et s’élèvent à 1 145 Mt. En conséquence des restrictions liées au coronavirus sur les déplacements publics, la demande de carburant a accusé un vif repli, entraînant une baisse de l’utilisation pour la production d’éthanol chez les principaux utilisateurs.
Parallèlement, les utilisations dans l’alimentation animale ont augmenté de +6Mt par rapport au mois dernier, à un record de 675 Mt, en partie pour traduire la compétitivité du maïs par rapport à d’autres matières premières. C’est le cas notamment en France : la baisse du cours du maïs apportent une compétitivité certaine du maïs et du couple soja/maïs dans les formulations d’alimentation animale, surtout dans l’alimentation porcine.
Le cours du maïs sur le marché mondial continue de baisser. La Commission européenne a d’ailleurs augmenté son mécanisme de taxes à l’importation au regard des prix pratiqués aux USA, au plus bas depuis 10 ans. Ces taxes s’affichent maintenant à 10,40 €/t contre 5,27 € précédemment.




