
Marché des céréales
Poursuite de la baisse des cours dans
un contexte très volatil
BLE
Cette semaine aura été particulièrement volatile sur le marché du blé tendre. Mardi, les contrats à termes de septembre et de décembre ont clôturé sous la barre psychologique des 200 €/T, à respectivement 197 et 199 €/t. Faisant volteface, ils se sont redressés dès le lendemain en marquant un gain de plus de 5€/t en une séance, pour de nouveau se replier d’une paire d’euros.
Le niveau de la production de céréales en Russie et la mise en place d’un suivi, voire d’une limitation des exportations par le gouvernement russe est le principal facteur de la volatilité des cours de ces derniers jours. Plus que le niveau de la production russe, ce sont les perspectives de stocks à l’issue de la campagne et les disponibilités exportables qui animent l’intention du Ministère de l’Agriculture local. Ainsi, le chiffre qui circulait la semaine précédente à propos d’une possible limitation des exportations à partir de 30 Mt pour le blé, s’est transformé en une limite de 30 Mt pour toutes les céréales. Il est probable également que les exportations de blé soient assorties d’une limitation à 25 Mt. Au-delà de ces montants, le gouvernement évoque la mise en place d’une taxe à l’exportation, mais sans plus de précisions. Pour le moment, un suivi fin de l’activité est mis en place, et les rendez-vous réguliers entre les acteurs privés du marché des grains et le gouvernement risquent de rythmer le marché mondial des céréales au cours des semaines à venir. Le prochain rendez-vous est déjà fixé au 3 septembre.
Après un premier effet haussier, le marché anticipant l’accélération des affaires au départ de la Russie avant la mise en place de ces taxes, les prix ont de nouveau fléchi.
L’appel d’offres du GASC de cette semaine, avec plus d’une vingtaine d’offres de blé russe, reflète bien l’intention des exportateurs. L’Egypte a ainsi finalisé un achat de 270 kt de blé russe et 60 kt de blé ukrainien pour livraison 11-20 octobre.
Dans ce contexte, la Russie continue de maintenir ses parts de marchés et à faire pressions sur les cours mondiaux. L’Union Européenne, confrontée à une forte baisse de sa propre production, ne montre pas de volonté, pour le moment, de s’aligner sur les cours du blé russe, au risque de perdre des parts de marché à l’exportation. Les chargements à destination des Pays-Tiers se situent pour la France autour de 1,4 Mt à la fin août, contre 1,2 Mt l’an dernier, ce qui n’est ni mauvais, ni exceptionnel ! Par contre, la forte dominante de l’Algérie, qui totalise 80% des expéditions, interpelle sur la capacité de la France à accrocher d’autres marchés vers les Pays-Tiers cette année. Pour ce qui concerne l’activité dans l’ensemble des ports européens, la Commission européenne n’a malheureusement pas mis à jour ses données depuis le 19 août.
Côté chiffres, les opérateurs attendent également les mises à jour des rendements au Canada qui devraient être publiés ce vendredi
ORGE
L’orge fourragère continue à se négocier au même prix que le blé meunier sur les principales parités françaises. Confrontés d’un côté à une baisse significative de la récolte des pays du nord de l’UE, et aux basses eaux aussi bien sur la Moselle, le Rhin que sur le Danube, les fabricants d’aliments belges et hollandais diversifient leurs zones d’approvisionnement. Ainsi, des bateaux ont chargé cette semaine à Rouen comme à la Pallice pour la Belgique et la Hollande. Cette nouvelle demande soutient le marché, qui continue toutefois à rester marqué par un manque d’offres.
MAIS
Les inquiétudes sur la production européenne restent l’élément clef de ces dernières semaines. En France, la récolte démarre dans l’est du pays, avec un mois d’avance, rappelant le triste souvenir de la récolte 2003. Les reports de surfaces du grain vers le fourrage sont attendus particulièrement élevés. Dans ce contexte les collecteurs sont peu au marché.
Parallèlement le marché mondial reste orienté à la baisse dans la perspective d’une excellente récolte aux Etats-Unis. Quant au maïs de la mer noire, les prix CAF Europe deviennent attractifs, y compris pour les utilisateurs français qui pourraient tôt ou tard se décider à importer. Ce n’est pas le cas pour le moment, et la prime rendu Bretagne s’envole.





