
Marché des céréales
Les origines mer Noire continuent de peser sur le marché céréalier mondial
Tandis que les fondamentaux européens (baisse de production, tempête Boris, …) auraient tendance à tirer les cours des céréales vers le haut, la très grande compétition des blés mer Noire oriente les cours à la baisse sur Euronext mais également à Chicago.
Le dernier rapport du CIC (Conseil International des Céréales) est paru cette semaine et estime toujours une production mondiale record en grains en 2024-25 avec 2 315 millions de tonnes (Mt) dont 798 Mt en blé (-1 Mt par rapport au mois dernier, + 3 Mt par rapport à la dernière campagne) et 1 224 Mt en maïs (-2 Mt par rapport au mois dernier, - 3 Mt par rapport à la dernière campagne).
Ces chiffres se confirment par la très bonne récolte attendue en blé au Canada d’après Statcan, qui devrait s’élever à 34,29 Mt (contre 32,94 Mt en 2023) dont 28,3 Mt en blé tendre et 6 Mt en blé dur. La moisson avance très rapidement dans l’Ouest canadien, mais la qualité et le poids spécifique semblent très hétérogènes suivant les bassins de production.
Les travaux de récolte avancent également à un bon rythme aux Etats-Unis avec 92% de réalisation selon l’USDA en début de semaine. Les conditions ne sont pour le moment pas optimales pour les semis. Si cela n’inquiète pas encore les marchés, l’apparition de pluie favorables aux travaux des champs sera à surveiller ces prochaines semaines.
Les exportations américaines sont en berne cette semaine, en dessous des attentes des opérateurs. Elles sont pénalisées par la hausse du dollar face à l’euro, ce qui handicape l’origine états-unienne sur la scène internationale.
D’autant plus que les prix du blé origine mer Noire sont toujours aussi agressifs. A l’image du dernier appel d’offre tunisien de 125 000 t qui favorise les origines du pourtour de la mer Noire.
En termes d’exportations, c’est l’Ukraine qui tire son épingle du jeu avec 4,75 Mt de blé exportées entre le 1er juillet et le 16 septembre 2024 (contre 2,83 Mt l’an dernier à la même période). La Russie voit ses exportations diminuer en septembre de 250 000 t d’une année sur l’autre (4,85 mt en septembre 2024 contre 5,1 Mt en septembre 2023) d’après l’analyse SovEcon.
En Russie, les moissons sont ralenties par de fortes pluies en Sibérie. Ces pluies pourraient affecter les cultures pas encore récoltées.
Dans le reste du pays, comme en Ukraine, le déficit hydrique handicape les emblavements d’hiver.
A l’inverse, en France et en Allemagne, le temps plus sec de ces derniers jours favorise les semis d’hiver.
En France, FranceAgriMer a sorti ses derniers bilans de récolte, qui n’ont eu que peu d’effets sur les marchés. Les baisses de production en céréales d’hiver étant déjà mesuré depuis plusieurs semaines par les opérateurs.

