
Analyse du marché des céréales
Baisse des marchés, retour des acheteurs
Ble
Les cours ont accusé une nouvelle baisse cette semaine, à la fois sur les marchés de Chicago et européens. Le climat est favorable pour l’heure sur les différentes régions de production de blé dans le monde. Sur le pourtour de la mer Noire, la météo est favorable aux cultures. Sur le continent américain, les perspectives de pluies pèsent sur les cours, même si quelques inquiétudes se font sentir face à un temps qui reste sec et froid et qui pourrait pénaliser les cultures.
En France, les conditions de culture sont bonnes. La période de froid qui a sévit en janvier semble ne pas avoir apporté de conséquences importantes pour les cultures. Au 13 mars, les conditions de culture sont jugées bonnes à très bonnes pour 92% des surfaces selon Céré’Obs, un niveau inchangé par rapport à la semaine dernière. Le déficit hydrique reste néanmoins marqué en France, comme dans d’autres pays de l’Union, dont la Roumanie. StratégieGrains ne modifie qu’à la marge ses prévisions de production pour l’UE, à 143,9Mt, en hausse de +8Mt par rapport à la récolte 2016. Avec un stock initial en baisse aux années précédentes, et un niveau d’exportations restauré, les stocks européens pourraient continuer à se réduire à l’issue de la campagne 2017/18.
Pour l’heure, le mouvement de baisse du marché a incité les acheteurs internationaux à revenir aux achats. Egypte, Arabie-Saoudite et Algérie ont contractualisé des volumes importants cette semaine. L’Arabie Saoudite a acheté 750kt de blé de qualité haute en protéines, avec probablement des origines allemandes ou des pays baltes. L’Algérie était également aux achats pour 480kt pour des chargements en mai. L’Egypte a acheté pour 420kt de blé pour des livraisons mi-avril. Pour la deuxième fois, l’origine française a été retenue pour 60kt. Les autres origines étaient russes et ukrainiennes. A noter que les USA ont également proposé une offre à un prix en Fob plus compétitif que ses concurrentes (194,45$/t contre 195$/t pour l’origine ukrainienne). Le coût du fret n’a pas permis à cette origine d’être retenue par le GASC. Par contre, sur l’Algérie, une partie des volumes devrait être fournie par ce pays.
Maïs
Le marché du maïs était également baissier en début de semaine à Chicago, en dépit d’une activité bonne à l’exportation pour le maïs américain. Après la sortie des rapports de l’USDA aux Etats-Unis et de la CONAB au Brésil la semaine dernière qui étaient sur une tendance de production haussière, les opérateurs estiment que ces deux organismes ont minimisé l’importance des récoltes sud-américaines, ce qui laisserait sous-entendre des bilans encore plus lourds que prévu.
En France, sur le marché en portuaire, le maïs français pâtit de la concurrence avec notamment les maïs polonais, l’activité est donc réduite, mise à part quelque affaires avec la sortie de l’échéance mars du Matif. Sur le marché intérieur le maïs est également orienté à la baisse. Selon les statistiques de douanes au 1er janvier, les flux de maïs en provenance des pays de l’UE vers la France sont en légère hausse par rapport à l’an dernier. Toutefois, les importations en provenance des Pays-Tiers sont en retrait. Selon la Commission Européenne, les importations de maïs de l’union s’élèvent à 7,5Mt au 15 mars, sur une période d’un peu plus de 8 mois, alors que StartégieGrains estime les besoins d’importations à 12,3Mt pour cette campagne et le CIC 11,7Mt. Pour pouvoir atteindre cet objectif, il reste donc beaucoup de maïs à importer.
Orge
Les orges bénéficient d’une activité dynamique à l’export avec des chargements vers l’Arabie Saoudite (42kt) notamment. Ce pays chercherait également à contractualiser pour 1,5Mt supplémentaires, ce qui permettrait à l’origine France de fournir des volumes supplémentaires. Au niveau européen, bien que les exportations soient nettement en baisse par rapport à l’an passé (3,6Mt contre 8,1Mt), on note une certaine dynamique à l’exportation depuis le mois de janvier (cf. graph).





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