
Marché des céréales
Des surfaces de céréales d’hiver difficiles
à prévoir
Blé tendre
Après un mois de novembre qualifié comme remarquablement gris et pluvieux par MétéoFrance, l’heure est aux premières estimations de semis pour la récolte 2020 et l’exercice s’avère compliqué tant la pluie est venue contrarier les travaux. Selon le ministère de l’Agriculture, la sole de blé tendre d’hiver atteindrait 4,7 kha (-4,8% par rapport à 2019 et -5,6% par rapport à la moyenne quinquennale). Ce chiffre est cependant à prendre avec précaution car les intempéries de ces dernières semaines rendent incertaines les prévisions de surfaces.
Concernant la campagne actuelle, le chiffre de production nationale de blé tendre se stabilise à 39,4Mt selon les dernières estimations d’Agreste. FranceAgriMer ne modifie qu’à la marge les ressources disponibles pour le marché dans ses bilans publiés ce mercredi. Par contre, les prévisions d’exportations de blé tendre vers les pays tiers sont une fois de plus revues à la hausse, à 12,2Mt désormais.
La place du blé argentin dans les destinations habituelles du blé français demeure sujet à interrogations. Dans un contexte où le blé français est challengé par les blés argentins à destination de l’Algérie, et des blés russes à destination de l’Egypte, le cours du blé français était orienté à la baisse cette semaine. Cette baisse a été profitable, puisque suite à l’appel d’offre de lundi, l’Egypte a acheté 355 kt de blé dont 120 kt d’origine France. Si l’origine russe demeure, comme d’habitude la plus compétitive en C&F, l’écart avec l’origine France s’est resserrée. En fob, la meilleure offre française était inférieure de 3 $ à la première offre russe. Au final, la semaine se termine avec un marché repartant à la hausse, emmené par le marché de Chicago, où les annonces de Donald Trump sur les négociations en cous dans la guerre commerciale avec la Chine sont plutôt positives.
D’un point de vue macro-économique, la parité €/$ revient au plus haut depuis 4 mois, et plus rien ne semble s’opposer à la mise en œuvre du Brexit au 31 janvier 2020. Suite aux élections législatives au Royaume-Uni, Boris Johnson remporte la majorité absolue au Parlement.
Blé dur
FranceAgriMer revoit à la hausse les prévisions d’exportations du blé dur vers les pays de l’Union (220 contre 200kt le mois dernier) ainsi qu’à destination des pays tiers (980kt contre 900kt). La dynamique à l’exportation est soutenue et cela semble perdurer car un bateau a été chargé cette semaine à destination de la Tunisie (25kt). Malgré des importations en hausse, le bilan français se tend une nouvelle fois et le stock de report est désormais affiché à 56kt. La tension au niveau mondial est également présente et les prix ont fortement progressé depuis le mois de septembre (cf. graph), en raison notamment des conditions météorologiques entravant la récolte au Canada. Mais les prix se sont stabilisés sur les dernières semaines, les nouvelles du Canada ne sembleraient pas si mauvaises qu’attendus initialement.
Pour la prochaine campagne, Agreste estime les surfaces de blé dur à 225 kha soit un repli de -7,5 % par rapport à l’an passé et – 31,7 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années.
Maïs
FranceAgriMer a revu à la baisse la prévision de collecte de maïs de -200kt par rapport au mois dernier, à 10 231kt, en raison des fortes pluies ayant impacté le rendement. Les exportations de maïs sont revues légèrement à la baisse, mais au final, le stock de report de fin de campagne s’allège, à 2 119kt contre 2 217kt estimé le mois dernier.
Sur le marché intérieur à destination des fabricants d’aliments, l’écart entre le blé et le maïs se resserre. Pour l’heure, France AgriMer n’a pas modifié les utilisations de maïs par les fabricants (2 500kt, contre 3 288kt l’an dernier), mais dans un contexte où le prix des tourteaux de soja est bas, il se pourrait bien que les formulations évoluent après la trêve des confiseurs avec une incorporation accrue de maïs.
Dans son rapport sur l’offre et la demande publié ce mardi, l’USDA intègre les dernières estimations chinoises et revoit à la hausse de la production de maïs en Chine, affichée à 260,77 Mt, soit une progression de plus de 6Mt par rapport aux estimations du mois dernier. Le bilan américain n’évolue pas, y compris les prévisions à l’export du maïs US, ce qui ne semble pas cohérent avec le manque de compétitivité du maïs américain et les chargements en berne.





La Pallice