
Marché des céréales
La sècheresse inquiète les marchés
des céréales
Les conditions climatiques, et en particulier la sècheresse, restent les principales sources de préoccupation des opérateurs et soutiennent les cours sur toutes les places.
Eux Etats Unis, malgré le retour de quelques précipitations dans les régions du Midwest, du Delta et des Dakotas, les températures en dessous de la moyenne et le déficit hydrique général continuent de menacer le potentiel des cultures. Sur le marché de Chicago, les cours du blé restaient ainsi soutenus cette semaine, se négociant au-dessus des $760cts/bu sur l’échéance juillet, des niveaux records plus atteints depuis 2013. Notons qu’outre le climat, un autre facteur de soutien des cours est l’écart de prix du blé avec le maïs, qui lui aussi continue de se négocier à des niveaux records, ce qui encourage dans plusieurs régions les producteurs à planter du maïs plutôt que du blé. Pour pouvoir concurrencer le maïs dans l’alimentation animale, le prix du blé n’aura d’autre choix semble-t-il que d’accompagner le mouvement du maïs. Ceci, compte tenu du premium déjà élevé du blé américain par rapports aux origines européennes, devrait continuer de supporter le prix du blé en Europe de l’Ouest en en mer Noire.
En Europe, la sècheresse et les températures en dessous des moyennes saisonnières font également craindre pour le potentiel de récoltes qui étaient pourtant prometteuses. En France, si le marché attend la mi-mai pour évaluer effectivement l’étendue des pertes en grandes cultures, les épisodes de gel survenus sur tout le territoire depuis le début du mois d’avril ont déjà, dans plusieurs régions, causé des pertes importantes dans d’autres filières comme l’horticulture ou la viticulture. Concernant le blé tendre, Céré’Obs estimait cette semaine les surfaces jugées bonnes à très bonnes à 79%, contre 81% la semaine dernière et 85% il y a deux semaines. Chute importante et rapide qui présage d’un impact significatif de ces conditions climatiques sur les récoltes. Pour faire face à l’épisode de gel, le Gouvernement promet un programme d’aide d’1 milliards d’euros toutes filières confondues pour soutenir les revenus des producteurs.
Maïs
Du côté du maïs, le « weather market » bat toujours son plein, et les cours enregistraient de nouveaux records cette semaine. A Chicago, l’échéance juillet connaissait jeudi sa sixième session consécutive de hausse, établissant chaque jour un nouveau record, et dépassant le seuil des $720cts/bu, son plus haut en près de dix ans. La Chine continue par ailleurs d’importer d’importants volumes de maïs américain, il était question de 2 à 3 millions de tonnes cette semaine.
Mais si tous les marchés s’envolent, c’est d’abord du coté du Brésil que les regards se portent. Le pays connait l’une des pires sècheresses de son histoire, et les prévisions ne montrent pas de retour des précipitations prochainement. Les estimations passaient cette semaine sous la barre des 90Mt. Du côté argentin, si la situation est moins préoccupante et que l’agence nationale BAGE maintenait cette semaine ses prévisions de récolte à 46Mt, la récolte progresse lentement, et a atteignait cette semaine 23% contre 38% la semaine dernière et 32% en moyenne.
Le marché Euronext s’envolait lui aussi cette semaine, et rompait la résistance des €260/t sur le contrat juin, tandis que le marché physique augmentait de près de €10/t.




