
Marché des céréales
Les céréales entre guerre et monnaie
Deux forces antagonistes ont pesé sur le marché cette semaine. L’attente d’une baisse des taux de plus en plus probable par la banque centrale américaine d’un côté et les craintes de perturbations de l’export de céréales de Mer Noire de l’autre.
Comme un retour aux premières semaines de l’invasion russe en Ukraine, la guerre se retrouve de nouveau sur le champ maritime et ce n’est pas sans conséquence pour le marché des céréales. Après des attaques de navires d’intérêts russes en Mer Noire et au large du Sénégal, le marché se reprend à craindre pour la logistique céréalière. Car si l’Ukraine n’a pas revendiqué l’ensemble de ces attaques, Vladimir Poutine a promis de répliquer, menaçant -entre autres- l’accès ukrainien à la mer. Des échanges entre Moscou et Washington auraient ensuite désamorcé la situation.
Dans un marché du blé toujours estimé lourd, ces évènements ont temporairement soutenu les prix sur Euronext cette semaine. Car ce n’est pas la parité euro-dollar qui a favorisé les grains européens. Avec une économie américaine qui montre des signes de difficulté, les opérateurs anticipent une action de la FED, la banque centrale américaine, pour baisser ses taux directeurs. L’euro a ainsi dépassé les 1,17 dollar cette semaine.
Toujours en blé, l’Algérie est repassée massivement aux achats ces derniers jours pour des livraisons à partir de février. Si des doutes subsistent sur le volume exact, il dépasserait les 800 000 tonnes. Les origines Mer Noire et Argentines auraient eu les préférences d’Alger. L’Argentine qui a apporté son eau au moulin de la hausse avec des doutes sur la teneur protéique de ses blés même s’il faudra encore patienter pour que la rumeur se transforme ou non en information. Le Matif a finalement progressé dans la première partie de la semaine, repassant au-dessus des 191€/tonne sur l’échéance mars 2026, avant de s’effriter ensuite.
La nouvelle campagne de blé se prépare toujours au mieux sur le terrain en France. La totalité des surfaces ont passé le stade de la levée sans encombre selon le dernier bulletin Céré’obs, et le tallage est amorcé a 39%. Un bond de 15 points par rapport à la même période il y a un an. En orge, ce chiffre est à 43%. Les analystes rapportent également que la récolte de maïs s’est achevée avec 22 jours d’avance par rapport à la dernière campagne.
Aux États-Unis, les opérateurs auront un œil vigilant sur les prochains rapports de l’USDA à propos des perspectives réelles de la production de maïs. Les dernières semaines, marquées par le « shutdown », n’auraient acté par les chiffres, les rendements dégradés observés dans les principales zones de productrices du pays. Des ajustements à la baisse sont donc attendus par les opérateurs dans les prochains jours. Sur le marché, des ventes exports ont été notables cette semaine, notamment vers le Mexique qui a contracté 392 500 tonnes et la Colombie qui en a acheté plus de 100 000.

