
Marché des céréales
Vers une moindre présence du blé russe
sur la scène internationale ?
Blé tendre
Le blé tendre continue de bénéficier d’une demande dynamique, notamment à l’export, ce qui contribue à renchérir les cours. Ce mardi, le marché à terme d’Euronext a passé la barre des 280€/t. Selon les statistiques des Douanes et de Reuters, la Chine a déjà importé 520kt de blé français depuis le début de la campagne. Juste devant la Chine se situe le Maroc, avec 602kt importées.
A partir du 1er novembre, le Maroc va suspendre ses taxes à l’importation. Ce dernier a eu une belle récolte cette année, avec 5,06Mt de blé tendre. Depuis mai, les droits de douanes étaient passés à 135% pour favoriser les utilisations intérieures, mais le Maroc doit désormais faire appel aux importations. Cela devrait favoriser les exportations françaises vers ce pays, d’ailleurs les rumeurs font état d’un bateau en chargement pour les prochains jours. La France est au coude à coude avec l’Ukraine sur cette destination selon Intercéréales-France Export Céréales, mais la moindre présence de la Russie à venir pourrait favoriser les exports ukrainiens vers l’Egypte.
Lors du dernier appel d’offres du GASC de cette semaine, l’Egypte a acheté 180kt de blé russe, 120kt de blé ukrainien et 60kt de blé roumain. Mais, la Russie a augmenté sa taxe à l’export et s’affiche à 67$/t désormais. Cela devrait limiter les exportations russes, ce qui profitera vraisemblablement à l’Ukraine et à la Roumanie. Selon les chiffres de la Commission européenne, au 24 octobre, 3, 25Mt de blé roumain ont été exportées vers les pays tiers, ce qui en fait le 1er exportateur européen à cette date. Loin derrière se situe la Bulgarie avec 1,58Mt puis l’Allemagne (1,07Mt) et la France. Contrairement aux pays de l’Europe de l’Ouest, la Roumanie n’a pas eu de retard dans les récoltes, ce qui a permis d’avancer plus vite sur les exportations en ce début de campagne.
Face à ce tableau plutôt prometteur pour le blé européen, les récoltes de l’hémisphère sud sont à regarder avec attention, pouvant concurrencer les origines européennes. En Argentine il est attendue une production record à 19,9Mt (+2,3Mt par rapport à l’an dernier) et la production australienne s’affiche pour le moment à 32Mt (un niveau équivalent à l’an passé, mais 2 fois plus importante qu’en 2019) selon le CIC.
Les semis de blé tendre avancent bien en France, 61% des surfaces sont semées au 25 octobre, contre 40% la semaine dernière. Même si les intentions de semis peuvent être parfois contrariés par la hausse du prix des intrants, le CIC estime que les surfaces semées au niveau mondial pour la campagne 2022/23 devraient rester élevées. Néanmoins, les conditions sèches en Russie ont retardé les semis, et le manque d’humidité se fait sentir aux Etats-Unis bien que les semis sont achevés à 70%.
Maïs
Retard de maturité, coûts de séchage élevés, approvisionnement en gaz, la récolte de maïs cette année rencontre bien des difficultés, alors que la moisson ne peut attendre au risque de détériorer le beau potentiel attendu. Malgré son retard (11 jours par rapport à la moyenne quinquennale), la récolte avance et au 25 octobre, 54% des surfaces étaient récoltées, contre 32% une semaine auparavant. Il est nécessaire que cette dynamique continue.
Ailleurs en Europe et sur le pourtour de la mer Noire, la situation est similaire, ce qui pèse sur le marché. Malgré tout, les rendements s’annoncent bons, et selon la Commission européenne, le rendement moyen du maïs européen est attendu à 7,79t/ha, en hausse par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Dans son dernier rapport, Stratégie Grains a revu en hausse de +2,7Mt la production de maïs de l’UE, à la faveur des révisions pour la France, la Pologne et la Roumanie notamment.
Les importations européennes sont prévues en baisse pour cette campagne (Pays-Bas, Espagne, Belgique), l’origine ukrainienne va être challengée par les maïs de l’Union, et notamment français et polonais.




