
Marché des céréales
La forte demande en blé continue
de soutenir les cours
Aux Etats Unis, les conditions climatiques restent sèches et chaudes pour la saison, mais les prévisions à quinze jours indiquent le retour de la pluie pour la région des Plaines, ce qui promet d’apporter un répit bienvenu aux cultures. Le Canada quant à lui reste chaud et sec, de même que l’Europe, la région mer Noire, et l’Argentine.
Cette semaine, c’est du côté de la demande que l’attention du marché s’est tournée. En effet, les appels d’offre internationaux se succèdent et semblent indiquer une demande plus forte qu’actuellement estimée par l’USDA. Le Pakistan a ainsi acheté 575kt de blé lundi pour un appel d’offre initialement prévu à 500kt et en prévoit un autre pour 640kt la semaine prochaine. L’Algérie aurait acheté entre 300 et 500kt de blé dur d’origine canadienne, tandis que la Jordanie sera de retour à la fin du mois de septembre pour un volume de 120kt de blé. La Chine quant à elle continuerait d’acheter du blé français.
Les ventes américaines hebdomadaires s’élevaient à 356kt cette semaine, pour un total sur la campagne de 397Mbu, en baisse de 20% par rapport à la campagne précédente.
Cependant les cours du blé à Chicago ont continué de monter, gagnant $17,5cts/bu sur l’échéance décembre 2021 entre les sessions de mardi et de jeudi, et reflétant bien la forte demande et l’anticipation par le marché de la réévaluation de cette demande à la hausse. Notons par ailleurs que les chargements américains sont 10% plus avancés que lors de la campagne précédente.
Côté Amérique du Sud, l’Argentine maintenait cette semaine l’évaluation de sa récolte à 50% « bonne/très bonne » et conserve sa prévision à 19,2Mt vs. 20Mt pour l’USDA.
Côté européen enfin, le marché Euronext poursuivait lui aussi son ascension. L’échéance décembre 2021 gagnait ainsi 4,25€/t sur la seule session de jeudi, rompant la résistance symbolique des 250€/t. En cause, le mouvement du marché américain qui a entrainé les cours européens dans son sillage, mais aussi l’intérêt persistant de la Chine pour le blé français qui, bien qu’il soit difficile à estimer pour le moment reste suffisamment fort pour modifier le bilan français.
Côté français, la récolte atypique cette année est susceptible de réorganiser les débouchés en particulier vers les pays tiers. Cependant la France n’est pas seule, et nos voisins européens, en particulier l’Allemagne, les pays Baltes et la Pologne qui ont connu les mêmes épisodes climatiques que la France, font face aux mêmes challenges. Notons également qu’en France la grande hétérogénéité des récoltes et le savoir-faire du travail du grain permettent malgré tout de compenser ces difficultés.




