
La Semmaris et La Coopération Agricole signent un partenariat pour promouvoir les produits français, issus de coopératives agricoles, sur le marché de Rungis
La Semmaris, société gestionnaire du Marché International de Rungis, et La Coopération Agricole, fédération des coopératives agricoles françaises, signent une convention de partenariat dans le but de développer l’accès à l’offre de produits coopératifs au sein du Marché de Rungis.
Le Marché de Rungis/ Semmaris, et La Coopération Agricole partagent des ambitions communes sur les enjeux contemporains du secteur agroalimentaire : la souveraineté alimentaire de la France, la transition vers une alimentation agroécologique durable, la préservation des ressources et la neutralité carbone, ainsi que le développement socio-économique des territoires.
Afin de trouver collectivement des réponses à ces enjeux, le Marché de Rungis / Semmaris et La Coopération Agricole vont mettre en place des groupes de réflexion et de partage sur plusieurs axes de travail, tels que la valorisation des atouts et du savoir-faire coopératif pour créer plus de valeur sur l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire ou encore le développement de l’offre de produits coopératifs et des coopératives sur le Marché de Rungis.
Des points d’étapes sur l’avancement des actions mises en place seront régulièrement organisés. Une opération « 3 jours de La Coopération Agricole » à Rungis, dont les modalités restent à définir, a déjà été actée entre les deux partenaires.
« Je me réjouis de la signature de ce partenariat. Les coopératives sont un maillon incontournable de l’approvisionnement et de la distribution des produits agricoles français. C’est par l’échange d’idées et le partage de connaissances et d’expérience entre nos écosystèmes que nous trouverons collectivement des réponses concrètes aux grands enjeux du secteur agroalimentaire », a déclaré Stéphane Layani, Présidentdirecteur général du Marché International de Rungis.
« Pour répondre aux défis qui sont devant nous, entre compétitivité à assurer et conduite des transitions, la logique partenariale doit être au cœur de nos parti-pris stratégiques. Nous sommes ravis de la signature de cette convention avec le Marché de Rungis, qui s’inscrit pleinement dans cette dynamique, en nous donnant de nouvelles opportunités de valoriser notre offre coopérative pour alimenter les métropoles du territoire. »,a déclaré à son tour Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.
Combien d’études supplémentaires sur les conséquences de la stratégie « De la ferme à la table » faudra-t-il encore mener avant qu'un véritable débat ne s’amorce à Bruxelles ?
Au début de la semaine, l’université de Kiel (Allemagne) a publié une nouvelle étude sur les possibles conséquences de la mise en œuvre de la stratégie « De la ferme à la table ». Une étude de plus qui confirme les graves conséquences que la stratégie phare de la Commission pourrait avoir sur la production alimentaire de l’UE, sur nos exploitations et sur la cohésion de nos zones rurales. Cette nouvelle étude, qui confirme les conclusions du rapport technique du CCR publié très discrètement au milieu de l'été, met également en évidence les importantes fuites de carbone qui pourraient résulter de l’approche axée sur les objectifs que promeut la stratégie « De la ferme à la table », ce qui amène les auteurs de l’étude à déclarer que « la stratégie ''De la ferme à la table '’ n’est pas une stratégie efficace pour lutter contre le changement climatique ! ».
Plus d'un an après la publication de la stratégie « De la ferme à la table » par la Commission, il n’existe toujours pas d’analyse officielle, ce qui pousse de nombreuses universités et parties prenantes à analyser elles-mêmes le potentiel impact de cette stratégie. Ces dernières semaines, les études ont commencé à se multiplier et elles mettent toutes en garde contre des tendances similaires qui devraient susciter de grandes inquiétudes et pas uniquement au sein de la communauté agricole.
En termes de production, ce nouveau rapport indique, comme toutes les autres études, que la mise en œuvre de la stratégie « De la ferme à la table » entraînerait une forte baisse de la production. Selon les auteurs, ces baisses pourraient aller de -20 % pour la viande bovine à - 6,3 % pour le lait et -21,4 % et -20 % respectivement pour les céréales et les oléagineux dans toutes l’UE. Tout comme dans les études précédentes, les auteurs de cette étude annoncent une forte augmentation des prix. Les augmentations de prix les plus marquées pourraient s'observer dans les secteurs bovin, porcin et du lait cru avec des hausses de respectivement 58 %, 48 % et 36 %. Dans le secteur végétal, les prix augmenteraient de 15 % pour les fruits et légumes, 18 % pour les oléagineux et 12,5 % dans le cas des céréales. S’agissant du commerce, les conclusions de l’étude menée par l'université de Christian-Albrechts sont claires : si toutes les mesures prévues dans la stratégie « De la ferme à la table » sont mises en œuvre simultanément, « l’UE passerait d’être un exportateur net de céréales et de viande bovine à être un importateur net pour ces même produits. »
Quant au rapport publié par le CCR, il prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre équivalente à 29 % du potentiel de réchauffement de la planète du secteur agricole de l’UE.
Néanmoins, les auteurs de l’étude estiment que la stratégie ne sera pas efficace d'un point de vue climatique. Les auteurs considèrent que la mise en œuvre de la stratégie conduira à une baisse de 50 millions de tonnes d’équivalent CO2 du stockage du carbone dans le secteur LULUCF de l’UE, tandis que la délocalisation de notre production vers des pays tiers mènerait à la production d’émissions de gaz à effet de serre supplémentaires à hauteur de de 54,3 millions de tonnes d’équivalent CO2. Ensemble, ces deux mécanismes neutraliseraient les effets escomptés de la stratégie européenne pour la réduction efficace des émissions agricoles.
Les conclusions présentées par les chercheurs devraient être une sonnette d’alarme pour les responsables politiques européens : « la stratégie ne correspond pas encore à une stratégie de politique agricole cohérente. Les différentes mesures proposées dans la stratégie « De la ferme à la table » correspondent plutôt à des restrictions de production spécifiques, mais ne permettent en aucun cas de façonner un cadre de politique agricole cohérent permettant au secteur agricole de mettre en œuvre les objectifs du Pacte vert pour l’Europe de manière efficace et rentable.
Cette étude, comme les précédentes, a tout de même ses limites puisque les effets de la stratégie « De la ferme à la table » seront nombreux et il est difficile de tous les identifier dans un seul et unique outil de modélisation. Cependant, pourquoi ces modèles n'ont-ils pas été développés avant l’annonce des objectifs quantitatifs ? Pourquoi la Commission n’a-t-elle pas encore mené une analyse d’impact sur cette stratégie, qui nous permettrait de discuter de solutions sur une base concrète ? Pourquoi le Parlement européen s’apprête-t-il à voter en plénière sur des mesures encore plus strictes sans même avoir évalué les conséquences additionnelles ?
En réaction à cette nouvelle étude, Mme Christiane Lambert, Présidente du Copa, a déclaré : « La communauté agricole de l’UE est prête à opérer les transitions nécessaires et les initiatives en ce sens se multiplient au niveau local et mondial. Toutefois, nous sommes maintenant confrontés à un réel problème de méthode dans la manière dont la stratégie « De la ferme à la table » est mise en place à Bruxelles. La Commission européenne et le Parlement européen ne peuvent fermer les yeux sur ces publications et sur les conséquences sociales, économiques et environnementales que cela implique. Nous ne pouvons accepter que l’approche axée sur les objectifs de la stratégie « De la ferme à la table » se révèle être contre- productive. Nous avons été stupéfaits cette semaine de voir que l’agriculture n’a même pas été mentionnée dans le discours sur l’état de l’Union. La Commission doit impérativement amorcer un réel dialogue avec la communauté agricole et travailler sur des solutions concrètes si nous voulons trouver des réponses communes aux questions fondamentales telles que les fuites de carbone, la souveraineté alimentaire et la répartition équitable de l’effort. »