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Hebdo N°34 - Vendredi 24 septembre 2021

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Actualités de la filière

Rubriques

Salon Tech&Bio



Un nouveau recueil d’initiatives coopératives sur les transferts entre agricultures Bio et conventionnelle

A l’occasion de l’édition 2021 du salon Tech&Bio à Valence, La Coopération Agricole a organisé un partage d’expériences autour du lancement de son nouveau recueil d’initiatives coopératives (Théma) intitulé « Passerelles entre agricultures : des dynamiques avec l’Agriculture Biologique »1. Une occasion de faire le point sur les chiffres clés des filières bio coopératives, et d’enrichir la question du transfert de pratiques entre les différents modèles agricoles, de témoignages issus du terrain afin de favoriser l’accompagnement des transitions environnementales.

Un outil au service de l’accompagnement des transitions

Depuis près de 40 ans les coopératives agricoles jouent un rôle clé dans la structuration des filières biologiques et œuvrent pour le développement de filières bio françaises performantes et durables. Loin de l’opposition habituelle des modèles, ce recueil, à travers les témoignages de 19 coopératives, reflète les passerelles vertueuses qui existent entre les multiples formes de productions et de certifications, tant d’un point de vue technique que commercial, en soulignant l’ancrage territorial et le modèle démocratique coopératif. Certaines pratiques agronomiques éprouvées grâce à l’Agriculture Biologique servent les autre modes de production, qui participent à leur tour à une croissance accélérée du Bio par leurs expériences des marchés traditionnels et leurs outils de transformation. Ces complémentarités d’approches constituent une véritable force pour créer différentes synergies au sein des coopératives afin de favoriser l’accompagnement des transitions agroécologiques.

Le réseau coopératif toujours en plein développement sur l’Agriculture Biologique

En 2021, on compte 750 coopératives et unions certifiées Bio, avec une dynamique forte : + 22% en 2 ans et demi, soit 1/3 des 2300 coopératives françaises engagées dans les filières biologiques.
Prolongement des exploitations agricoles, les coopératives, présentes sur l’ensemble de la chaîne alimentaire et sur tous les territoires français, sont le meilleur relai pour favoriser les transferts de bonnes pratiques entre agricultures et structurer les filières Bio afin d’atteindre les objectifs ambitieux de développement fixés aux niveaux national et européen.

« Face aux urgences climatiques, aux demandes sociétales croissantes et aux attentes des consommateurs, les filières agricoles, Bio comme conventionnelles, opèrent entre elles un transfert de bonnes pratiques afin d’accélérer leur transition vers un modèle durable et résilient. C’est ce qu’illustre ce recueil d’initiatives, à travers des témoignages de terrain qui mettent en avant le travail des coopératives, prolongement des exploitations, pour accompagner cette dynamique vertueuse sur l’ensemble de la chaîne alimentaire et sur tous les territoires. », commente Dominique Chargé, Président de La Coopération Agricole.

Télécharger ici le Théma « Passerelles entre agricultures :
des dynamiques avec l’Agriculture Biologique » de La Coopération Agricole.

1 Ce Théma est une réalisation issue du programme de développement de La Coopération Agricole et bénéficie à ce titre d’un financement du Casdar (Compte d’affectation spéciale du développement agricole et rural)

PROTEINEW




Projet porté par Protéines France pour accélérer la structuration des filières protéines végétales, algues, insectes et microirganismes

Face aux nombreux enjeux de la filière française des protéines végétales et des nouvelles ressources émergentes (algues, insectes, microorganismes), le projet ProteiNEW a pour ambition de soutenir le développement de la filière. Porté par Protéines France, ProteiNEW se déploiera sur une durée de 30 mois et contribuera au renforcement de l’indépendance protéique de la France et de sa compétitivité notamment sur la scène européenne et internationale.

LES PROTÉINES VÉGÉTALES ET LES NOUVELLES RESSOURCES, SOLUTIONS POUR UNE ALIMENTATION DURABLE ET SAINE FACE A UN DÉFICIT ATTENDU DE LA RESSOURCE

En améliorant la nutrition, en offrant une ressource plus abordable, en luttant contre le changement climatique grâce à des modes de production plus durables ou en préservant les écosystèmes, les protéines végétales et les nouvelles sources de protéines comme les algues, les insectes ou les microorganismes constituent d’excellentes réponses aux défis contemporains.

Ces défis sont multiples – économiques, environnementaux et sociétaux, ils sont aussi de taille, alors que les transitions nutritionnelles liées à un changement des modes de consommation induisent une augmentation de la demande globale en protéines évaluée à 40%1 d’ici 2030, soit une croissance annuelle globale de plus de 7%, pour répondre à la fois aux besoins en alimentation animale et humaine. Dès lors, le développement du marché mondial nécessitera un accroissement de l’offre des produits proposés et une diversification de leur origine : protéines végétales, algues, microorganismes ou encore insectes.

Dans cette dynamique de forte croissance, la France dispose de nombreux atouts pour prendre une place de leader dans ce nouveau marché en expansion grâce à une offre de produits diversifiées, renforcée par un savoir-faire industriel et des compétences humaines.

ProteiNEW: ACCÉLÉRER LA STRUCTURATION DE LA FILIÈRE FRANÇAISE DES PROTÉINES VÉGÉTALES ET NOUVELLES RESSOURCES ET SAISIR LES OPPORTUNITÉS DE CROISSANCE

L’ambition de ProteiNEW est de faire de la France un leader des protéines afin de saisir les opportunités de croissance et de création d’emplois sur le territoire avec quatre objectifs prioritaires :

  1. Développer la filière du champ à l’assiette avec l’amont et l’aval, notamment en réalisant un état des lieux et des projections à l’horizon 2030 sur la production et la mobilisation des matières premières végétales et nouvelles ressources pour les besoins en protéines.
  2. Orienter, accompagner et faciliter l’innovation au sein de la filière, par la conception et le déploiement de programmes d'accompagnement dédiés aux start-ups, en lien avec BPI France.
  3. Renforcer la structure du cadre international en initiant un programme de normalisation des protéines végétales pour l’alimentation humaine, en lien avec l’AFNOR (Association Française de Normalisation).
  4. Assurer la dissémination de l’ensemble des outils référencés auprès des acteurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur, particulièrement ceux développés dans le cadre de ProteiNEW

UN CONSORTIUM PORTÉ PAR PROTÉINES FRANCE RÉUNISSANT L’ENSEMBLE DE LA CHAÎNE DE VALEUR ET L’INTERPROFESSION

Dirigé par Protéines France, ProteiNEW sera animé en particulier par les entreprises ALGAMA, AVRIL, FERMENTALG, LES MOUSQUETAIRES, LIMAGRAIN, ROQUETTE, SOUFFLET et TEREOS. Le projet implique également TERRES UNIVIA, TERRES INOVIA, le pôle IAR et bénéficie du soutien d’Intercéréales. L’ensemble des membres de Protéines France et, plus globalement, de la filière, seront également associés aux travaux du projet qui mobilisera la filière jusque début 2024. Le projet est lauréat de l’appel à projet « structuration des filières protéines végétales » de FranceAgriMer dans le cadre du volet agriculture du Plan de Relance.

Partenariat




La Semmaris et La Coopération Agricole signent un partenariat pour promouvoir les produits français, issus de coopératives agricoles, sur le marché de Rungis

La Semmaris, société gestionnaire du Marché International de Rungis, et La Coopération Agricole, fédération des coopératives agricoles françaises, signent une convention de partenariat dans le but de développer l’accès à l’offre de produits coopératifs au sein du Marché de Rungis.

Le Marché de Rungis/ Semmaris, et La Coopération Agricole partagent des ambitions communes sur les enjeux contemporains du secteur agroalimentaire : la souveraineté alimentaire de la France, la transition vers une alimentation agroécologique durable, la préservation des ressources et la neutralité carbone, ainsi que le développement socio-économique des territoires.

Afin de trouver collectivement des réponses à ces enjeux, le Marché de Rungis / Semmaris et La Coopération Agricole vont mettre en place des groupes de réflexion et de partage sur plusieurs axes de travail, tels que la valorisation des atouts et du savoir-faire coopératif pour créer plus de valeur sur l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire ou encore le développement de l’offre de produits coopératifs et des coopératives sur le Marché de Rungis.

Des points d’étapes sur l’avancement des actions mises en place seront régulièrement organisés. Une opération « 3 jours de La Coopération Agricole » à Rungis, dont les modalités restent à définir, a déjà été actée entre les deux partenaires.

« Je me réjouis de la signature de ce partenariat. Les coopératives sont un maillon incontournable de l’approvisionnement et de la distribution des produits agricoles français. C’est par l’échange d’idées et le partage de connaissances et d’expérience entre nos écosystèmes que nous trouverons collectivement des réponses concrètes aux grands enjeux du secteur agroalimentaire », a déclaré Stéphane Layani, Présidentdirecteur général du Marché International de Rungis.

« Pour répondre aux défis qui sont devant nous, entre compétitivité à assurer et conduite des transitions, la logique partenariale doit être au cœur de nos parti-pris stratégiques. Nous sommes ravis de la signature de cette convention avec le Marché de Rungis, qui s’inscrit pleinement dans cette dynamique, en nous donnant de nouvelles opportunités de valoriser notre offre coopérative pour alimenter les métropoles du territoire. »,a déclaré à son tour Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.

De la ferme à la table



Combien d’études supplémentaires sur les conséquences de la stratégie « De la ferme à la table » faudra-t-il encore mener avant qu'un véritable débat ne s’amorce à Bruxelles ?

Au début de la semaine, l’université de Kiel (Allemagne) a publié une nouvelle étude sur les possibles conséquences de la mise en œuvre de la stratégie « De la ferme à la table ». Une étude de plus qui confirme les graves conséquences que la stratégie phare de la Commission pourrait avoir sur la production alimentaire de l’UE, sur nos exploitations et sur la cohésion de nos zones rurales. Cette nouvelle étude, qui confirme les conclusions du rapport technique du CCR publié très discrètement au milieu de l'été, met également en évidence les importantes fuites de carbone qui pourraient résulter de l’approche axée sur les objectifs que promeut la stratégie « De la ferme à la table », ce qui amène les auteurs de l’étude à déclarer que « la stratégie ''De la ferme à la table '’ n’est pas une stratégie efficace pour lutter contre le changement climatique ! ».

Plus d'un an après la publication de la stratégie « De la ferme à la table » par la Commission, il n’existe toujours pas d’analyse officielle, ce qui pousse de nombreuses universités et parties prenantes à analyser elles-mêmes le potentiel impact de cette stratégie. Ces dernières semaines, les études ont commencé à se multiplier et elles mettent toutes en garde contre des tendances similaires qui devraient susciter de grandes inquiétudes et pas uniquement au sein de la communauté agricole.

En termes de production, ce nouveau rapport indique, comme toutes les autres études, que la mise en œuvre de la stratégie « De la ferme à la table » entraînerait une forte baisse de la production. Selon les auteurs, ces baisses pourraient aller de -20 % pour la viande bovine à - 6,3 % pour le lait et -21,4 % et -20 % respectivement pour les céréales et les oléagineux dans toutes l’UE. Tout comme dans les études précédentes, les auteurs de cette étude annoncent une forte augmentation des prix. Les augmentations de prix les plus marquées pourraient s'observer dans les secteurs bovin, porcin et du lait cru avec des hausses de respectivement 58 %, 48 % et 36 %. Dans le secteur végétal, les prix augmenteraient de 15 % pour les fruits et légumes, 18 % pour les oléagineux et 12,5 % dans le cas des céréales. S’agissant du commerce, les conclusions de l’étude menée par l'université de Christian-Albrechts sont claires : si toutes les mesures prévues dans la stratégie « De la ferme à la table » sont mises en œuvre simultanément, « l’UE passerait d’être un exportateur net de céréales et de viande bovine à être un importateur net pour ces même produits. »

Quant au rapport publié par le CCR, il prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre équivalente à 29 % du potentiel de réchauffement de la planète du secteur agricole de l’UE.

Néanmoins, les auteurs de l’étude estiment que la stratégie ne sera pas efficace d'un point de vue  climatique. Les auteurs considèrent que la mise en œuvre de la stratégie conduira à une baisse de 50 millions de tonnes d’équivalent CO2 du stockage du carbone dans le secteur LULUCF de l’UE, tandis que la délocalisation de notre production vers des pays tiers mènerait à la production d’émissions de gaz à effet de serre supplémentaires à hauteur de de 54,3 millions de tonnes d’équivalent CO2. Ensemble, ces deux mécanismes neutraliseraient les effets escomptés de la stratégie européenne pour la réduction efficace des émissions agricoles.

Les conclusions présentées par les chercheurs devraient être une sonnette d’alarme pour les responsables politiques européens : « la stratégie ne correspond pas encore à une stratégie de politique agricole cohérente. Les différentes mesures proposées dans la stratégie « De la ferme à la table » correspondent plutôt à des restrictions de production spécifiques, mais ne permettent en aucun cas de façonner un cadre de politique agricole cohérent permettant au secteur agricole de mettre en œuvre les objectifs du Pacte vert pour l’Europe de manière efficace et rentable.

Cette étude, comme les précédentes, a tout de même ses limites puisque les effets de la stratégie « De la ferme à la table » seront nombreux et il est difficile de tous les identifier dans un seul et unique outil de modélisation. Cependant, pourquoi ces modèles n'ont-ils pas été développés avant l’annonce des objectifs quantitatifs ? Pourquoi la Commission n’a-t-elle pas encore mené une analyse d’impact sur cette stratégie, qui nous permettrait de discuter de solutions sur une base concrète ? Pourquoi le Parlement européen s’apprête-t-il à voter en plénière sur des mesures encore plus strictes sans même avoir évalué les conséquences additionnelles ?

En réaction à cette nouvelle étude, Mme Christiane Lambert, Présidente du Copa, a déclaré : « La communauté agricole de l’UE est prête à opérer les transitions nécessaires et les initiatives en ce sens se multiplient au niveau local et mondial. Toutefois, nous sommes maintenant confrontés à un réel problème de méthode dans la manière dont la stratégie « De la ferme à la table » est mise en place à Bruxelles. La Commission européenne et le Parlement européen ne peuvent fermer les yeux sur ces publications et sur les conséquences sociales, économiques et environnementales que cela implique. Nous ne pouvons accepter que l’approche axée sur les objectifs de la stratégie « De la ferme à la table » se révèle être contre- productive. Nous avons été stupéfaits cette semaine de voir que l’agriculture n’a même pas été mentionnée dans le discours sur l’état de l’Union. La Commission doit impérativement amorcer un réel dialogue avec la communauté agricole et travailler sur des solutions concrètes si nous voulons trouver des réponses communes aux questions fondamentales telles que les fuites de carbone, la souveraineté alimentaire et la répartition équitable de l’effort. »