
Marché des céréales
Malgré les pluies, la probabilité d’une sécheresse estivale plane sur les cultures
Blé
Depuis deux semaines, l’arrivée des pluies a temporisé le stress hydrique des cultures un peu partout en France, même si un peu plus de précipitations auraient été les bienvenues dans certaines régions. Quelques épisodes de pluies sont encore attendus dans les jours qui viennent. Après le décrochage dans les conditions de cultures fin avril (-6 points entre fin avril et début mai), au 17 mai, l’état des cultures reste stable, avec 79% des surfaces de blé tendre jugées dans un état bon à très bon, selon Céré’Obs.
Rassurés par les conditions climatiques de ces derniers jours, le marché à terme d’Euronext a perdu 15€ depuis le 7 mai. Les prix plus attractifs amènent les importateurs internationaux à concrétiser de nouveaux achats, comme c’est le cas pour l’Algérie cette semaine.
Néanmoins les réserves restent basses et le stress hydrique pourrait reprendre. Le Ministère de la transition écologique a publié ce mardi une projection d’ici à la fin de l’été des territoires avec risques de sécheresse. L’été 2021 pourrait être sec sur l’ensemble de la France, une grande partie des départements sont classés à un niveau de risque probable, et 16 départements de l’Ouest et du Sud Est sont classés à risque très probable. D’ores et déjà, il a été demandé aux préfets des départements à risque de prendre le plus en amont possible, les premières mesures nécessaires de vigilance ou de limitation des usages de l’eau.
Pour Stratégie Grains, le retour des pluies en début de mois de mai ne devrait pas permettre de rattraper les effets du sec dans les zones les plus affectées. La combinaison du froid et du manque d’eau du mois d’avril a poussé l’analyser à baisser la prévision de production française, de -0,5Mt. La récolte française est attendue à 36,1 Mt. Dans le Sud Est de l’Europe (Roumanie, Bulgarie), les conditions métrologiques sont favorables au développement des cultures et les perspectives de récoltes meilleures viennent compenser la baisse de production dans l’Europe de L’Ouest. La prévision de récolte européenne est donc inchangée à 129,6Mt, soit +10,2Mt par rapport à la récolte 2020.
Maïs
En maïs, le recul des cours a été moins important que pour le blé. Car d’un côté, les semis de maïs avancent bien aux Etats-Unis et la production 2021 est attendue à 380,76Mt, soit +20Mt par rapport à l’an passé. L’estimation de stocks mondiaux en hausse de +8,8Mt par rapport à l’an dernier pèse sur les cours.
Mais de l’autre côté, plusieurs éléments tirent les marchés à la hausse. Aux Etats-Unis d’abord, la production hebdomadaire d’éthanol a poursuivi sa forte ascension, repassant pour la première fois au-dessus du million de barils par jour depuis la pandémie. La production s’est établie à 1,03 million de barils/jour, soit un seuil comparable à la normale d’avant la Covid, ce qui pourrait être un signe que l’économie reprend son cours normal. Ce mercredi, l’USDA a annoncé une vente d’1,36 Mt de maïs à destination de la Chine, après une vente de 1,7Mt deux jours plus tôt. Depuis le 7 mai, les achats cumulés de la Chine de maïs américain pour livraison en 2021-2022 atteignent 9,52 Mt. L’USDA a d’ailleurs revu à la hausse la prévision d’importation de maïs à destination de la Chine, à 26Mt contre 24Mt estimée en avril.
En Amérique du Sud, la sécheresse pénalise la seconde récolte de maïs Safrinha brésilienne, l’analyse Agroconsult a baissé de 15% la prévision de production de maïs (91Mt) et l’USDA l’a baissé de -7Mt, à 102Mt. La sécheresse impacte également les chargements puisque le niveau de l’eau du fleuve Paranà empire en Argentine. La Bourse des grains de Rosario estime que 10 % du grain prévu pour l’exportation en mai à partir du port de Rosario ne pourra pas être expédié : le tirant d’eau des navires a nettement baissé.




