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Hebdo N°24 - Vendredi 25 juin 2021

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Vie des entreprises

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Pour le retour de la biodiversité

dans les champs



Alpina Savoie et ses agriculteurs partenaires travaillent avec des scientifiques pour identifier de nouvelles méthodes agriculturales favorisant
la restauration de la biodiversité

Depuis plus de 10 ans, Alpina Savoie s’engage pour proposer des produits issus de cultures respectueuses des Hommes et de l’environnement, grâce à un travail collaboratif avec les agriculteurs français de la coopérative BioSud, en Camargue. Ensemble, ils ont développé leurs connaissances au fil des années et ont mis au point des modèles agriculturaux innovants et vertueux qui se traduisent notamment par la gamme Bio de France issue de blé dur cultivé sans pesticides, même bio. En 2019, Alpina Savoie s’est associée à l’Institut de Recherche de la Tour du Valat pour mesurer l’impact de ces pratiques sur la régénération de la biodiversité. L'étude qui arrive bientôt à son terme fait d’ores et déjà émerger des bonnes pratiques et des méthodes favorables à la faune et la flore dans les champs. Avant d'en partager les résultats définitifs, Thomas Galewski, Docteur en biologie de l’évolution et en écologie au sein de la Tour du Valat fait le point.

En quoi la démarche d’Alpina Savoie vous permet-elle d’étudier la biodiversité ?

Alpina Savoie nous a ouvert les parcelles de ses agriculteurs partenaires, regroupés au sein de la coopérative BioSud, nous permettant ainsi de travailler avec toutes les parties prenantes de l’écosystème camarguais.

Quel est l’objectif précis de l’étude ?

Nous souhaitons comprendre pourquoi la biodiversité a décliné sur les 50 dernières années et voir quels sont les facteurs à l’origine de ce phénomène. Dans un second temps, nous cherchons à identifier des pratiques favorables à la biodiversité que l’ensemble des agriculteurs peuvent mettre facilement en application sur leurs parcelles, qu’ils soient en Camargue ou ailleurs en France.

Quels sont les facteurs de déclin d’ores et déjà identifiés en Camargue ?

S’il est maintenant avéré que les pesticides influent sur les écosystèmes, nous avons souhaité nous intéresser, dans un premier temps, à un autre élément : les habitats naturels.

Depuis les années 1950, le paysage camarguais a été profondément bouleversé avec un développement très important de l’agriculture dans la région. Les sols ont été dessalés pour permettre de développer des exploitations au détriment des habitats naturels. Le paysage que l’on connaît aujourd’hui est donc assez récent et pas toujours accueillant pour des espèces autrefois communes en Camargue.

C’est pourquoi nous avons décidé de reconstituer divers types d’habitats sur certaines parcelles, avec l’accord des agriculteurs. Du nichoir à la plantation de haies, nous avons ajouté ou recréé des zones favorables à la biodiversité. Je précise que ces installations ont été faites en concertation avec les agriculteurs car ils sont un maillon essentiel de l’écosystème camarguais. Le rôle pivot tenu par l’agriculture est essentiel dans le maintien et la pérennisation de la biodiversité. Pour y aboutir, nous devons repenser les modèles agricoles, et cela ne peut se faire qu’en impliquant tous les acteurs.

À quel niveau Alpina Savoie intervient-elle dans l’étude ?

En plus d’avoir créé les conditions d’accueil de l’étude sur le terrain, chez les agriculteurs, Alpina Savoie en finance une partie. Plus généralement, nous échangeons régulièrement avec l’entreprise afin d’avancer main dans la main pour mener le projet à bien, dans l’intérêt de tous.

À terme, nous donnerons des recommandations de gestion des parcelles à Alpina Savoie et au réseau des agriculteurs de BioSud. Dès que les résultats seront publiés, nous travaillerons ensemble afin d’intégrer toutes ces recommandations sur le terrain. L’objectif, c’est d’accompagner les agriculteurs sur ces nouvelles pratiques, sans nuire à leur rendement. Comme je le disais avant, c’est un tout, agriculture et nature peuvent et doivent faire bon ménage !

Pouvez-vous nous en dire plus sur le déroulé de l’étude, les étapes ?

L’étude s’articule en trois étapes, sur trois ans. Dans un premier temps, nous avons parcouru la littérature scientifique autour de l’impact de l’agriculture bio sur la biodiversité. Il en est ressorti que la biodiversité était plus riche sur les parcelles travaillant en bio. En partant de ce constat, nous avons tenu à prendre d’autres facteurs en compte, à savoir les infrastructures agroécologiques comme les haies, les bandes enherbées, la végétation sauvage les haies, les bandes enherbées, la végétation sauvage poussant dans et au bord des canaux... La question que poussant dans et au nous avons tous en tête est la suivante : ces zones de « nature » laissées à proximité des parcelles sont-elles accueillantes pour la biodiversité ?

Nous sommes sur le terrain depuis un an pour répondre à cette question. Dans les champs, la première partie de l’étude s’est orientée sur un gradient de parcelles bio, depuis celles dépourvues d’infrastructures agroécologiques et d’autres mieux équipées. Comme je le mentionnais juste avant, nous effectuons des relevés saisonniers basés entre autres sur le cycle de vie des espèces. Cette saisonnalité forte nous impose de poursuivre les relevés sur encore une année, afin de disposer d’une base de données solide. Elle sera d’ailleurs croisée avec un projet plus ancien et similaire, basé sur des parcelles traitées à l’aide de produits phytosanitaires.

Sur la dernière partie de l’étude, nous soumettrons nos résultats à une revue scientifique de haut niveau. Une fois validée par la communauté scientifique, nous pourrons avancer des arguments tangibles pour améliorer les modèles agricoles en prenant en compte les problématiques liées aux traitements phytosanitaires et aux infrastructures agroécologiques, nous pensons que ce sont les deux leviers les plus importants pour permettre un retour de la biodiversité en Camargue.

Quels types d’animaux sont concernés par l’étude ?

Sur le terrain, nous travaillons principalement sur les oiseaux et les insectes. En 2021, nous joignons les chauve-souris à nos observations. Ce sont des animaux très sensibles aux pesticides, les voir revenir dans une zone agricole est souvent un signe d’amélioration de la santé de l’écosystème.

Quels sont les points positifs des parcelles dont la production est destinée à Alpina Savoie, par rapport aux autres ?

Le fait de cultiver en bio présente manifestement un avantage pour certains groupes d’animaux comme les araignées, les libellules et les oiseaux. Ils réagissent tous bien à la diminution voire à la suppression des pesticides si l’on compare à des parcelles conventionnelles. Cette suppression des pesticides est rendue possible par la rotation culturale. Il s’agit d’une pratique qui vise à changer les cultures régulièrement afin de nourrir les sols, pour au final se passer d’intrants.

Le second élément qui se démarque, c’est le rôle des infrastructures agroécologiques. En Camargue, les haies, bordures enherbées et les canaux ont une forte influence sur la biodiversité. C’était notre hypothèse de départ, elle semble validée. Nous pourrons sûrement l’affirmer avec plus de poids lorsque les résultats complets de l’étude seront publiés.

Pensez-vous que les autres marques et le marché agroalimentaire devraient se baser sur un tel modèle ? Est-ce faisable et réaliste ? Faut-il aller plus loin ?

La dynamique a beaucoup changé en France depuis quelques années, notamment avec une forte prise de conscience des enjeux environnementaux par les acteurs de l’agroalimentaire et de l’agriculture.

Nous voulons faire revenir les infrastructures agroécologiques sur les exploitations. Il s’agit bien d’un retour car elles existaient avant que les paysages ne soient transformés par l’Homme. Avec une agriculture plus respectueuse, c’est toute la chaîne alimentaire, de la proie au prédateur qui œuvre à la limitation des ravageurs, tout le monde y gagne ! Nous avons donc bon espoir pour une alliance durable entre le monde agricole et la nature.

Site internet : www.alpina-savoie.com

lidl-bandeau

alternatives au soja importé



Lidl et ses partenaires annoncent les premiers résultats du groupe de travail sur les alternatives au soja importé

Jeudi 24 juin, pour la première fois, en France, les acteurs proactifs de la filière de production animale se sont réunis dans un Groupe de Travail opérationnel, initié par Lidl et encadré par Earthworm Foundation. Ce Groupe de Travail mobilise également la Chambre d’Agriculture des Hauts de France, Noriap, Novial, Metex Noovistago (anciennement Ajinomoto) et InnovaFeed.

Cette démarche inédite conduit à la mise en place d’un plan d’action afin de remplacer une partie du soja importé du Brésil dans les formules d’alimentation animale par des protéines végétales locales (comme le pois protéagineux, la féverole, la luzerne) et autres solutions innovantes. Les résultats de ce Groupe de Travail permettront à Lidl de proposer dès le mois d’Octobre 2021, dans certains supermarchés sélectionnés, des produits d’origine animale (œufs, poulet de chair, porc et lait) dont les animaux auront bénéficié d’une alimentation plus locale et responsable. Pour informer et sensibiliser le consommateur à la démarche, Lidl a la volonté de communiquer sur les packagings des produits concernés.

Ce projet crée des synergies entre les acteurs en capitalisant sur les initiatives déjà existantes. Lidl, en tant que distributeur, noue ainsi des liens avec les maillons de la chaîne d’approvisionnement afin d’agir concrètement du champ jusqu’au rayon pour développer des alternatives responsables au soja importé.
La complémentarité des acteurs du Groupe de Travail permet de structurer des plans d’actions opérationnels, globaux et cohérents pour une filière alimentation animale responsable et résiliente.

En plus de contribuer à éviter la perte d’écosystèmes remarquables au Brésil, la démarche vise aussi à redynamiser la culture de protéagineux en France grâce à la relocalisation des cultures, et ainsi soutenir le savoir-faire agricole français. Concrètement, cette Accompagn initiative soutient la souveraineté, la résilience et l’autonomie des filières agricoles françaises.

La chambre d’Agriculture des Hauts de France, en tant que partenaire du projet, accompagne les agriculteurs dans le développement des cultures sources de protéines végétales (accompagnement technico-économique). Plus largement, les éleveurs sont soutenus financièrement par les partenaires et fournisseurs pilotes du projet qui suivront les évolutions en termes de productivité, et les bénéfices zootechniques et impacts environnementaux de ces formules alimentaires innovantes pour ces filières.

Lidl, tout comme Novial et les fournisseurs pilotes, participe à la prise en charge des risques financiers pour les éleveurs partenaires. L’enseigne s’assure alors que l’approvisionnement responsable du soja ou l’utilisation d’alternatives n’ait de répercussion ni sur le pouvoir d’achat de ses clients ni sur la marge de l’éleveur.

À PROPOS DE L’ENGAGEMENT DE LIDL

Dès 2017, Lidl a lancé l’INITIATIVE SOJA en collaboration avec l’organisation internationale RTRS (Table Ronde pour un Soja Responsable). Cette initiative, en tant que projet de certification international, a généré un total de 508 000 tonnes de soja durable et sans déforestation au Brésil. Grâce au soutien de Lidl, des projets sociaux et écologiques ont été mis en œuvre dans les zones de production bénéficiant à plus de 1 000 personnes. Deux ans plus tard, en 2019, Lidl remportait le prix RTRS pour avoir été un acteur moteur et devenait membre actif du Comité Exécutif du RTRS.

Lidl a déjà créé 2 groupes de travail opérationnels : l’un sur la « relocalisation & substitution » (objet de ce communiqué), et l’autre sur la « responsabilisation du soja d’import ».

La complexité pour un acteur comme Lidl repose sur la nature « indirecte » de son utilisation du soja. Concrètement, et sauf pour de rares produits tels que les steaks de soja ou le tofu, cette matière première n’est pas présente dans les produits mais utilisée pour nourrir les animaux d’élevage.

Comme toute la production de soja ne peut être relocalisée en France, Lidl travaille aussi avec des importateurs au Brésil pour garantir plus de transparence et contribuer à ce que le soja importé en France soit 100% traçable et sans risque de déforestation ni de conversion d’écosystèmes naturels.

« Nous sommes fiers de pouvoir annoncer la commercialisation des premiers produits issus de ce Groupe de Travail. Dès octobre 2021, les consommateurs pourront retrouver en magasins des références poulet de chair, viande de porc, lait et œufs dont les animaux auront bénéficié d’une alimentation plus locale et responsable. La vision de notre Groupe de Travail n’est pas de faire du « Soja Bashing ». Nous avons conscience que la production de protéines végétales, dont le soja, ne pourra pas être totalement relocalisée en France. C’est pourquoi, au travers de cette initiative nous contribuons, à notre niveau, à la souveraineté agricole française vis-à-vis des importations massives de soja. » Michel Biero, Directeur Exécutif Achats Lidl France