« Pour une compréhension des nouvelles formes d’entreprises agricoles et de leur place dans la recomposition des chaînes de valeur »
Associer étroitement recherche, formation et monde professionnel pour répondre aux nouveaux défis posés à l’entreprise agricole, c’est l’objectif que s’est fixé la Chaire GERMEA « Groupe d’Etudes et de Recherche sur les Mutations de l’Entreprise Agricole ».
Nouvelle chaire d’enseignement et de recherche en sciences humaines et sociales, GERMEA est dédiée aux nouvelles formes d’organisation économique et sociale de la production agricole. Adossée au Fonds de Dotation de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, la Chaire GERMEA est portée par Toulouse INP-ENSAT avec le soutien de trois mécènes : les groupes coopératifs VIVESCIA, EURALIS et TERRENA.
L’originalité du projet est de croiser le regard de sociologues, d’économistes et de gestionnaires pour éclairer :
- la transformation accélérée des exploitations agricoles en une diversité de nouvelles entreprises de production et les processus à l’œuvre ;
- les nouvelles figures du salariat, les fonctions, les nouvelles modalités de gestion de la main- d’œuvre et des pratiques managériales ;
- l’insertion des nouvelles entreprises agricoles dans les filières et les territoires, du local au global;
- leurs performances et capacités à recomposer les chaînes de valeur et à répondre à de nouveaux défis économiques, environnementaux et sociaux.
À l’occasion de la signature officielle de la convention de mécénat, les deux enseignants-chercheurs titulaires de la chaire vous invitent à découvrir les grands chantiers de recherche qui seront très prochainement lancés pour une durée de cinq ans en collaboration avec les partenaires de la chaire.
Pourquoi ils ont décidé de soutenir la chaire GERMEA :
« Nous vivons dans un monde en profonde mutation et pour mieux le comprendre, au-delà du travail quotidien de nos équipes, nous avons besoin d’apports et de regards extérieurs. Il est de notre responsabilité d’accompagner le travail de chercheurs pour une meilleure compréhension de ces enjeux. C’est la raison pour laquelle nous sommes associés à cette Chaire Germéa pour imaginer à la fois ce qui constituera demain notre écosystème, les perspectives, les tenants et les aboutissants de ces évolutions. » Christophe CONGUES, Président d’Euralis
« Aujourd’hui, les agriculteurs sont autant concernés que les coopératives par les enjeux économique, environnemental, sociétal et sanitaire. Ils s’y adaptent de plus en plus rapidement. La place des hommes dans les coopératives est primordiale, elle fait partie de leurs valeurs et de leur raison d’être. Pour cette raison, l’écoute de l’adhérent est au cœur du projet coopératif de Terrena. Les travaux de recherche sur l’évolution et les besoins des exploitations sont fréquents, plus rares sont ceux qui s’intéressent fondamentalement aux hommes. Je salue les travaux de la chaire GERMEA, ils seront un levier précieux pour affiner notre compréhension sur les stratégies des agriculteurs et mieux les prendre en compte dans notre réponse coopérative. » Olivier CHAILLOU, Président de Terrena
« VIVESCIA est heureux de contribuer au renouvellement du regard sur les entreprises agricoles françaises. Portés brillamment par François Purseigle et Geneviève Nguyen, ces travaux de recherche sont attendus tant une (r)évolution majeure semble en route à l’aune de transitions climatiques, agro-écologiques, numériques, démographiques...GERMEA sera aussi un formidable accélérateur de compréhension des mutations qui sont à l’œuvre pour nos territoires, pour notre conseil d’administration et nos équipes dans le cadre de « Ma Coop 2025 », le plan de transformation et d’innovation de la Coopérative à 5 ans. Plein succès à la Chaire GERMEA ! » Christoph Büren, Président de VIVESCIA
De l’importance des chaires pour Toulouse INP et l’ENSAT
« Les chaires sont un outil de partenariat précieux pour développer nos missions de formation, de recherche et d'innovation. Elles s'inscrivent dans la confiance mutuelle et dans le temps. GERMEA en est une parfaite illustration, en totale cohérence avec la feuille de route de Toulouse INP, à plusieurs titres. Les nouvelles entreprises de production agricole appellent pour leur réussite et leur pérennité de nouvelles formes de salariat et un nouveau management. Elles nécessitent une insertion harmonieuse dans chacun des territoires où elles seront créées. Leurs performances seront liées au respect de nouvelles contraintes environnementales, sociales et technologiques. En ce sens GERMEA offre une approche pluridisciplinaire rigoureuse de sciences sociales (économie, sociologie, gestion...) et de sciences d'ingénieur (agronomie, statistiques, big data,...), autant de compétences croisées dont la production est dans l'ambition de Toulouse INP. » Catherine XUEREB, Présidente de TOULOUSE INP
« Les entreprises de production agricole doivent s’adapter aux changements engendrés notamment par les processus en cours de transition agro-écologique et numérique.
Dans ce cadre, l’ENSAT souhaite accompagner les innovations organisationnelles qui sont nécessaires particulièrement sur le volet des sciences humaines et sociales.
Grâce à la chaire GERMEA, qui met en lumière des partenariats forts avec des groupes leaders de l’agriculture et de l’agroalimentaire, des entreprises pourront se nourrir des résultats de la recherche et se doter d’outils de formation continue destinés à leurs cadres. » Pascal LAFAILLE, Directeur de Toulouse INP-ENSAT
La filière carottes
dans le Sud-Est
Un axe de développement stratégique pour Arterris
Représentant un volume de production de plus de 530 000 tonnes par an, la carotte est le deuxième légume frais le plus consommé par les ménages français (source : Carottes de France). Au sein de la coopérative d’agriculteurs Arterris, cette filière représente 600 tonnes / an et une quinzaine d’adhérents producteurs. Si ces dernières années, les bassins de production de carottes se concentrent majoritairement en Bretagne, Normandie ou encore en région Aquitaine, c’est dans le Sud-est de la France qu’Arterris voit un axe de développement fort. En témoigne Thomas Arsac, producteur de carottes en Camargue.
Une culture à forte valeur ajoutée
La carotte a la particularité d’avoir un cycle de récolte qui se déploie sur 10 mois, soit une production quasiment continue qui permet aux consommateurs de
profiter de ses bienfaits à toutes les saisons et aux
agriculteurs de récolter pratiquement toute l’année. Cette
production se sème entre février et juillet et met quatre mois et demi pour pousser, un délai relativement court par rapport à d’autres cultures. Les récoltes s’échelonnent quant à elles de juin à mars. Cette culture s’adapte aussi particulièrement bien aux exploitations céréalières en s’inscrivant dans le processus de rotation, ce qui garantit un revenu tout au long de l’année aux céréaliers.
Totalement mécanisée, la culture de la carotte ne nécessite par ailleurs pas de main d’œuvre particulière. La coopérative Arterris accompagne ses adhérents dans cette production en mettant à leur disposition le matériel et les équipements spécifiques nécessaires (semoir pneumatique de précision, buteuse juste avant semis, arracheuse). Par ailleurs, partenaire du groupement Kultive, Arterris valorise la carotte cultivée en plein champs et en circuit court.
Le Sud-Est, une région stratégique : témoignage de Thomas Arsac
Thomas Arsac, 39 ans, est producteur de carottes en Camargue depuis 7 ans en complément de son activité de céréalier (riz principalement mais aussi blé, tournesol, semences hybrides). Il possède une exploitation de 18 hectares de carottes primeur (premières de l’année) et produit 30 tonnes/hectares par an.
Il fait partie des deux seuls producteurs de carottes en
Camargue et trouve de nombreux avantages à cette
culture : « c’est une culture plus rentable que la production céréalière, et qui peut se pratiquer toute l’année, à l’exception des mois de mars à mai. Nous sommes une région avec beaucoup d’eau qui se prête bien à cette culture ».
Arterris s’investit afin de relocaliser la production de carottes destinée au marché du frais dit de « 1ère gamme » sur ce territoire du Sud Est. En effet, la demande de carottes venant de Provence est croissante sur le marché, tandis que la production dans le Nord de la France diminue.
Les agriculteurs intéressés par cette culture en PACA peuvent se rapprocher du technicien Carottes Louise Le Goallec : llegoallec@arterris.fr
© Photo : Vincent BALDENSPERGER