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Hebdo N°38 - Vendredi 22 octobre 2021

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Actualités de la filière

Rubriques

« 1 jeune, 1 mentor »



La Coopération Agricole s’engage auprès du Collectif Mentorat pour favoriser la réussite scolaire et l’insertion professionnelle des jeunes

A l’occasion d’un événement hier matin, Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole et Christophe Paris, président du Collectif Mentorat ont signé ensemble une convention de partenariat dans le cadre de l’initiative gouvernementale « 1 jeune, 1 mentor ». La signature de cette convention témoigne de l’engagement des coopératives agricoles, actrices majeures de la dynamique socio-économique des territoires, à soutenir la réussite éducative des jeunes et à accompagner leur insertion professionnelle.

Dans la lignée de l’engagement pris en avril dernier dans le cadre du dispositif gouvernemental « 1 jeune, 1 solution », La Coopération Agricole a réaffirmé son engagement en signant hier matin une convention de partenariat sur le mentorat, avec un collectif d’associations. Fidèle à la solidarité et à l’ancrage territorial qui sont au cœur du modèle coopératif, la fédération poursuit ainsi son investissement au service de la réussite et de l’insertion professionnelle des jeunes. 

Par cet engagement auprès du Collectif Mentorat et des quatre associations partenaires que sont Article 1, Chemins d’Avenirs, Entraide Scolaire Amicale et Proxité, La Coopération Agricole entend travailler activement à mobiliser son réseau de coopératives afin de participer à atteindre l’objectif fixé par le Gouvernement de porter à 100 000 le nombre de mentors en 2021 et à 200 000 en 2022. Grâce à cette impulsion, les salariés et agriculteurs-adhérents volontaires issus de coopératives agricoles pourront s’engager bénévolement à transmettre leur savoir-faire afin de permettre à chaque jeune, quel que soit son milieu social et sa situation géographique, de trouver sa voie professionnelle et de s’y engager en confiance.

« Cette convention de partenariat en faveur de la réussite scolaire et de l’insertion professionnelle des jeunes est une évidence pour le réseau coopératif, impliqué au cœur du dynamisme économique et social des territoires ruraux. Aussi, cet engagement peut être l’occasion, pour les jeunes, de découvrir la diversité des métiers et les opportunités professionnelles qu’offre le secteur alimentaire. Un secteur au cœur des transitions qui a besoin de tous les talents pour répondre aux nouveaux enjeux économiques, sociétaux, environnementaux et numériques », déclare Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.

« C’est la première fois que le Collectif Mentorat, créé en 2019 à l’initiative de huit associations souhaitant mettre en commun leur énergie pour développer le mentorat en France, signe un partenariat de cette envergure. L’engagement de La Coopération Agricole et des coopératives agricoles est très précieux pour nous permettre de continuer à favoriser la réussite scolaire et l’insertion professionnelle d’un maximum de jeunes sur l’ensemble des territoires », indique Christophe Paris, président du Collectif Mentorat.

« Le mentorat est un outil puissant pour permettre à chaque jeune de trouver sa voie, c’est un enjeu majeur d’égalité des chances. Avec « 1 jeune, 1 mentor », nous avons pour objectif que chaque jeune qui le souhaite puisse être accompagné et cela passera par l’engagement des entreprises et des filières. La Coopération Agricole, en signant cette convention de partenariat avec le Collectif Mentorat, prend toute sa part dans la mobilisation nationale pour notre jeunesse », précise Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’Emploi et à l’Engagement des entreprises.

Comité de pilotage

de la filière Blé dur



Blé dur : Persévérer
pour viser la régularité !

Les industriels Français, nos clients européens et pays tiers ont tous besoin de blé dur. Cependant, les aléas climatiques que nous connaissons depuis plusieurs années rendent les résultats de la culture irréguliers tant en rendement qu’en qualité. Pour autant, sur la durée, la culture du blé dur reste compétitive dans nos territoires.

Entre le prix, la qualité et les aléas en culture, la variabilité du résultat économique de la culture du blé dur est forte. Il est donc difficile de projeter les performances de la culture d’une campagne sur l’autre. Néanmoins, une variabilité forte ne veut pas dire que le résultat global est nécessairement négatif. En effet, en pluriannuel, malgré la variabilité de production, les variabilités de qualité et les réfactions associées, le blé dur reste une culture intéressante.

Pour preuve, si l’on reprend l’arbitrage qui peut être fait avec la culture du blé tendre, moins gourmande en intrants et plus productive, l’intérêt du blé dur reste important dans les zones de production.

L’analyse des données de l’Observatoire ARVALIS-Unigrains et des données CER dans les départements de la Haute-Garonne, du Loir-et-Cher et de la Vendée, montre que le blé dur permet de dégager des marges brutes intéressantes pour la plupart des années. Ces calculs sont issus d’observations réelles, prenant en compte les prix payés avec les réfactions et les différentes stratégies de commercialisation que ce soit en blé dur ou en blé tendre.

En moyenne sur les 13 ans, le différentiel de marges brutes entre blé dur et blé tendre est de 470€/ha en Vendée, 260€/ha en Haute-Garonne et 130€/ha dans le Loir-et-Cher. La variabilité des résultats est importante entre deux années mais il est difficile de ne choisir ces années qu’en fonction du marché, lui-même assez volatile d’une année sur l’autre.

Il est donc préférable de prévoir une place pour le blé dur chaque année dans son assolement pour réduire les aléas économiques, car « viser les bonnes années » est risqué.

Pour renforcer la durabilité de la filière, des travaux sont conduits actuellement, avec l’appui d’ARVALIS, pour rendre le blé dur plus résilient dans les assolements et limiter les risques techniques ou économiques. Par exemple, des recherches sont engagées sur la tolérance variétale aux aléas climatiques et aux maladies mais aussi sur les leviers technico-économiques au sein des exploitations productrices de blé dur.

 

 

 

Frédéric GOND,
Président du Comité de Pilotage
de la Filière Blé Dur

Promulgation

de la loi EGalim 2



De nouvelles avancées au profit
de la rémunération des agriculteurs !

La proposition de loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs portée par le député Grégory Besson-Moreau vient d’être promulguée au Journal officiel du 19 octobre 2021. Cette loi introduit de nouveaux dispositifs de régulation et de transparence au profit d’une meilleure rémunération des agriculteurs français.

Dès juillet 2017, les Etats généraux de l’Alimentation ont acté la nécessité d’agir concrètement pour une meilleure rémunération des agriculteurs français. Ce travail a été initié avec loi Egalim de 2018 qui a permis d’entamer la « marche en avant du prix » c’est-à-dire une meilleure prise en compte des coûts de production agricoles dans la formation des prix d’achats aux agriculteurs.

Cependant, des dispositions préexistantes, notamment celles de la loi de modernisation de l’économie de 2008, freinaient la pleine concrétisation de ses effets à la faveur d’une concurrence effrénée entre enseignes. Ainsi, à l’issue d’un important travail parlementaire et des conclusions de la mission de Serge Papin, de nouveaux dispositifs de régulations et de transparence ont pu être conçus et votés par les deux chambres sur la base de la proposition de loi le député Grégory Besson-Moreau.

Cette loi dite « Egalim 2 » marque donc un tournant dans les relations commerciales au sein de la chaîne alimentaire permettant de passer de la défiance à la confiance entre les différents maillons. Elle garantira une meilleure prise en compte des coûts de production des agriculteurs, permettra de mieux respecter le tarif des industriels et renforcera les mentions d’origine des viandes en restauration ainsi que pour certains produits à forte composante agricole. Cette nouvelle loi doit porter des résultats concrets dès les prochaines négociations commerciales.

Sa promulgation constitue une nouvelle étape et les décrets permettant sa mise en œuvre seront pris rapidement. Ce travail a déjà débuté en lien avec l’ensemble des parties prenantes et sera notamment suivi de près lors du prochain comité de suivi des relations commerciales. Dans le même temps, un dispositif d’accompagnement est mis en place aux côtés des interprofessions et des organisations professionnelles.

Enfin, l’Etat sera extrêmement vigilant quant au respect de cette loi et de ses nouvelles dispositions. Les services de contrôles sont d’ores et déjà mobilisés comme ceux de la médiation pour une implémentation rapide et effective. Le comité de règlements des différends, institué par la loi, sera constitué avant la fin de l’année 2021.

« Cette nouvelle loi permettra à l’agriculture de redevenir ce qu’elle devrait toujours être : un métier d’avenir où la création de valeur pour nos agriculteurs est centrale. Je tiens à saluer le travail mené par les parlementaires en lien avec l’ensemble des représentants de la chaîne alimentaire française pour parvenir à un texte ambitieux, précis et profondément utile pour notre monde agricole. Avec pour maître mot la transparence et la régulation, cette nouvelle loi vient parachever le travail entamé dès 2017 avec les Etats généraux de l’Alimentation. La rédaction des décrets d’application est déjà en cours avec pour objectifs des effets concrets et effectifs dès les prochaines négociations commerciales » a déclaré Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Engrais azotés



Hausse des intrants agricoles et des cours des grandes cultures, la FNAMS craint un impact sur le réseau des agriculteurs multiplicateurs

La forte hausse du cours des engrais azotés constatée ces dernières semaines (+ 95% sur l’urée granulée 46% - source La Dépêche le Petit Meunier entre septembre 2020 et septembre 2021), celle attendue des produits phytopharmaceutiques, du coût de la mécanisation ainsi que la récente hausse du SMIC horaire (+2,2% au 1er octobre 2021) vont avoir des répercussions importantes sur les coûts de productions de certaines cultures de semences. Par ailleurs, des ruptures d’approvisionnement pour certains intrants agricoles sont constatées sur le terrain conduisant des agriculteurs dans une situation d’incertitude sur le déroulement de la campagne 2021/2022. Face à cette situation inquiétante, la FNAMS rappelle aux agriculteurs multiplicateurs de semences que des indicateurs de coûts de production validés au plan interprofessionnel sont à leur disposition sur le site de la FNAMS et peuvent leur permettre d’évaluer l’impact de la hausse du coût des intrants sur leurs porte-graine. Ainsi pour une culture de betteraves sucrières porte-graine la hausse actuelle des fertilisants appliquée aux indicateurs de charges de production conduirait à une augmentation moyenne de charges de 8 % (soit + 420 €/ha). Pour les cultures fourragères les hausses sont évaluées à +12% pour les fétuques élevées (+130 €/ha), +16% pour le dactyle (+170€/ha) et +12% pour les ray-grass d’Italie (+100 €/ha). Pour les cultures potagères ce sont des hausses de coûts de production de 150 à 300 € de l’ha qui ont été estimées à ce stade pour quelques espèces phares (carottes, oignons, persil, betterave rouge). Ne pas en tenir compte dans les contractualisations en cours serait inacceptable pour les producteurs et ferait peser un fort risque de désengagement sur le réseau d’agriculteurs multiplicateurs français hautement qualifié. En effet, bien que l’envol des prix des engrais azotés impacte également le secteur des grandes cultures, le contexte haussier des cours actuels pourrait conduire des agriculteurs multiplicateurs à se désengager des cultures de semences au profit de productions souvent moins risquées au plan technique. Cette situation déjà rencontrée dans les années 2007/2008 n’avait pu se solutionner qu’au travers d’une revalorisation substantielle du prix des contrats de semences. Alors que la loi EGAlim 2 (« Besson-Moreau ») vient d’être adoptée, sacralisant les coûts de production comme socle dans la détermination du prix payé aux producteurs, la FNAMS appelle de ses vœux une prise de conscience de l’ensemble des acteurs du secteur face à cette situation d’urgence inédite. Il en va de la sécurisation de l’approvisionnement en semences pour les campagnes 2022 et suivantes.

Un nouveau président national

pour les Vignerons Coopérateurs de France



A l’occasion de son Conseil qui s’est tenu le 21 octobre 2021, les Vignerons Coopérateurs de France (LCA - VCF) ont élu son nouveau président, ce jour. Joël Boueilh, actuel président de la cave de Plaimont (Sud-Ouest) prend la succession de Boris Calmette qui assurait la présidence depuis 2012.

Les dernières années de présidence de Boris Calmette auront été particulièrement intenses et inédites : une crise sanitaire, un confinement, un terrible épisode de gel, des incendies, des sécheresses, des maladies importantes sur la vigne et une récolte 2021 historiquement basse... Amortisseur de crise, la Coopération Agricole – Vignerons Coopérateurs a été dynamique durant toutes ces années et continuera de l’être avec son nouveau Président.

Toutes ces crises successives subies par la filière depuis plus de 18 mois auront été portées et défendues par la Coopération Agricole - Vignerons Coopérateurs de France (VCF) qui s’est mobilisée pour rétablir au mieux cette situation en lien avec les autres organisations nationales et partenaires européens.

La nouvelle équipe, qui se met en place aujourd’hui, va poursuivre ce travail d’accompagnement des caves coopératives pour renforcer leur résilience et les aider à préparer les profondes mutations qui attendent la viticulture.

« En regardant derrière moi, à l’occasion de mon dernier Congrès en tant que président de La Coopération Agricole - Vignerons Coopérateurs de France, je suis fier des orientations fortes que nous avons données à nos caves coopératives : il nous faut continuer dans cette voie. Toutefois, nous ne pourrons réussir seul ! Les pouvoirs publics doivent nous accompagner dans la mise en œuvre de mesures pérennes pour nos exploitations et nos caves coopératives afin de faire face aux nouveaux défis sociétaux, environnementaux et climatiques. », déclarait Boris Calmette, au Congrès à Colmar, le 1er juillet 2021.

Après avoir remercié le Président Boris Calmette, Joël Boueilh déclare « Les coopératives viticoles sont un acteur majeur de l’aménagement et du dynamisme de nos terroirs et de nos territoires. En parallèle, les attentes de la société nous alertent sur les mutations et les impacts que celles-ci génèreront pour notre activité. A travers une Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), ambitieuse et expliquée, les caves coopératives réussiront à concilier ces enjeux et réconcilier notre société avec ses producteurs. C’est le défi que nous avons à relever. »

Engrais azotés

triplement des prix, risque de pénurie




Vite des mesures d’urgence !

Depuis un an, les prix de l’azote ont triplé et de jours en jours les risques de pénurie en France se précisent. A ce stade, le surcoût pour l’agriculture française pourrait atteindre 4 milliards d’€, sans tenir compte de la hausse des autres charges notamment le coût du gaz nécessaire au séchage du maïs. Les producteurs de grandes cultures appellent ainsi le ministre de l’Agriculture et la Commission européenne à prendre d’urgence des mesures temporaires de suspension des barrières tarifaires à l’importation sur l’azote et à étudier toute mesure de nature à soulager la facture pour les agriculteurs.

La hausse des prix des engrais azotés est liée à celle du gaz, qui est la matière première de base de leur fabrication. Cette hausse pour l’agriculteur est encore amplifiée par l’existence d’un droit à l’importation ad valorem, c’est à dire fonction de son prix (6,5%), ainsi que des taxes antidumping. L’Europe et plus encore la France dont la dépendance aux importations est élevée ont vu les prix augmenter dans des proportions sans commune mesure par rapport au reste du monde.

Les agriculteurs sont d’autant plus inquiets qu’ils rencontrent actuellement des difficultés à s’approvisionner en engrais en prévision du printemps prochain (période d’utilisation), les positionnant dans une situation de grande incertitude par rapport aux mois à venir.

Cette situation vient se greffer à une forte hausse de l’ensemble des engrais (phosphate, potasse), du gaz utilisé pour sécher la récolte de maïs qui débute (à point d’humidité constant, de l’ordre de 15% par rapport à 2020) ou encore des carburants nécessaires au travail agricole. C’est ainsi l’ensemble de nos moyens de production qui est durement affecté. L’impact économique pourrait dépasser 40.000€ sur la campagne pour une exploitation moyenne de grandes cultures !

Les producteurs de grandes cultures doivent aussi vendre leurs productions au prix mondial sur un marché ouvert, alors qu’ils achètent les engrais sur un marché européen protégé par des droits de douane et des taxes antidumping. Cette situation, profondément injuste en temps ordinaire, devient aujourd’hui insupportable.

Ainsi, Eric Thirouin (Président de l’AGPB), Daniel Peyraube (Président de l’AGPM), Franck Sander (Président de la CGB) et Arnaud Rousseau (Président de la FOP) appellent à une prise de conscience au niveau français et européen. Ils indiquent que « de notre capacité à fertiliser nos cultures, dépend notre capacité à les produire qui elle-même, est la condition sine qua non pour assurer la souveraineté alimentaire à l’échelle de notre pays et de notre continent ». Ils réclament donc « une levée immédiate et temporaire des barrières tarifaires à l’importation des engrais azotés pour sécuriser notre capacité d’approvisionnement » et demandent que soient décidées de toute urgence des « mesures d’accompagnement face à ce surcoût pour des milliers d’exploitations ».

Soja français



Une belle récolte en perspective

Face aux enjeux climatiques, la France souhaite transformer de manière durable son système de production agricole, notamment en valorisant les protéines végétales. Alors que la récolte 2021 se termine, la filière du soja français poursuit son développement avec des rendements à la hausse.

Sojaxa, l’association pour la promotion des aliments à base de soja français, se réjouit des prévisions de cette belle récolte. Pour Olivier Clanchin, Président de Sojaxa : « Le marché des produits au soja reste un marché de niche car il représente entre 2 et 3% du total alimentaire, néanmoins les attentes des consommateurs vers plus de naturalité et de santé nous laissent à penser que la filière du soja a de beaux jours devant elle ! ».

La culture du soja en France

Qu’il s’agisse du rendement moyen par hectare ou du prévisionnel de tonnes récoltées, les dernières données Agreste* montrent une nette progression de la culture du soja en France. La production de soja augmenterait ainsi de 13,8%, à 452 800 tonnes, soit un volume proche du record de 2019, soutenu par un rendement élevé cette année, estimé à à 29 q/ha.

Le soja français, une filière d’avenir en plein essor

La culture du soja en France est l’un des facteurs clés de la transition agricole et de l’alimentation durable, cette légumineuse présente de nombreux bénéfices environnementaux, car elle nécessite peu d’intrants et d’interventions dans les champs, mais surtout, elle améliore la structure du sol pour la culture suivante.

Dans l’hexagone, la récolte du soja s’effectue du nord au sud, de mi-septembre à début novembre. Et si le soja est principalement cultivé dans le sud-ouest (57%) et l’est (27%) de la France, l’objectif est d’élargir ces zones de culture à tout le territoire, avec des essais en cours dans l’ouest. Aujourd’hui, 20 % de la récolte est attribuée à l’alimentation humaine ce qui est suffisant pour la fabrication des produits au soja français et plus de 25% du soja cultivé est conduit en agriculture biologique.

Les produits au soja, en réponse aux attentes des consommateurs

Depuis la Crise du Covid-19, les attentes des consommateurs ont évolué. Pour certains, consommer moins mais mieux a encore pris plus de sens d’où la recherche de produits sains et naturels, le souhait de connaître l’origine et la provenance des produit est jugé comme important à 86% (+6pts depuis 2020). De plus, pour 75% des Français sondés, le commerce équitable, l’écoresponsabilité ainsi que la production labellisée « Bio » ou issue de l’agriculture biologique représentent des critères de la consommation responsable jugés comme importants ou très importants.

Ce contexte est favorable au développement d’achats des produits végétaux et bio et plus particulièrement des produits au soja du fait de leurs intérêts santé et environnementaux. D’après les derniers chiffres d’Eurominor 2021***, l’estimation de progression du marché du végétal se situe entre 5 et 6% par an jusqu’en 2025.

Avec l’éveil de la conscience environnementale, l’alimentation végétale se révèle aujourd’hui être une bonne option menée de front par les jeunes générations. Enfin, près de 30% des Français se déclarent aujourd’hui flexitariens ! Les produits au soja par leur richesse en protéines et leur diversité apparaissent comme une solution simple et accessible pour satisfaire leurs besoins !


Plan Protéines Végétales : Le soja français est au cœur d’une stratégie nationale pour le développement des protéines végétales, dotée de plus de 120 millions d’euros par le biais du plan France relance, initié par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation en décembre 2020. Cette stratégie a pour objectif de réduire la dépendance du pays aux importations de protéines végétales et de favoriser son autonomie. Pour relever ce défi, la France vise le doublement des surfaces dédiées d’ici 2030.

versements de la PAC 2021




Versement dès aujourd’hui de l’avance des aides directes et de l’ICHN à plus de 285 000 agriculteurs

Dans le cadre des versements de la PAC 2021, le paiement des avances des aides du 1er pilier et de l’Indemnité Compensatoire de Handicaps Naturels (ICHN) sera engagé à partir du lundi 18 octobre, soit dès le premier jour ouvrable permis par la réglementation européenne. Ces paiements concernent plus de 285 000 demandeurs.

Dès ce lundi, l’Agence de services et de paiement de l’Etat (ASP) engagera les premières avances au titre de la PAC 2021. Ces avances concernent les aides découplées (paiement de base, paiement redistributif, paiement vert et paiement en faveur des jeunes agriculteurs), la plupart des aides couplées animales (aides aux bovins allaitants et laitiers, aides ovines et aide caprine) ainsi que l’ICHN. Elles représentent un montant total de près de 4,5 milliards d’euros.

Ces systèmes d’avances sont adressés à la quasi-totalité des demandeurs de ces aides (95,6 % des bénéficiaires des aides découplées et 93,7 % des bénéficiaires de l’ICHN), soit des résultats historiquement élevés en comparaison aux années précédentes.

De plus, les agriculteurs bénéficieront d’un meilleur taux compte tenu du contexte de la crise sanitaire. Comme l’an passé, les taux d’avance des aides seront portés à hauteur de 70% (au lieu de 50 %) des montants finaux pour les aides directes et de 85% pour l'ICHN (au lieu de 75 %).

De nouveaux versements seront ensuite réalisés au titre de cette avance, fin octobre et mi-novembre. Ils concerneront notamment les agriculteurs dont les dossiers faisaient encore l’objet d’un contrôle ou complèteront l'avance avec la partie paiement vert pour les exploitants implantant des cultures dérobées sur une période non achevée au moment du premier versement de l’avance.

Le paiement du solde de ces aides interviendra à partir de la mi-décembre.

Bilans de récoltes

lentilles et pois chiche



Des productions soutenues par toute une filière

Terres Univia, l’Interprofession des huiles et protéines végétales, et Terres Inovia, l’Institut technique de la filière, dévoilent les bilans de récoltes lentilles et pois chiches 2021. Si la lentille affiche des rendements très décevants quelle que soit la région de production considérée, la production de pois chiche se maintient malgré les difficultés. Ces deux productions essentielles pour la Ferme France peuvent compter sur quatre dispositifs complémentaires pour accompagner leur développement : des conditions de contractualisation très favorables, une structuration de filière en marche, des activités de Recherche-Développement-Innovation intenses et de multiples débouchés. L’ensemble des maillons de la filière, de l’amont à aval, est mobilisé au service du dynamisme des filières lentilles et pois chiche.

Des campagnes lentilles et pois chiches 2021 contrastées

Une année atypique en lentille : des conditions climatiques défavorables

Les surfaces de lentilles pour l’année 2021 étaient plutôt en stagnation ou en recul par rapport à 2020 qui comptait 35 520 ha de surfaces de production. Le bilan de campagne met en avant une récolte très décevante sur tout le territoire, avec des rendements nets 2 à 3 fois inférieurs au rendement moyen observé sur les trois dernières années : 8 q/ha dans l’Aube, la Marne et l’Yonne (vs 27,3 q/ha), 6 q/ha en Centre-Val de Loire (vs 15 q/ha), 3 q/ha dans le Sud-Ouest (vs 8,6 q/ha), 4 q/ha en Haute- Loire (vs 5,6 q/ha) et 6,5 q/ha en Nouvelle-Aquitaine (vs 18,6 q/ha).

Les pluies importantes sont en partie responsables de la faiblesse des rendements cette année : développement d’adventices, relance de la floraison, verses compliquant les récoltes, taux important de graines au sol, graines germées (40 % dans certaines zones). Les récoltes ont ainsi été retardées de 15 jours à 1 mois. Sur l’ensemble des bassins de production, la qualité des graines de lentille est en deçà des critères habituellement attendus : petits calibres, nombreux défauts relevés (graines moisies, fripées, cassées, ou présentant des défauts de couleur).

Pois chiches : une récolte plutôt stable selon les régions

Les surfaces de pois chiches étaient stables en 2021 (environ 23 500 ha, comme en 2020). Les projections de Terres Inovia envisagent par ailleurs une hausse des surfaces pour 2022. Le bilan de récolte pois chiche 2021 affiche des rendements corrects au vu des conditions climatiques de l’année: 17q/ha net dans le Sud-Ouest (vs 23 q/ha en moyenne sur les trois dernières années), 20 q/ha net dans le Sud-Est (vs 19 q/ha) et 10 q/ha dans les autres secteurs de production (vs 16q/ha). Dans le Sud de la France, la culture montre une certaine résilience puisque les rendements restent honorables malgré les conditions climatiques difficiles. En revanche, dans les autres régions de production, les cultures ont été plus décevantes.

Le début de campagne a été marqué par des conditions sèches et la croissance des plantes a été contrainte par la fraîcheur au mois de mai. Pour autant, les composantes de rendement ont été bien en place dans le Sud de la France au mois de juin. L’ascochytose est arrivée tardivement et n’a pas limité les rendements (Sud de la France). Les pluies ont là aussi décalé les récoles (hors Sud-Est) à fin août-septembre (au lieu de fin juillet à fin août) et une dégradation de la qualité des graines (hors Sud-Est) avec l’observation de champignons saprophytes et de graines vertes sur les échantillons récoltes. Quelques graines germées ont été notées.

« Si la France est le premier producteur de lentilles en Europe, la récolte de cette graine est très décevante cette année en raison des aléas climatiques. Mais rappelons-nous que les années 2016- 2019 étaient particulièrement favorables à cette production. La récolte de pois chiche tire son épingle du jeu. Les très jeunes filières lentille et pois chiche françaises ont de belles perspectives de développement : la demande est au rendez-vous et les débouchés sont nombreux. Nous sommes en capacité en France de couvrir nos besoins en lentilles et pois chiche. Si chaque maillon de la chaîne se mobilise, nous ne retomberons pas dans la grande importation et pourrons sécuriser les revenus des producteurs », déclare Antoine Henrion, agriculteur et président de Terres Univia.

Quatre leviers complémentaires pour soutenir les filières lentille et pois chiche

La contractualisation

Les filières lentilles et pois chiche offrent la possibilité aux agriculteurs de contractualiser jusqu’à 100 % de leur récolte, permettant ainsi une garantie d’achat et de prix, et une sécurisation des revenus à court terme. La majeure partie des productions est d’ailleurs sous contrat depuis deux ans. Les opérateurs travaillent en ce moment même sur les contrats en prenant en considération les termes de compétitivité actuelle avec les autres cultures dont les prix sont élevés.

Structuration de filières locales

Depuis 2020, plusieurs démarches territoriales, mobilisant Terres Univia et Terres Inovia, sont menées pour développer et structurer les filières des protéines végétales partout sur le territoire. Les structurations régionales permettront de sécuriser et de multiplier les débouchés (restauration collective, produits innovants...) et de valoriser les productions durablement.

Innovation technique et Cap Protéines

Les activités de recherche et développement de Terres Inovia accompagnent la production de lentille et de pois chiche afin de proposer des variétés adaptées aux conditions françaises et d’optimiser les itinéraires techniques (sécurisation de l’implantation, gestion du désherbage et de la bruche...). Cap Protéines, le programme de recherche, développement, innovation et transfert du Plan Protéines lancé par les pouvoirs publics dans le cadre de France Relance, a ainsi permis en 2021 de constituer le 1er réseau multipartenarial d’évaluation des variétés de lentilles et d’étoffer le réseau des variétés de pois chiche : 8 variétés de lentille de tous types (blonde, corail, noire, et verte) sont testées sur 13 essais et 11 variétés de pois chiche dans 15 essais. Des observatoires d’une dizaine de parcelles, menés par Terres Inovia en partenariat avec les chambres d’agriculture, sont aussi mis en place dans cinq régions afin de renforcer l’acquisition des connaissances pour conduire des cultures de pois chiche et de lentille robustes. Par ailleurs, un outil d’aide à la décision pour insérer les légumineuses dans les systèmes de culture, en prenant en compte leur intérêt économique et les bénéfices qu’elles apportent en fonction de la région, est en cours de conception.

La consommation au rendez-vous et de nouveaux débouchés

48 % des Français consomment des légumineuses au moins une fois par semaine1. Ce chiffre témoigne de l’engouement croissant des consommateurs pour les légumineuses. Si la consommation de protéines végétales est en hausse, elle est stimulée par la multiplication des débouchés possibles pour les lentilles, pois chiches, et autres légumineuses qui permettent de valoriser les co-produits des lentilles et pois chiche (graines fragmentées notamment) : farines pour l’alimentation humaine, utilisation en alimentation animale, multiplication des plats à base de légumineuses dans les rayons des supermarchés...

1 Résultats de l’étude CRÉDOC, Comportements et attitudes alimentaires en France, mai 2021 réalisée pour Terres Univia dans le cadre de Cap Protéines.