
Marché des céréales
Le cours du blé reste bien orienté,
celui du maïs est toujours sous pression
Blé
Le marché du blé à Chicago a perdu pratiquement la moitié de ses gains de la semaine précédente et reste sous pression en raison, essentiellement, d’une faible performance des blés américains sur le marché mondial. Le rapport USDA sur l’offre et la demande de blé publié ce jeudi n’a guère apporté de soutien au marché américain. La production mondiale s’établit à 731 Mt et les stocks de fin de campagne se resserrent à 260 Mt. Ainsi, le département de l’agriculture a revu à la baisse sa prévision de production pour l’Australie de 1,5 Mt, la plaçant à 18,5 Mt seulement, et celle de la Russie de 1Mt. Mais ces baisses ne font que confirmer les anticipations du marché.
De notre côté de l’Atlantique, les prix du blé restent bien orientés. Si l’activité export ne s’emballe pas, la diminution de la pression concurrentielle de la Russie et la baisse de l’euro soutiennent les cours.
En effet, cette année la Russie exporte ses grains à un rythme effréné. Depuis le 1er juillet, 15,7 Mt de grains ont été chargés dans les ports russes, dont 14,5 Mt de blé, soit une hausse de 26 % par rapport à l’an passé. Même si les autorités ont affirmé à maintes reprises qu’elles n’entendaient pas restreindre les exportations, ces déclarations n’ont pas convaincu les négociants qui maximisent les ventes en début de campagne. Mais ces dernières semaines, il semblerait que de nouvelles mesures soient mises en place par les autorités phytosanitaires russes afin de ralentir le flot des exportations.
Cette perspective conduit FranceAgriMer a un peu plus d’optimisme sur les exportations françaises. L’établissement prévoit ainsi des exportations vers Pays-Tiers à 8,8 Mt (contre 8,5 Mt le mois dernier). L’export de blé français progresse fortement sur l’Algérie, avec 1,798 Mt d’embarquements sur trois mois (+53 % en glissement annuel). Et même si les contacts récents entre la Russie et l’Algérie constituent une menace pour le blé français, selon FranceAgriMer, cela ne devrait pas se concrétiser dans l’immédiat. Toutefois la prudence est de mise et la nécessité de répondre aux exigences qualitatives du marché export reste un défi primordial pour le blé français.
Le cours du blé reste quasiment inchangé sur le marché français.
Même si les semis de blé et d’orge progressent, les conditions sèches sont peu favorables aux cultures. Dans sa note de conjoncture sur la climatologie du 8 octobre, Agreste souligne que la pluviométrie a été déficitaire sur l'ensemble du territoire (- 71 % par rapport à la normale) au cours du mois de septembre. Ainsi, au 1er octobre, l’indice d’humidité des sols est déficitaire sur l'ensemble du territoire.
Orge
Le marché de l’orge continue à s’illustrer par son dynamisme et sa fermeté. Cette semaine, en rendu portuaire, les primes s’apprécient et passent nettement au-dessus de celles du blé tendre, notamment sur la période de livraison février à avril.
La Jordanie a finalisé cette semaine un achat de 60 kt, à 276 $ C&F, soit le prix le plus élevé depuis le début de la campagne. Face à cette hausse des prix, les opérateurs s’attendent à un prochain retour de l’Arabie Saoudite aux achats.
Forte demande, et offre restreinte, les prix, logiquement, continuent de progresser.
Maïs
Le cours du maïs sur le marché à terme de Chicago consolide ses gains de la semaine passée. Le rapport USDA n’est finalement pas venu contrarier la tendance de reprise des cours. Même si le Département Américain revoit à la hausse les stocks étasuniens et mondiaux, ce que retient le marché c’est d’une part les excellentes ventes à l’exportations et d’autre part la révision à la baisse du rendement moyen aux Etats-Unis. La récolte progresse moins vite que prévu et les conditions climatiques pluvieuses compliquent les travaux.
A contrario, sur le marché européen, l’ambiance reste atone et plutôt baissière, compte tenu du flux des importations en provenance des pays-tiers.
FranceAgriMer revoit légèrement à la baisse la production nationale de maïs grain à 11,5 Mt au regard des rendements décevants et surtout de la diminution des surfaces.




