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Hebdo N°20 - Vendredi 25 mai 2018

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Actualités de la filière

Rubriques

Quand l'agriculture

nourrit les abeilles !


 

15 kg de miel produit en 8 jours
au cœur des grandes cultures

Bonne nouvelle : après une succession d'années noires pour l'apiculture, les premiers indicateurs de production 2018 sont au vert.

Le secteur apicole traverse une crise profonde et structurelle depuis plus de 20 ans. Conséquences : une diminution du nombre d'apiculteurs expérimentés et un vieillissement de la population. Le nombre de ruches et d'abeilles reste néanmoins à peu près stable grâce aux exploitations professionnelles. Les raisons de la crise sont multiples : perte de biodiversité, mauvaises conditions hivernales récurrentes, enjeux sanitaires et pollution. « L'arrivée du Varroa aux début des années 80 a été un tournant majeur. La faiblesse de l'innovation scientifique et technique et le manque de volonté politique pour mettre en place des programmes de lutte collective ont conduit à un désastre sanitaire. A cela s'ajoute depuis trop longtemps une ressource alimentaire insuffisante pour les abeilles » déplore Philippe Lecompte, apiculteur bio professionnel en Champagne et Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles. Sans fleurs, pas de pollen et pas de nectar ! Or le pollen est indispensable au maintien de la défense immunitaire des abeilles et le nectar est la base de la production de miel.

Les agriculteurs au chevet des abeilles

Longtemps accusés à tort de tuer les abeilles, les agriculteurs sont en réalité les pères nourriciers des butineuses lorsqu'ils produisent des cultures mellifères. C'est le cas des oléagineux comme le colza et le tournesol. D'autres productions végétales telles que la luzerne et la lavande constituent des sources d'alimentation riches en nectar ou le sarrazin, en fort développement, qui apporte pollen et nectar ; ce qui explique que les abeilles les plébiscitent. « C'est particulièrement vrai ce printemps » se réjouit Philippe Lecompte. Comme d'autres apiculteurs champenois, il vient d'enregistrer des productions de miel de plus de 15 kg grâce au colza ces 8 derniers jours. « Ce qui compte avant tout pour les abeilles, c'est la présence d'une ressource alimentaire satisfaisante. » Et au cœur de la Champagne crayeuse, malgré l'utilisation de pesticides par les agriculteurs, les abeilles font leur miel et se portent bien. Le secret est simple et bien connu : le respect de la réglementation sur l'usage des pesticides pour protéger les pollinisateurs d'une part, et les échanges permanents entre agriculteurs et apiculteurs d'autre part. Le partage du territoire et le maintien des équilibres est une réalité dans la plupart des régions de France. « On parle toujours du train qui arrive en retard et jamais de tous les autres qui sont à l'heure. En apiculture, c'est la même chose : on ne parle jamais des apiculteurs dont les abeilles se portent bien. On ne parle pas assez non plus de la bonne entente entre apiculteurs et agriculteurs. C'est pourtant ce qui est vécu dans de très nombreuses situations » souligne Jean Fedon, apiculteur en Limousin depuis 1960. Voilà pourquoi il faut que les abeilles puissent continuer à bénéficier de ces ressources alimentaires qui ne doivent pas disparaître mais s'améliorer. La menace est pourtant bien réelle avec une multiplication des contraintes techniques et l'arrivée de nouveaux parasites. Apiculteur en Champagne, Jean Luc Ferté dénonce « l'imposture intellectuelle qui consiste à accuser les produits phytosanitaires en bloc. On n'a pas la moindre donnée sur la part qui revient en propre au fameux nuage de pollution diffuse dont on peut légitimement douter de l'importance, en raison de son caractère hyper dilué. » Les agriculteurs doivent continuer à bénéficier d'une palette d'outils à leur disposition pour produire des cultures pollinifères et nectarifères et offrir ainsi aux abeilles et à l'ensemble des pollinisateurs sauvages les biotopes les meilleurs pour eux.

Une approche européenne

La mobilisation du monde agricole pour les abeilles sera au cœur de la 7e édition de la Bee Week (Semaine Européenne des Abeilles et de la Pollinisation) qui se tiendra à Bruxelles du 26 au 28 juin 2018. Co-fondé par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, cet événement devenu incontournable année après année réunit désormais le Parlement européen, la Commission européenne, l'Université de Liège, les agences des Nations Unies et l'ensemble des parties prenantes comme BeeOdiversity ou l'EBPA (association européenne des apiculteurs professionnels). Alors que se tient la Journée Mondiale de l'Abeille ce dimanche 20 mai, il est urgent de répondre aux enjeux de la filière apicole. Les réponses sont multiples. Sous l'impulsion de la Bee Week, la PAC (Politique Agricole Commune) vient de prendre en compte les besoins de l'apiculture grâce à une mesure incitative en faveur des jachères apicoles. Les agriculteurs sont donc encouragés au plan réglementaire à mettre en place ces oasis de biodiversité. Au lieu de laisser une parcelle en jachère, les agriculteurs sèment des mélanges de fleurs spécialement sélectionnées pour leur richesse en pollen et en nectar. De tels aménagements sont particulièrement efficaces puisque leur présence sur moins de 0,5% de la zone de butinage des abeilles assure en moyenne les deux tiers de l'alimentation en pollen des colonies. D'autres actions sont possibles dans le milieu agricole et seront au cœur des débats de la prochaine Bee Week.

AMENDEMENT GLYPHOSATE


 

« Non ! Nous n'avons pas le pouvoir
de faire disparaître des amendements,
mais nous pouvons contribuer à trouver
des solutions d'avenir pour l'agriculture
et l'alimentation. »

 
Récemment, Mme Delphine BATHO a porté des accusations quant à la responsabilité des membres de l’UIPP dans l’échec de son amendement concernant l’interdiction du glyphosate. Au-delà de certains raccourcis rapides, l’UIPP s’interroge sur cette volonté politique qui cherche des responsables faciles face à l’échec de propositions qui consistent d’abord à interdire des solutions avant même d’en prévoir d’autres.
 
L’UIPP a été informé du contenu de cet amendement dès lors qu’il a été rendu public. A la suite de cette information, nos entreprises ont échangé avec certains élus de leur circonscription afin d’apporter un éclairage complet leur permettant de disposer de tous les points de vue et de se faire un avis pour prendre les décisions qui leur semblent bonnes.
Par ailleurs, il est normal que nous soyons informés des évolutions législatives et réglementaires qui encadrent notre secteur et que nos entreprises dialoguent avec les députés de leur territoire pour donner à connaitre la réalité des métiers et du terrain.  C’est ce qui se passe au quotidien pour tous les secteurs d’activités : santé, transports, alimentation…
 
Mais, jusqu’à preuve du contraire, les entreprises ne sont pas des élus de la République, ne votent donc pas les textes en commission et nous n'avons pas le pouvoir de faire disparaitre un texte d’amendement entre deux commissions.
Et heureusement !
 
Par conséquent, en lieu et place d’entretenir les Français dans certains « fantasmes de complot », ne serait-il pas plus efficace de trouver ensemble de véritables solutions ? La situation actuelle liée au glyphosate est emblématique de ce que nous soulevons avec les agriculteurs et les scientifiques depuis plusieurs mois et récemment encore pendant le SIA : on ne peut pas soustraire une solution sans en apporter une autre, on ne peut pas juste interdire sans prévoir.
Bon nombre de scientifiques publics et privés ont avoué ne pas pouvoir, en trois ans, disposer d’une solution sûre pour le citoyen, efficace pour les agriculteurs et répondant à l’un des cadres réglementaires les plus stricts au monde.
 
Pour conclure, l’industrie de la protection des plantes représente aujourd’hui un coupable idéal, alors même que nous contribuons et contribuerons encore à faire évoluer les solutions de protection des cultures en mettant tous nos moyens de recherche au service d’une volonté citoyenne légitime.

Agriculture / Agroalimentaire

et technologie



    

L'ESEO et l'ESA lancent un Mastère Spécialisé AgTech®

Le numérique et les objets connectés optimisent et transforment la production agricole et font évoluer les métiers du secteur. Pour répondre à cette mutation, l’ESEO et l’ESA à Angers lancent à la rentrée 2018 un bac+6 innovant : le Mastère Spécialisé AgTech®, nouvellement accrédité par la CGE. L’enjeu : former des professionnels créant de la valeur en agriculture et agroalimentaire par l’usage des nouvelles technologies numériques.

Le numérique et les objets connectés : les nouveaux outils de pilotage des exploitations agricoles

Le smartphone, les capteurs, les stations météo ou encore les drones sont devenus un outil de pilotage des exploitations agricoles. 70 % des agriculteurs installent des applications professionnelles et on constate une augmentation de 110 % de l’utilisation des applications professionnelles entre 2013 et 2015 (rapport agriculture-innovation 2025 du ministère de l’Agriculture). L’AgTech® (Agriculture Technologique) bouleverse le secteur et répond aux problématiques actuelles et futures : qualité et sécurité alimentaire, défi écologique, augmentation de la population estimée à 30% sur les 10 prochaines années, rentabilité des exploitations, etc. Les solutions apportées par le digital permettent aux agriculteurs d’accéder à des données en temps réel sur le suivi des récoltes et le calcul du rendement, la température des sols, l’humidité de l’air, l’état physiologique des animaux. Ainsi, l’AgTech® vient faciliter le travail des agriculteurs, améliorer leurs performances, et connecter les agriculteurs et les consommateurs via des domaines variés : objets connectés, logiciels de gestion, crowdfunding spécialisé, marketplace… Le besoin de formation devient essentiel pour réussir cette transformation numérique.

Accompagner la transition de l’agriculture vers le numérique

Dans ce contexte, l’ESEO, grande école de la transition numérique, et l’ESA, école supérieure d’agricultures, lancent en partenariat à partir de la rentrée 2018 la formation « AgTech® -Innovation numérique et connectée pour la création de valeur en agriculture et agroalimentaire », accréditée depuis mars 2018 par la Conférence des Grandes Écoles (CGE) au titre de Mastère Spécialisée. L’objectif : accompagner les entreprises des secteurs de l’agriculture ou de l’agro-alimentaire dans leur transition numérique en formant des experts capables de valoriser les possibilités offertes par les nouvelles technologies numériques (robots, capteurs, objets connectés, modélisation) et par la gestion innovante des données (stockage et traitement).  Ce premier bac+6, d’une durée de 15 mois, est une formation innovante délivrée conjointement par l’ESA et l’ESEO à Angers. Elle s’adresse aux diplômés bac+5, ingénieurs ou masters, étudiants ou professionnels, et s’effectue en formation initiale ou continue.

« L’agriculture embarque de plus en plus d’outils de l’électronique et du numérique, ce qui place ce secteur au cœur de la transformation numérique. Permettant de mieux modéliser, analyser et optimiser les systèmes de production et de transformation, ces nouveaux outils seront la clé de l’innovation, de la création de valeur et de la compétitivité du secteur à l’avenir. Alliant l’expertise reconnue de l’ESA et de l’ESEO, la formation AgTech® a pour ambition de préparer les acteurs de cette nouvelle ère. » expliquent René Siret, directeur général de l’ESA et Olivier Paillet, directeur général de l’ESEO.

Une formation professionnalisante avec une mission en entreprise de 6 mois

  • Les étudiants sont impliqués dans des projets commandités par les entreprises partenaires et laboratoires de recherche tout au long du cursus
  • Une mission en entreprise de 6 mois est réalisée par tous les étudiants
  • Des projets et solutions innovants sont co-construits entre les étudiants et les pairs
  • La créativité est développée en mode participatif

Le parcours comprend 4 modules :

  • Technique « ingénierie et science des données »
  • Production « le numérique dans le processus de production de matière première »
  • Transformation « le numérique au sein des entreprises et des filières : de la matière première jusqu’au consommateur »
  • Économie/sociologie et entrepreneuriat « modèles et méthodes innovants dans la fillières agricoles : enjeux économiques et sociologiques »

Quelques exemples de débouchés à l’issue du Master Spécialisé AgTech® :

  • Consultant en transition numérique
  • Consultant en informatique décisionnelle
  • Chef de projets de systèmes IoT, d’outils d’aide à la décision, de systèmes de production optimisés
  • Data Manager

Ils soutiennent le MS AgTech®

« Acteur national incontournable face aux défis de l’agriculture, l’Acta et le Réseau Numérique et Agriculture soutiennent la formation MS AgTech® parce qu’elle répond à leurs besoins et à ceux de tous les partenaires professionnels. Face à l’évolution rapide des métiers, de l’environnement réglementaire et concurrentiel, le secteur agricole a besoin de cadres formés aux nouvelles technologies numériques. » déclare Philippe Lecouvey, Directeur Général d’Acta, les Instituts Techniques Agricoles.

FARMSTAR se lance

dans la culture du maïs



Dès 2019 Farmstar proposera des conseils pour le pilotage des cultures de maïs grain et de maïs fourrage. Une innovation qui confirme la vitalité de ce service dédié à l’agriculture de précision et qui apportera de nombreux avantages aux agriculteurs.

Farmstar est le service leader de l’agriculture de précision en France depuis plus de 15 ans, issu d’un partenariat unique entre les instituts techniques agricoles français (ARVALIS - Institut du végétal, Terres Inovia) et Airbus. En ajoutant le maïs grain et le maïs fourrage à son champ d’action actuel sur le blé, l’orge, le triticale et le colza, le service confirme sa capacité d’innovation continue et sa volonté de rester au plus proche des problématiques des agriculteurs.

Cette nouvelle espèce sera proposée partout en France dès la campagne prochaine, au travers de l’ensemble des distributeurs qui accompagne quotidiennement les 16 000 agriculteurs abonnés à Farmstar. Une gamme complète de conseils allant du suivi du développement du maïs au pilotage de l’irrigation sera livrée via un tout nouveau portail web, plus dynamique et interactif.

« Le maïs grain et le maïs fourrage représentent chacun 1.4 million d’hectares cultivés en France. Notre volonté est de faciliter pour tous les producteurs l’accès aux technologies de pointe afin d’améliorer la compétitivité de leurs exploitations. Dans cette perspective, le déploiement de Farmstar sur maïs s’est imposé comme une évidence » explique Jean-Paul Bordes, Directeur Recherche et Développement chez ARVALIS.

« Les conseils maïs sont actuellement testés sur des parcelles dans le Sud-Ouest », indique Théophile Habimana, responsable commercial chez Airbus. La coopérative Euralis bénéficie actuellement du service en pilote, les résultats de l’expérimentation aideront à la construction de la future offre 2019, pour répondre au mieux aux besoins des producteurs de maïs.