
Marché des céréales
Le monde et les marchés vivent désormais
au rythme du coronavirus
L’intensification de la contamination dans l’Union européenne, l’annonce des premières mesures de confinement dans le monde entier et l’anticipation de la récession globale à venir ont donné lieu à un lundi noir sur toutes les places boursières. La guerre des prix entre la Russie et l’Arabie Saoudite pèse également lourdement sur le prix du pétrole qui a rompu le seuil des $30/baril cette semaine et retrouvé des niveaux plus atteints depuis 2002. La parité Euro/dollar teste également ses plus bas en trois ans (1, 07).
Les marchés des matières premières ont été entrainés à la baisse à la suite des mouvements macro-économiques et fortement marqué le pas en début de semaine. La volatilité des cours est élevée et promet de le rester ces prochaines semaines. En milieu de semaine, le marché du blé de Chicago a rebondi suite à la nouvelle, non confirmée, de l’achat par la Chine d’un volume de blé américain. Le contrat mai 2020 a repris $26cts/bu sur trois sessions.
Le marché Euronext a suivi ce mouvement et opéré un rebond spectaculaire cette semaine pour clôturer à 189,25 €/t hier (+ 15€/t sur la semaine). Cette remontée est également justifiée par la baisse de la parité euro/dollar qui à 1,07 favorise les exportations européennes. Les flux export de l’UE vers les pays tiers restent pour l’instant soutenus avec des stocks suffisants dans les silos portuaires, et le blé français continue de gagner des parts de marché en Afrique de l’Ouest où à la fin janvier la France avait exporté 3,2Mt contre 2,8Mt sur les 4 dernières campagnes (source : France Export céréales). Les primes portuaires ont elles aussi bénéficié du mouvement et les ports de Rouen et La Pallice auraient traité à une prime de +11€/t sur le contrat mai 2020 cette semaine.
Cependant au niveau domestique les problèmes logistiques se multiplient. Partout en France, des conducteurs de camions, trains, barges, invoquent le virus pour ne pas se rendre sur leur lieu de travail. D’autres sont obligés de faire un trajet retour à vide. En conséquence, le prix du fret a augmenté sur tout le territoire même s’il est encore difficile à chiffrer.. Les primes sur le marché intérieur ont également augmenté partout en France, de 2 à 3 euros/t pour le blé. Certains fabricants d’aliments venus de hollande ou de Belgique auraient acheté de gros volumes de rapproché pour constituer des stocks en cas de détérioration de la logistique.
Côté climat, les conditions de récolte en Europe de l’Est s’améliorent grâce à la diminution des précipitations. En France, les conditions de cultures sont notées « bonnes » à 62% contre 78% en 2019 et 10% « mauvaises » contre 2% en 2019 (source : Céré’Obs).




