
Marché des céréales
Des bilans français lourds en blé
et en orge
Blé
FranceAgriMer a publié ce jeudi les premiers bilans français de céréales pour la campagne 2019/2020. La prévision de la production de blé française a été revue à la hausse par Agreste cette semaine et s’affiche désormais à 39,49 Mt. Ce serait la seconde récolte la plus importante jamais enregistrée. Le bilan français est lourd comme le démontre le stock fin de campagne, en augmentation de +32,2 % par rapport à 2018/2019 à 3,267 Mt.
La France devra exporter plus que les deux dernières années pour éviter de terminer la campagne avec des stocks de report trop importants. Pour l’heure, FranceAgriMer prévoit des objectifs d’exportations vers les pays-tiers et l’Union européenne en hausse à respectivement 11 Mt (+13,8 % par rapport à l’an passé) et 8,4 Mt (+ 13,5 % par rapport à l’an passé).
La concurrence va être rude cette année face à l’abondance de l’offre des origines mer Noire. Cette semaine, les décisions de la Banque centrale européenne de ce jeudi ont fait évoluer à la baisse la parité €/$ à 1,0963 et permette à l’origine française un regain de compétitivité appréciable.
Ainsi, les origines française et russe sont à prix équivalent à 185 $/T FOB. Ceci devrait permettre au blé français de faire partie des prochains appels d’offres.
L’USDA a publié son rapport sur l’offre et la demande mondiale le jeudi 12 septembre. Peu d’évolutions sont observées. Le stock mondial de blé tendre a été revu en légère hausse à 286,5 Mt (soit + 1 Mt par rapport au mois dernier). La production de blé des pays exportateurs du bassin de la mer Noire a été revue en légère baisse. Ainsi, le Kazakhstan a une production en repli de 1,5 Mt à 11,5 Mt, dû à la sécheresse qui a sévi sur le pays ces dernières semaines. La Russie et l’Ukraine voient leur production abaissée de 0,5 Mt à respectivement 72,5 Mt et 28,7 Mt. Ces évolutions n’ont guère eu d’impact sur les prix de marché, restant moroses depuis le début de la campagne.
Abares, l’organisme étatique de l’Australie revoit à la baisse l’estimation de production australienne à 19,1 Mt contre 21,2 Mt en juin. La sécheresse qui sévit toujours dans le pays pourrait bien dégrader un peu plus la production.
Au Canada, Statcan a affiché dans son rapport mensuel publié ce jeudi 12 septembre une estimation de production à 32,5 Mt, en légère hausse par rapport à l’an passé à 32,2 Mt.
Blé dur
En France, la production de blé dur a été satisfaisante cette année malgré la baisse des surfaces de -26,9 % à 259 000 hectares (354 000 ha l’an passé). La moyenne nationale des rendements est exceptionnelle à 58,8 qx/ha, soit +14,6 % de plus que la campagne précédente. Ainsi, la production a atteint cette année 1,5 Mt contre 1,8 Mt l’an passé. L’objectif d’exportation de la France est donc revu à la baisse à 1 Mt contre 1,4 Mt sur la campagne 2018/2019. [AP1] La très bonne qualité des blés durs cette année (cf. Enquête Arvalis FranceAgriMer) devrait permettre de répondre aux attentes des clients. En effet, les teneurs en protéines sont très satisfaisantes cette année à 13,9 % (moyenne nationale en 2019) malgré des rendements records. Les poids spécifiques et les indices de chute de Hagberg sont également très bons. Le taux de grains mouchetés est faible, la quasi-totalité de la collecte se situe en dessous de 5 %.
Au Canada, selon Statcan, la production est estimée en baisse à 5 millions de tonnes contre 5,7 l’an passé à date.
Orge
Le bilan français d’orge est lourd pour la campagne 2019/2020 en raison d’une très bonne production.
En effet, celle-ci est estimée à 12,8 Mt selon Agreste. La prévision d’exportation vers les pays-tiers est prévue en hausse de +41,8 % par rapport à l’an dernier, à 3,4 Mt. Pour autant ce ne sera pas suffisant pour garder un stock de report dans la moyenne des 5 dernières années (1 267 kt). Pour la campagne 2019/2020, le stock de report français attendu est ainsi en hausse de +69,2 % par rapport à la campagne précédente, et 1 Mt de plus que la moyenne des 5 dernières années. Ainsi, dans ce contexte de bilans lourds en céréales, les prix de l’orge sont toujours en berne cette semaine.
Maïs
FranceAgriMer a publié le premier bilan de maïs cette semaine. La production française est estimée cette année à 12,1 Mt selon Agreste, du fait de la canicule pendant la période de floraison dans certaines régions.
Face à la pression de l’offre ukrainienne et l’abondance de blé en France, les cours du maïs sont en baisse. Néanmoins, pour l’heure, l’écart entre le blé et le maïs est de 8€, ce qui n’incite pas encore les fabricants d’aliment du bétail à incorporer du maïs. La consommation de maïs des fabricants d’aliment du bétail est attendue en chute de -24 % pour cette campagne à 2,5 Mt. Les industriels devraient incorporer plus de blé cette année. Du côté des exportations, le maïs français ne trouve pas preneur, faute de compétitivité.





