
Marché des céréales
La baisse du dollar pénalise
les céréales européennes
Blé
Les cours des céréales européennes se replient cette semaine en raison essentiellement de la baisse du dollar. Avec un euro/dollar à 1,15, l’origine européenne peine toujours à tirer son épingle du jeu à l’exportation vers les Pays-Tiers. Ainsi, malgré le retour des principaux acheteurs du bassin méditerranéen aux achats, et des chiffres d’exportation françaises satisfaisants sur le premier semestre, la tonalité du marché reste molle et le prix du blé rendu Rouen s’établit à nouveau en dessous de 200 €/t.
Les appels d’offres de l’Algérie et de l’Egypte rappellent aux opérateurs que cette seconde partie de campagne n’est pas gagnée d’avance.
L’office public d’achat des céréales algérien (OAIC) a finalisé ce mercredi un nouvel achat de 550 kt d’origine optionnelle pour livraison février/mars. Les prix des blés français, argentins et américain, rendu à destination, sont ces jours-ci quasiment équivalents, ce qui laisse de multiples possibilités aux chargeurs pour honorer ce denier achat. Même si quelques inquiétudes qualitatives sur le blé argentin subsistent, le pays dispose de suffisamment de blé conforme au cahier des charges algérien à un prix qui reste attractif. Quant aux Etats-Unis, le dollar joue en leur faveur.
Alors que la Russie avait brillé par son absence lors du dernier appel d’offres de l’Egypte le 20 décembre, cette fois-ci les chargeurs ont offert plus de 800 kt de blé à des prix attractifs. Ainsi, le GASC a finalisé 300 kt pour des livraisons échelonnées jusqu’au 10 mars. Cette abondance d’offres de blé russes minimise l’espoir de voir un ralentissement rapide des exportations russes. A noter également dans cet appel d’offres la multitude des origines offertes avec l’Ukraine, la Roumanie, les Etats-Unis et la France aux côté des offres russes.
A destination des pays d’Afrique de l’ouest, les exportations sont décevantes depuis le début de l’année (-29% par rapport à 2017/18). Tiré par la demande algérienne, le prix du blé français apparait bien souvent trop cher pour les autres clients du continent africain qui, cette campagne encore, diversifient leurs sources d’approvisionnement. Quant au Maroc, la décision de maintenir des taxes sur les importations à zéro jusqu’en avril n’est pas en soi un atout pour l’Europe (comme les Etats-Unis) qui habituellement bénéficient sur cette période de quotas d’importation à taux réduits.
Ainsi, malgré une première partie de campagne satisfaisante, avec des embarquements en hausse de 30% par rapport à l’an dernier (4,6 Mt au janvier), FranceAgriMer ajuste à la baisse à 8,7 Mt (-100 kt) les prévisions d’exportations de blé vers les pays-tiers.
Les Etats-Unis subissent leur 21e jour de « shutdown ». Le département américain de l’agriculture a dû se résigner à ne pas publier son rapport sur l’offre et la demande mondiale de grains qui aurait dû paraitre ce vendredi 11 janvier. Dans l’attente du vote du budget américain, aucune nouvelle date n’est fixée.
Orge
Contrairement au marché du blé tendre, les acheteurs ne sont pas encore de retour aux affaires en orge. Toutefois, le marché espère un retour de l’Arabie Saoudite aux achats. En l’absence de nouvelles demandes des Pays-Tiers, les prix acheteur en rendu portuaire faiblissent, mais sans transaction. Les primes sur le marché intérieurs n’évoluent guère.
Maïs
Le flux des importations européennes ne tarit pas et le total des marchandises déchargées dans les ports de l’UE s’élevaient à 11,7 Mt au 6 janvier. Cette semaine, la France réceptionne en Bretagne un nouveau bateau de maïs en provenance de la Mer Noire, et selon les informations du marché, un 4ème devrait bientôt arriver. Toutefois, selon les statistiques de la Commission, les déchargements réalisés en France ne s’élèvent toujours qu’à 34 kt. Rappelons que celle-ci ne comptabilise que les importations en provenance des pays tiers. Tenant compte de l’ensemble des flux, FranceAgriMer relève de 50 kt les importations françaises de maïs qui devraient atteindre cette année 800 kt (contre 605 kt la campagne dernière).




