
Marché des céréales
Arrivée de la récolte australienne
de blé sur les marchés
Blé
Les cours se sont globalement consolidés cette semaine, même si ce mardi, les cours du blé à Chicago ont bondi en raison de mauvaises conditions de développement des cultures aux Etats-Unis pour la récolte 2021. La proportion de surfaces de blé jugées dans des conditions bonnes à très bonnes est passé de 46% à 43%, une baisse de 3 points, en raison du déficit hydrique malgré les pluies récentes.
Au contraire, en France, les conditions de cultures sont pour le moment bonnes, puisqu’au 23 novembre, 96% des surfaces sont dans un état bon à très bon selon Céré’Obs. Les semis sont désormais quasiment terminés (99% à cette date). Au niveau mondial, les surfaces sont estimées à 221,7Mha pour 2021/22, un niveau meilleur que la moyenne, mais en baisse de -1% par rapport à 2020/21.
Dans son dernier rapport publié hier, le CIC a revu la production mondiale de blé en hausse de +1Mt, à 765Mt, en raison de récoltes finalement meilleures qu’attendues en Russie, au Canada, et en Inde.
Dans l’hémisphère sud, la récolte de blé a quant à elle commencé. En Argentine, où 20% des surfaces ont été récoltées, la production s’annonce moins importante que prévu, en raison de rendements dégradés. En Australie par contre, la récolte s’annonce meilleure qu’attendue. Les experts estiment que ce serait la 3ème meilleure récolte depuis 10 ans. Le CIC estime la production australienne à 29,3Mt, soit +0,9Mt par rapport aux estimations du mois dernier, et presque un doublement de la production par rapport à la campagne 19/20 (15,2Mt). L’Australie va donc probablement bien concurrencer les exports US et mer Noire à destination de l’Asie (Indonésie, Chine et Philippines principalement).
Sur les marchés, le blé français reste compétitif. A ce jour, plus d’1Mt de blé français a été exporté vers la Chine, alors que sur l’ensemble de la campagne 2019/20, 1,7Mt ont été vendues vers cette destination. Pour l’heure, selon Stratégies Grain, les exportations de la France à l’international sont estimées à 6,2Mt (contre 13,5Mt en 2019/20), mais il resterait un potentiel d’augmentation d’environ 1Mt, si la compétitivité du blé français demeure. Des exportations autour de 2,5Mt vers la Chine semblent atteignables.
Maïs
Aux Etats-Unis, la demande en maïs est toujours présente, avec 1,09Mt vendues à l’export la semaine dernière, supérieures aux attentes. Les achats de maïs américain par la Chine ont été exceptionnellement importants cette saison en raison de la forte demande en alimentation animale. À la mi-novembre, les engagements d'exportation des États-Unis (septembre/août) vers la Chine totalisaient un record de 11,0 Mt, en hausse par rapport à la moyenne quinquennale d'environ 63 kt. Les cours à Chicago continuent d’être sur une tendance haussière. En Amérique du Sud, les conditions climatiques demeurent sèches, ce qui entraîne une stagnation dans la réalisation des semis en Argentine. Cela vient conforter la hausse des cours.
Dans son dernier rapport, le CIC a revu à la baisse la production mondiale de maïs, à 1 146Mt (-10Mt), en raison de récoltes moins bonnes que prévues en Europe (-2,6Mt), Ukraine (-3Mt) et Etats-Unis (-5,5Mt). Malgré tout, aux Etats-Unis, la production reste en nette hausse par rapport aux années précédentes (368,5Mt, soit +22,5Mt par rapport à 2019/20 et +4,2Mt par rapport à 2018/19). Par contre, en Ukraine la récolte, complétée à 89% à mi-novembre, est estimée à 30Mt, soit près de 6Mt de moins comparé à l’an dernier. Les exportations, vers l’Union européenne notamment, vont donc êtres moindres cette année. Couplées à la baisse de la demande en alimentation animale européenne (cf. Actualités agricoles n°42), les importations européennes de maïs ont été revues à la baisse ce mois-ci (-2Mt), à 20,3Mt.
Orge
Le cours de l’orge profite de la bonne tenue du cours du blé, appuyé par une demande chinoise toujours importante. L’orge s’exporte vers la Chine, au détriment des destinations intra-communautaire. Le bilan français est donc tendu au regard de la récolte 2020 plus faible, ce qui va probablement encore soutenir les prix à l’avenir.
Du côté des semis, ces derniers se sont réalisés dans de bonnes conditions, et 95% des surfaces sont jugées dans un état bon à très bon selon Céré’Obs au 23 novembre.





