Produire local, Agir global : pour une souveraineté alimentaire par une croissance responsable
Ce matin, à l’occasion d’une conférence de presse, La Coopération Agricole a présenté sa plateforme de propositions dans le cadre de l’élection présidentielle 2022. Cette plateforme de mesures dévoile le parti-pris de l’organisation de reconquérir la souveraineté alimentaire par une croissance responsable, s’organisant autour de trois axes indissociables : produire plus, produire mieux et produire durable.
Après avoir posé le diagnostic d’une dégradation du solde agroalimentaire français dans un Rapport économique publié en juillet dernier, La Coopération Agricole tire le fil de la reconquête de la souveraineté alimentaire française au travers de sa plateforme politique pour la présidentielle à venir. Cette contribution sera notamment remise à tous les candidats déclarés lors du premier trimestre 2022 afin d’ouvrir le dialogue autour de cet enjeu crucial de souveraineté.
Face à une trajectoire décroissante qui va à l’encontre des défis majeurs que sont notamment :
- Résoudre l’équation compétitivité et transitions ;
- Nourrir 9 milliards d’êtres humains d’ici à 2050 et répondre à toutes les attentes ;
- Résorber les déficits de production sur certains segments et limiter les importations.
La Coopération Agricole a pris le parti d’une croissance responsable en conciliant puissance productive et transition écologique de la fourche à la fourchette.
Pour parvenir plus concrètement à relever ces défis, la fédération des coopératives, entreprises agroalimentaires ancrées dans les territoires, s’appuie particulièrement sur trois axes indissociables et complémentaires :
1. Produire plus :
- Répondre aux attentes de tous les marchés ;
- Reconquérir les marchés domestiques « perdus » ;
- Répondre à l’accroissement démographique ;
- Permettre à la production française de jouer à armes égales avec ses concurrents.
2. Produire mieux :
- Décarboner les process de production et les flux logistiques ;
- Réduire l’utilisation des intrants ;
- Trouver des alternatives au tout chimique et au tout plastique ;
- Améliorer la biodiversité.
3. Produire durable :
- Assurer le renouvellement des générations et favoriser le recrutement de salariés ;
- Renforcer la résilience et la gestion des risques ;
- Sécuriser et diversifier les revenus en produisant des services pour les territoires ;
- Monétiser les externalités positives.
« Face à une inflation historique du prix des matières premières, une compression continue du taux de marge des coopératives et une dégradation progressive du solde agroalimentaire français, le constat est sans appel : notre souveraineté alimentaire est en danger ! Si l’on veut une alimentation saine, sûre, de qualité et accessible à tous et si l’on veut manger français demain : il est urgent de réunir les conditions nécessaires à une croissance responsable afin de produire plus, mieux et durable », déclare Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.
A l’occasion de sa conférence de presse annuelle qui s’est tenue à Paris le 9 décembre, l’interprofession des semences et plants a réaffirmé le rôle essentiel de la filière et la mobilisation de ses acteurs face aux défis actuels et futurs.
Signature d’un COP entre l’Etat et SEMAE
La synergie entre la mission de service public et les autres missions de l’interprofession doit toujours coexister avec un principe fort d’indépendance et d’impartialité des missions de service public. C’est dans ce cadre que François Desprez, président de SEMAE, Anne-Laure Fondeur, directrice de la Direction de la Qualité et du Contrôle Officiel de SEMAE et Bruno Ferreira, directeur général de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) ont signé, en ouverture de la conférence de presse de l’interprofession, un Contrat d’Objectifs et de Performance.
Ce COP pérennise les missions de service public confiées à SEMAE, garantit la bonne réalisation des contrôles en toute impartialité et indépendance et assure également l’adaptation du système de contrôle de toutes les semences pour toutes les agricultures.
Comme le souligne le président de SEMAE, « La signature de ce COP est un marqueur fort de notre volonté de transparence et d’impartialité. Nous nous engageons à remplir les missions de service public au regard d’objectifs, de moyens et d’indicateurs de performance établis avec l’État de façon lisible et transparente ».
Une mission essentielle
Aujourd’hui, l’interprofession à travers sa mission et ses engagements joue un rôle essentiel dans la réponse aux attentes majeures vis-à-vis de la filière.
Le déploiement des différents axes d’un Projet stratégique ambitieux « Horizon 2024 » est porté par une dynamique collective autour des valeurs clés de SEMAE : ouverture, transversalité, transparence, innovation et responsabilité.
L’interprofession a ainsi élargi la représentation des utilisateurs, au sein du Conseil d’administration, aux syndicats dits minoritaires et permis aux acteurs et opérateurs dans toute leur diversité de rejoindre SEMAE au sein d’une nouvelle Section nommée « Diversité des semences ».
Par ailleurs, dans l’objectif d’une plus grande transversalité, dès l’automne 2021, 4 nouvelles Commissions transversales ont été créées, en complément de celle déjà existante dédiée à l’Agriculture biologique : Réglementation, Innovation, Etudes et Prospective, et Communication. Ces Commissions vont jouer un rôle central pour aborder les sujets communs aux familles professionnelles, permettre de mutualiser réflexions et ressources et garantir un impact plus fort des actions et des messages.
Une filière qui investit dans la recherche
François Desprez a rappelé l’ambition de « maintenir une empreinte forte de l’industrie semencière sur le territoire national, laquelle passe notamment par des démarches d’innovation dont les familles professionnelles de la filière se sont d’ores et déjà emparées pour répondre aux enjeux agricoles et agroalimentaires ainsi qu’aux défis environnementaux, climatiques, mais également économiques ».
Au regard des enjeux et des défis auxquels est confrontée la société, l’interprofession affirme que tous les outils d’amélioration des plantes doivent pouvoir être mobilisés. Les dépenses de Recherche & Développement des entreprises de sélection reflètent cette volonté et représentent près de 12% du chiffre d’affaires de la filière.
Enfin, dans le cadre de son accompagnement des filières en transition agroécologique, SEMAE déploie des programmes de R&D ciblés, tels que le Fonds de Soutien à l’Obtention Végétale (FSOV) et soutient la mise en place de fiches CEPP.
Une filière d’excellence
La filière semences et plants représente un secteur d’avenir en terme économique et permet à la France d’être 1er producteur européen (402.760 hectares) et 1er exportateur mondial de semences agricoles (1,9 Md€ en 2021).
La dynamique de la filière se maintient avec une augmentation de 11% en 5 ans de son chiffre d’affaires.
Face aux évolutions structurelles en cours, les attentes sont très fortes vis-à-vis de la filière des semences et plants et l’interprofession entend porter une voix forte aussi bien au niveau national qu’européen et rappeler la nécessité de disposer d’un cadre réglementaire clair qui permette à l’ensemble de ses acteurs de travailler sereinement.
La filière souhaite également participer aux principaux programmes nationaux et européens, qu’il s’agisse de France 2030 pour « une alimentation saine, durable et traçable grâce à des semences de qualité » ou encore du 4ème Programme d’Investissements d’Avenir centré sur le numérique, la robotique, la génétique.
Des engagements concrets
« A travers le déploiement de son projet stratégique, SEMAE poursuit les engagements pris dans le cadre du Plan de filière en décembre 2017 et apporte des solutions concrètes aux grands enjeux sociétaux, environnementaux et économiques » souligne Pierre Pagès, Vice-président de SEMAE.
Ainsi, afin de mieux répondre aux attentes des citoyens, des consommateurs et des clients, l’interprofession a noué un partenariat avec l’association Euro-Toques qui œuvre pour la sauvegarde et la promotion des produits alimentaires de qualité et d’origine au sein de son réseau européen de chefs cuisiniers et auprès de la Commission européenne à Bruxelles.
C’est dans ce cadre qu’a été signé un Manifeste intitulé « Pour une alimentation saine et une agriculture durable » qui traduit un engagement en faveur de la préservation de la diversité et de l’amélioration variétale des espèces végétales, de la sélection et de la valorisation des produits issus du monde végétal aux goûts et aux saveurs authentiques. Cette démarche souligne également la volonté conjointe des partenaires de contribuer à une alimentation saine reposant sur la traçabilité, une agriculture durable, et à leur promotion sur les tables françaises et européennes.
La filière agit également en matière de biodiversité en contribuant à la protéger, l’enrichir et la diffuser.
Concernant le territoire national, les sélectionneurs privés et publics, mais aussi des associations conservent des ressources génétiques qui, à travers 37 réseaux, permettent le maintien de plus de 36.000 variétés.
Pour accroître les moyens de conservation et de caractérisation des ressources génétiques, un Fonds de dotation pour la préservation de la biodiversité cultivée a été créé auquel SEMAE, unique donateur, a attribué à ce jour 525.000€ qui permettront de financer divers projets.
L’interprofession apporte également son soutien au Fonds de soutien à la maintenance des variétés du domaine public relevant de la Section Plantes potagères et florales, ainsi que, depuis 4 ans, au Fonds de partage des avantages du traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’agriculture et l’alimentation (TIRPAA) dont l’interprofession est le 1er contributeur privé avec 700.000€.
4ème et dernier engagement principal du Plan de filière, confirmé à travers le Projet stratégique de SEMAE, la mise en œuvre d’une chaire d’entreprise avec l’école d’ingénieurs AGROCAMPUS Ouest intitulée « Semences pour demain » qui a pour objectif de réaliser des actions ciblées au service des activités de formation et de recherche, en France et à l’international, et au bénéfice des étudiants, des professionnels de la filière semences et plants et, in fine, des citoyens. Ces actions sont en lien avec les enjeux de diversité, d’amélioration des plantes et de qualité des semences au sein des systèmes agroécologiques et viennent compléter l’offre existante d’AGROCAMPUS Ouest en y apportant une dimension professionnelle supplémentaire.
François Desprez conclut cette conférence en soulignant que le Projet stratégique « Horizon 2024 » s’inscrit dans une démarche volontaire de responsabilité sociétale d’organisation et de filière, et s’appuie sur une transformation profonde de l’interprofession à la hauteur de ses ambitions.