
Marché des céréales
Céréales : les prix évoluent au gré
des conditions climatiques
Blé
L’activité est calme en cette fin de campagne, avec des perspectives de récoltes suspendues aux conditions climatiques à venir. L’impact de la vague de froid en France de ces derniers jours sur certaines cultures comme les betteraves ou la vigne est sévère. Même si les céréales d’hiver devraient relativement mieux franchir ce cap, des dégâts sont à redouter pour les parcelles particulièrement exposées. Malgré ces gelées tardives préoccupantes, Stratégie Grains n’a pas modifié sa prévision de production de blé tendre français, à 36,5Mt.
Cette semaine, les cours ont progressé nettement en raison des conditions sèches dans le nord des Etats-Unis. D’autre part les services météorologiques américains annoncent une nouvelle vague de froid sur les Etats-Unis la semaine prochaine, laissant craindre des dégâts de gel sur les cultures de printemps. Par ricoché le cours du blé tendre sur Euronext a gagné +6,25€ mercredi et +3,25€ ce jeudi.
France AgriMer a augmenté de +100kt les exportations de blé tendre vers les pays tiers et de +50kt les utilisations par les fabricants d’aliments, mais en baissant les exportations vers les pays européens, ce qui augmente légèrement la prévision de stock de fin de campagne.
On charge cette semaine 63kt de blé tendre à destination de l’Egypte. D’après France Export céréales, malgré les taxes à l’export mises en place sur le blé tendre, la Russie reste le principal fournisseur de l’Egypte, que ce soient pour le GASC ou pour le secteur privé. Les achats sur la scène mondiale devraient reprendre vers le mois d’août, la collecte commençant dans quelques jours. La question sera de savoir si les taxes russes seront encore d’actualité sur la campagne 2021/22.
Maïs
Vendredi dernier, l’USDA a révisé à la hausse les exportations de maïs US, traduisant le rythme effréné des ventes de ces dernières semaines (2 675 Mbu contre 2 600 Mbu). Le stock prévisionnel est en baisse, mais de façon limitée, à 1 352 Mbu contre 1 503 Mbu estimés le mois dernier.
Les estimations de l’USDA quant aux importations chinoises de maïs se sont maintenues à 24 Mt, alors que les États-Unis, à eux seuls, en ont déjà vendu plus de 23 Mt. Plusieurs explications pourraient être données : soit l’USDA estimait que les achats chinois seraient déjà complétés et en provenance quasi totale des États-Unis pour 2020/2021; ou l’USDA anticipait que la Chine annulerait des ventes de maïs lorsque la récolte brésilienne serait accessible. Ces deux scénarios ne semblent pas très réalistes pour les analystes étant donné le temps sec en Amérique du Sud en ce moment. Alors que la prévision de récolte du maïs brésilien demeure inchangée.
L’USDA semble plutôt sous-estimer les importations chinoises de maïs et il risque de devoir les corriger à la hausse le mois prochain. Or, cette révision pourrait passer inaperçue alors qu’on présentera l’offre et demande pour la nouvelle année récolte.
En tous cas, l’incertitude sur la récolte brésilienne permet aux cours du maïs d’afficher une certaine tenue. France AgriMer a revu en légère baisse les incorporations de maïs par les fabricants d’aliments, traduisant un regain de compétitivité du blé tendre dans les formulations. Le blé et le maïs sont presque à parité maintenant alors que le blé valait presque 20 €/t de plus que le maïs le mois dernier. Pour la prochaine campagne, le maïs est attractif sur les premiers mois de la campagne 21/22.
Orges
En orges, le marché est peu animé, mais la demande chinoise reste forte sur la fin de campagne et le début de la campagne prochaine, ce qui a poussé France AgriMer à revoir à la hausse la prévision d’exportation de l’orge française de +50kt, à 3, 250Mt. Les exportations vers les pays de l’Union sont quant à elles en baisse, ce qui laisse globalement inchangé le stock de fin de campagne.




