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Hebdo N°41 - Vendredi 13 novembre 2020

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Actualités de la filière

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Brexit, J-50 : Sommes-nous prêts ?




Le secteur agricole et agroalimentaire très inquiet pour l’avenir des relations commerciales entre la France et le Royaume-Uni.

A 50 jours du Brexit, les inquiétudes de fond ne sont pas réglées et de nombreux doutes persistent. Les organisations du monde agricole et agroalimentaire alertent les pouvoirs publics sur deux mesures indispensables et invitent vivement les opérateurs à se préparer à de nombreux changements.

Avec ou sans accord, le Brexit aura lieu le 1er janvier 2021 et aggravera encore les répercussions de la crise de la Covid-19 sur les secteurs agricole et agroalimentaire.

Depuis deux ans, les opérateurs du secteur agroalimentaire et d’autres acteurs impliqués, notamment des transports, se préparent à encaisser le choc du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Mais là où nous avons besoin de prévisibilité, nous ne trouvons qu’incertitude et manque de clarté concernant la gestion des exportations à partir du 1er janvier 2021.

À quelques jours d’une hypothétique fin des négociations, nous formulons deux demandes essentielles aux pouvoirs publics :

  • Afin de prévenir de possibles distorsions de concurrence, nous exhortons les négociateurs à tout faire pour s’accorder sur un futur accord commercial qui soutienne les exploitations agricoles, les entreprises et l’emploi, et contribue à protéger les flux commerciaux entre la France et le Royaume-Uni. La ligne rouge européenne du maintien de règles du jeu équitables entre l’UE et le Royaume-Uni, et le respect de l’intégrité du marché unique ne peut être franchie. Si la Secrétaire d'Etat britannique au Commerce international, Mme. Truss, accepte d’importer des produits américains aux normes sanitaires inférieures aux nôtres, comme le poulet au chlore et le bœuf aux hormones, les produits agroalimentaires qui entrent sur le marché européen devront respecter l’ensemble des normes de production européennes : ni les consommateurs, ni les producteurs ne pourraient comprendre qu’il en soit autrement !
  • Nous appelons également, étant donné les difficultés imminentes, à ce que la réserve d’ajustement pour le Brexit, dotée de 5 milliards d’euros, soit mise à disposition du secteur agro-alimentaire dès le 1er janvier, puisqu’il s'agit de l’un des secteurs les plus durement touchés par les répercussions du Brexit.

Avec ou sans accord, des formalités douanières seront mises en place dans 50 jours. Les exportateurs français devront effectuer une déclaration en douane à chaque expédition. Nous incitons donc vivement les entreprises à se préparer :

  • En réalisant un autodiagnostic complet de leurs flux ;
  • En consultant le Guide Douanier mis à jour par la DGDDI ;
  • En regardant régulièrement le site brexit.gouv.fr ;
  • En étudiant le « Border Operating Model » publié par le gouvernement britannique qui détaille

en partie les formalités sanitaires et phytosanitaires qui vont progressivement être mises en œuvre pour un certain nombre de marchandises (certains produits d’origine animale et végétale, alimentation animale, animaux vivants).

« La France est le 3e fournisseur et le 2e client du Royaume-Uni, ce qui nous place comme des partenaires agricoles et alimentaires majeurs. L’ANIA, La Coopération Agricole et la FNSEA sont mobilisées aux côtés des pouvoirs publics pour que les entreprises se préparent malgré les nombreuses inconnues qui persistent : toutes les entreprises doivent se mobiliser. Il est important que la négociation en cours apporte les conditions nécessaires d’une concurrence loyale dès la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et pour les années à venir. », ont souligné Richard Girardot, Président de l’ANIA ; Dominique Chargé, Président de La Coopération Agricole ; Christiane Lambert, Présidente de la FNSEA.

une bannière commune



Charte d’engagements de mise en avant des produits frais et des produits locaux en grande distribution

Dans le prolongement des États Généraux de l’Alimentation (EGA) mais aussi pour inscrire dans la durée la solidarité qui s’est opérée le long de la chaîne alimentaire depuis le début de la crise sanitaire, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, ont présenté aujourd’hui la charte d’engagements de mise en avant des produits frais et des produits locaux par les enseignes de la grande distribution, signée par Jean-François Huet (Leclerc), Laurent Vallée (Carrefour), Thierry Cotillard (Intermarché Netto), Dominique Schelcher (Système U), Jean-Denis Deweine (Auchan Retail France), Tina Schuler (Casino), Jean-Paul Mochet (Monoprix & Franprix), Michel Biero (Lidl), Ludovic Chatelais (Cora Supermarchés Match) et Jean-Marie Malbranke (Aldi France). Alors que 70% des achats alimentaires des Français se font dans les enseignes de la grande distribution, cette charte vise à promouvoir l’accès du plus grand nombre à une alimentation saine, sûre, durable et locale, en complément des autres circuits de distribution.

Concrètement, ces produits seront mis en valeur dans les étals des supermarchés, sur les sites Internet ou sur les supports publicitaires grâce à une bannière commune à toutes les enseignes : « Engagement, provenance et fraîcheur : plus près de vous et de vos goûts ». Des moments de promotion des produits frais et des produits locaux seront également organisés.

Tout au long de l’année, les signataires s’engagent à mettre en œuvre un certain nombre d’actions permettant aux consommateurs d’avoir accès à une information plus claire et transparente, dans le respect de la politique commerciale de chaque enseigne. Il s’agit de :

  • rendre visible et accessible les mentions d’origine des produits, notamment celles garantissant la traçabilité des étapes de production et de transformation en France développées par les interprofessions ;
  • valoriser les produits frais dans les rayons, les catalogues et sur les sites internet. Par exemple, dans les rayons fruits et légumes, des mises en avant de produits de saisons pourront être faites régulièrement selon la politique des enseignes, via des stands dédiés avec de l'information donnée au consommateur sur les fruits ou les légumes présentés, sur la façon dont ils ont été produits avec le cas échéant des recettes pour les cuisiner ;
  • mettre en avant les produits locaux et les produits sous signe de qualité. Par exemple : dans le rayons de boucherie traditionnelle, derrière la bannière relative aux produits frais et aux produits locaux, des animations pourront avoir lieu autour des viandes ; un éleveur pourra, par exemple, selon les possibilités sanitaires du moment, venir en magasin et expliquer aux consommateurs comment sa viande est produite, comment ses bêtes sont alimentées, comment il s’assure de leur bien-être.

Ces actions seront déployées progressivement, à compter de fin février 2021. Une semaine de lancement sera organisée entre le 27 février et le 7 mars 2021. Cette charte entre en vigueur à compter du 9 novembre pour une durée d’un an et a vocation à être déclinée sur d’autres circuits de distribution ultérieurement.

Julien Denormandie : « Je salue la signature de cette charte, dont l’objectif est de pérenniser cette tendance à la consommation de produits frais et de produits locaux observée pendant le premier confinement. Les commerces de proximité le font déjà. Il faut donc renforcer la mise en valeur de ces produits dans les rayons de la grande distribution. Consommer des produits frais est ce qu’il y a de mieux pour la santé ! Cette charte est aussi un appel au consommateur car l’acte d’achat est un acte citoyen. Lorsqu’on en a la possibilité, il faut favoriser les produits frais et les produits locaux. L’acte de consommation permet de soutenir les agriculteurs dans leurs fermes, les éleveurs dans leurs élevages, les paysans dans nos territoires, toutes celles et tous ceux sans qui la chaîne alimentaire ne peut pas tenir ».

Alain Griset : « Les consommateurs français aspirent de plus en plus à consommer des produits frais, naturels, locaux. Que ce soient pour des raisons économiques, environnementales ou même sanitaires, tout le monde a à y gagner : agriculteurs, consommateurs, commerçants ! Je me félicite donc de la signature de cette charte, avec Julien Denormandie, nous allons poursuivre cette démarche auprès des commerces de proximité, des artisans qui valorisent déjà au quotidien ces produits et jouent un rôle crucial et complémentaire à celui de la grande distribution. »

Retrouvez la charte d’engagements sur le site agriculture.gouv.fr

Télécharger la charte d'engagements

Battle des EPI étudiante



Il est encore temps de vous inscrire à la « battle des EPI étudiante » !

Lancée en septembre dernier, la « battle des EPI » propose d'en finir avec les idées reçues sur les équipements de protection individuelle pour favoriser une meilleure protection des agriculteurs contre le risque phytopharmaceutique. Adressée à tous les étudiants en cursus agricole, elle les invite à réaliser le huitième et dernier épisode de la web série « Epi c'est tout », dont l'objectif est d'apporter une meilleure connaissance des innovations récentes et des règles de port. A l'heure où ce second confinement peut accentuer l'isolement de certains étudiants, nous tenons à rappeler à tous qu'il est encore temps de s'y inscrire.

Ce concours donne la possibilité de s'inscrire individuellement ou en groupe. Humour, décalage, approche moderne et décomplexée, la forme et les messages sont laissés à l'appréciation de chaque participant. La seule consigne est de réaliser d'une vidéo de deux minutes mettant en lumière le décalage entre les « idées reçues sur les EPI » et la réalité agricole. Elles sont à adresser au plus tard le 15 janvier 2021.
Quatre prix seront remis à l'issue du concours : 1.000 € pour le lauréat, prix coup de cœur du jury, 500 € pour le deuxième prix, et 250 €pour le troisième prix. Une dotation spéciale de 250 € est proposée pour le « Prix du public » et est attribuée en fonction du nombre de likes recensé uniquement sur le site http://epiphyto.fr/

Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une campagne nationale de prévention globale menée par l'ensemble des acteurs concernés. Même si les produits et les pratiques associées aux produits phytopharmaceutiques ont beaucoup évolué, il demeure indispensable de poursuivre la sensibilisation aux bons réflexes en matière de protection !

Trophées Valorise 2020




Les bonnes pratiques RSE de 4 industries agroalimentaires mises à l'honneur

Décernés pour la première fois en 2020, les Trophées Valorise récompensent les démarches RSE vertueuses des entreprises. Les lauréats des quatre prix remis ce mardi sont : Les Caves de Rauzan, Cooperl, Cristalco et Les Vignerons de Buzet.

La plateforme d’auto-évaluation RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) Valorise, créée en 2017 par l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires), La Coopération Agricole, la FCD (Fédération du Commerce et de la Distribution) et la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France), en partenariat avec GreenFlex, a pour mission de simplifier la transmission des informations RSE des fournisseurs, vers leurs clients distributeurs et de valoriser ainsi les démarches responsables des entreprises.

Dans cette logique de mise en valeur, la plateforme a créé cette année les Trophées Valorise dont les deux objectifs sont de :

  • Récompenser les actions concrètes des fournisseurs en faveur de la RSE ;
  • Favoriser le partage de bonnes pratiques.

Pour cette édition 2020, quatre entreprises coopératives ont été récompensées. Au travers du vote des utilisateurs de la plateforme, enseignes et fournisseurs, ont donc pu choisir les pratiques les plus exemplaires :

  • Les Caves de Rauzan, pour la création d’un parcours pédestre pédagogique pour sensibiliser les parties prenantes à la protection de la biodiversité ;
  • La Cooperl, pour une démarche de progrès continu et durable pour le bien-être animal ;
  • Cristal Union, pour la création d’une bioraffinerie aux alentours de Bazancourt pour valoriser les coproduits ainsi que ;
  • Les Vignerons de Buzet, pour le remplacement des engrais chimiques par des engrais organiques pour les vignobles.

La campagne d’auto-évaluation se tient jusqu’au 18 décembre 2020 : les fournisseurs sont invités à s’auto-évaluer, partager leurs résultats avec les distributeurs, déposer leurs bonnes pratiques et participer à la prochaine édition des Trophées Valorise.

Les démarches récompensées sont présentées plus en détails, en format vidéo, sur la page de la plateforme Valorise (et ci-dessous) ainsi que l’ensemble des informations sur la campagne 2020 en cours.

« La remise de ces prix RSE à quatre coopératives est une grande satisfaction pour La Coopération Agricole, engagée de longue date sur l’accompagnement des coopératives agricoles dans le déploiement de démarches responsables. Les « Trophées Valorise 2020 » sont une excellente initiative, qui permet de mettre en lumière les actions RSE des entreprises agroalimentaires. Les engagements en faveur du développement durable de ces entreprises doivent être mieux valorisés tout au long de la chaîne alimentaire », déclare Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.

« Les entreprises alimentaires sont nombreuses à développer leur stratégie en intégrant pleinement la RSE qui est un vrai levier de compétitivité et un marqueur de différenciation. Les engagements sont nombreux et ces prix Valorise démontrent l’engagement concret du secteur dans une production durable et respectueuse de l’environnement. Grâce à la plateforme Valorise, les entreprises établissent un dialogue durable avec leurs parties prenantes notamment leurs clients distributeurs. La RSE est l’affaire de tous acteurs de la filière alimentaire pour que demain elle devienne une réalité pour tous. », affirme Richard Girardot, président de l’ANIA.

« La valorisation et la reconnaissance par les distributeurs des entreprises responsables et engagées est un levier important pour motiver les entrepreneurs à progresser dans leurs démarches RSE et à développer de nouvelles bonnes pratiques en matière sociale, sociétale et environnementale. C’est par l’exemplarité, la multiplicité des actions que l’on crée de la valeur. A l’image de ces trophées Valorise, la FEEF a créé le label PME+ : « Pour un Monde plus Engagé » construit sur un cahier des charges issu comme Valorise de la norme ISO 26000, contrôlé annuellement par Ecocert environnement et décerné aux entreprises engagées pour un développement durable. L’apposition du label sur les produits de ces entreprises labellisées invite les consommateurs à être des acteurs d’une consommation plus responsable », explique Dominique Amirault, président de la FEEF.

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technologies numériques



Bosch et BASF créent une joint-venture pour les technologies numériques dans le secteur agricole

Les agriculteurs vont bénéficier de solutions agronomiques numériques automatisées.

  • L’accélération des innovations numériques favorise l'agriculture de précision, l'efficacité des ressources et la durabilité.
  • Le premier produit commun sera commercialisé au Brésil, puis en Europe et en Amérique du Nord.
  • Le recours aux produits de protection des cultures pourra être réduit dans certaines applications spécifiques, en fonction des conditions locales.

Stuttgart, Cologne, Allemagne – Bosch et BASF Digital Farming ont signé un accord de joint-venture (JV) à 50/50 pour commercialiser à l'avenir des solutions intelligentes pour l’agriculture partout dans le monde, à partir d'une source unique. L'accord de JV a été signé le 10 novembre 2020 et donnera lieu à la création d'une nouvelle entreprise basée à Cologne, effective au premier trimestre 2021. La création est soumise à l'approbation des autorités antitrust compétentes. Les deux parties ont convenu de ne pas divulguer les détails financiers de l'accord.

Bosch apporte à la joint-venture des capacités matérielles et logicielles importantes, y compris dans le domaine des services numériques. BASF Digital Farming fournit de son côté, avec xarvioTM Digital Farming Solutions, un outil d’aide à la décision automatisé, en temps réel et spécifique à la parcelle concernée pour la gestion des adventices, qui est alimenté par la plateforme numérique xarvio pour l'optimisation des cultures. Cette gamme de solutions fournit aux agriculteurs des conseils spécifiques à la parcelle, afin de produire des cultures de la manière la plus durable.

En combinant l'expertise des deux entreprises avec des solutions matérielles et logicielles de pointe, il sera plus facile et plus pratique pour les agriculteurs de bénéficier des solutions numériques.

Pulvérisation et économie

« Grâce à la connexion des machines agricoles à l'aide de capteurs haute technologie, de logiciels intelligents et d’outils numériques, nous pouvons rendre l'agriculture de demain plus efficiente et en même temps plus respectueuse de l'environnement », a expliqué Andrew Allen, responsable du secteur Véhicules commerciaux et Activités hors route chez Robert Bosch GmbH.

« Les deux entreprises s'engagent à investir du temps, des ressources humaines et des fonds dans des activités communes qui conduiront au développement de nouvelles technologies de précision durables, permettant d'améliorer les pratiques et les résultats agricoles », a déclaré Vincent Gros, président de BASF Agricultural Solutions.

Les deux premiers produits à être lancés seront : une version du système "Intelligent Planting Solution" (IPS) (le semis intelligent), avec une intelligence numérique améliorée pour les prescriptions de semis et d'engrais, et le "Smart Spraying" (la pulvérisation intelligente). La solution "Smart Spraying" combine la technologie et le logiciel de capteurs de caméra Bosch avec la plateforme d'optimisation des cultures xarvio de BASF. Les deux produits ont été largement testés dans des conditions de culture réelles. Ces pratiques innovantes d'agriculture de précision permettent une utilisation efficace des ressources au profit des agriculteurs et de l'environnement.

En fonction des conditions locales, cela peut conduire à une réduction du besoin en produits de protection des cultures dans certaines applications. Le "Smart Spraying" affiche une réduction des volumes d'herbicides allant jusqu'à 70 % au stade expérimental. La solution devrait être lancée en 2021, avec un nombre limité de machines.

Pour en savoir plus sur le partenariat entre BASF et Bosch, visualisez les précédentes annonces ici et ici.