Brexit, J-50 : Sommes-nous prêts ?

Le secteur agricole et agroalimentaire très inquiet pour l’avenir des relations commerciales entre la France et le Royaume-Uni.
A 50 jours du Brexit, les inquiétudes de fond ne sont pas réglées et de nombreux doutes persistent. Les organisations du monde agricole et agroalimentaire alertent les pouvoirs publics sur deux mesures indispensables et invitent vivement les opérateurs à se préparer à de nombreux changements.
Avec ou sans accord, le Brexit aura lieu le 1er janvier 2021 et aggravera encore les répercussions de la crise de la Covid-19 sur les secteurs agricole et agroalimentaire.
Depuis deux ans, les opérateurs du secteur agroalimentaire et d’autres acteurs impliqués, notamment des transports, se préparent à encaisser le choc du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Mais là où nous avons besoin de prévisibilité, nous ne trouvons qu’incertitude et manque de clarté concernant la gestion des exportations à partir du 1er janvier 2021.
À quelques jours d’une hypothétique fin des négociations, nous formulons deux demandes essentielles aux pouvoirs publics :
- Afin de prévenir de possibles distorsions de concurrence, nous exhortons les négociateurs à tout faire pour s’accorder sur un futur accord commercial qui soutienne les exploitations agricoles, les entreprises et l’emploi, et contribue à protéger les flux commerciaux entre la France et le Royaume-Uni. La ligne rouge européenne du maintien de règles du jeu équitables entre l’UE et le Royaume-Uni, et le respect de l’intégrité du marché unique ne peut être franchie. Si la Secrétaire d'Etat britannique au Commerce international, Mme. Truss, accepte d’importer des produits américains aux normes sanitaires inférieures aux nôtres, comme le poulet au chlore et le bœuf aux hormones, les produits agroalimentaires qui entrent sur le marché européen devront respecter l’ensemble des normes de production européennes : ni les consommateurs, ni les producteurs ne pourraient comprendre qu’il en soit autrement !
- Nous appelons également, étant donné les difficultés imminentes, à ce que la réserve d’ajustement pour le Brexit, dotée de 5 milliards d’euros, soit mise à disposition du secteur agro-alimentaire dès le 1er janvier, puisqu’il s'agit de l’un des secteurs les plus durement touchés par les répercussions du Brexit.
Avec ou sans accord, des formalités douanières seront mises en place dans 50 jours. Les exportateurs français devront effectuer une déclaration en douane à chaque expédition. Nous incitons donc vivement les entreprises à se préparer :
- En réalisant un autodiagnostic complet de leurs flux ;
- En consultant le Guide Douanier mis à jour par la DGDDI ;
- En regardant régulièrement le site brexit.gouv.fr ;
- En étudiant le « Border Operating Model » publié par le gouvernement britannique qui détaille
en partie les formalités sanitaires et phytosanitaires qui vont progressivement être mises en œuvre pour un certain nombre de marchandises (certains produits d’origine animale et végétale, alimentation animale, animaux vivants).
« La France est le 3e fournisseur et le 2e client du Royaume-Uni, ce qui nous place comme des partenaires agricoles et alimentaires majeurs. L’ANIA, La Coopération Agricole et la FNSEA sont mobilisées aux côtés des pouvoirs publics pour que les entreprises se préparent malgré les nombreuses inconnues qui persistent : toutes les entreprises doivent se mobiliser. Il est important que la négociation en cours apporte les conditions nécessaires d’une concurrence loyale dès la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et pour les années à venir. », ont souligné Richard Girardot, Président de l’ANIA ; Dominique Chargé, Président de La Coopération Agricole ; Christiane Lambert, Présidente de la FNSEA.
Charte d’engagements de mise en avant des produits frais et des produits locaux en grande distribution
Dans le prolongement des États Généraux de l’Alimentation (EGA) mais aussi pour inscrire dans la durée la solidarité qui s’est opérée le long de la chaîne alimentaire depuis le début de la crise sanitaire, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, ont présenté aujourd’hui la charte d’engagements de mise en avant des produits frais et des produits locaux par les enseignes de la grande distribution, signée par Jean-François Huet (Leclerc), Laurent Vallée (Carrefour), Thierry Cotillard (Intermarché Netto), Dominique Schelcher (Système U), Jean-Denis Deweine (Auchan Retail France), Tina Schuler (Casino), Jean-Paul Mochet (Monoprix & Franprix), Michel Biero (Lidl), Ludovic Chatelais (Cora Supermarchés Match) et Jean-Marie Malbranke (Aldi France). Alors que 70% des achats alimentaires des Français se font dans les enseignes de la grande distribution, cette charte vise à promouvoir l’accès du plus grand nombre à une alimentation saine, sûre, durable et locale, en complément des autres circuits de distribution.
Concrètement, ces produits seront mis en valeur dans les étals des supermarchés, sur les sites Internet ou sur les supports publicitaires grâce à une bannière commune à toutes les enseignes : « Engagement, provenance et fraîcheur : plus près de vous et de vos goûts ». Des moments de promotion des produits frais et des produits locaux seront également organisés.
Tout au long de l’année, les signataires s’engagent à mettre en œuvre un certain nombre d’actions permettant aux consommateurs d’avoir accès à une information plus claire et transparente, dans le respect de la politique commerciale de chaque enseigne. Il s’agit de :
- rendre visible et accessible les mentions d’origine des produits, notamment celles garantissant la traçabilité des étapes de production et de transformation en France développées par les interprofessions ;
- valoriser les produits frais dans les rayons, les catalogues et sur les sites internet. Par exemple, dans les rayons fruits et légumes, des mises en avant de produits de saisons pourront être faites régulièrement selon la politique des enseignes, via des stands dédiés avec de l'information donnée au consommateur sur les fruits ou les légumes présentés, sur la façon dont ils ont été produits avec le cas échéant des recettes pour les cuisiner ;
- mettre en avant les produits locaux et les produits sous signe de qualité. Par exemple : dans le rayons de boucherie traditionnelle, derrière la bannière relative aux produits frais et aux produits locaux, des animations pourront avoir lieu autour des viandes ; un éleveur pourra, par exemple, selon les possibilités sanitaires du moment, venir en magasin et expliquer aux consommateurs comment sa viande est produite, comment ses bêtes sont alimentées, comment il s’assure de leur bien-être.
Ces actions seront déployées progressivement, à compter de fin février 2021. Une semaine de lancement sera organisée entre le 27 février et le 7 mars 2021. Cette charte entre en vigueur à compter du 9 novembre pour une durée d’un an et a vocation à être déclinée sur d’autres circuits de distribution ultérieurement.
Julien Denormandie : « Je salue la signature de cette charte, dont l’objectif est de pérenniser cette tendance à la consommation de produits frais et de produits locaux observée pendant le premier confinement. Les commerces de proximité le font déjà. Il faut donc renforcer la mise en valeur de ces produits dans les rayons de la grande distribution. Consommer des produits frais est ce qu’il y a de mieux pour la santé ! Cette charte est aussi un appel au consommateur car l’acte d’achat est un acte citoyen. Lorsqu’on en a la possibilité, il faut favoriser les produits frais et les produits locaux. L’acte de consommation permet de soutenir les agriculteurs dans leurs fermes, les éleveurs dans leurs élevages, les paysans dans nos territoires, toutes celles et tous ceux sans qui la chaîne alimentaire ne peut pas tenir ».
Alain Griset : « Les consommateurs français aspirent de plus en plus à consommer des produits frais, naturels, locaux. Que ce soient pour des raisons économiques, environnementales ou même sanitaires, tout le monde a à y gagner : agriculteurs, consommateurs, commerçants ! Je me félicite donc de la signature de cette charte, avec Julien Denormandie, nous allons poursuivre cette démarche auprès des commerces de proximité, des artisans qui valorisent déjà au quotidien ces produits et jouent un rôle crucial et complémentaire à celui de la grande distribution. »
Retrouvez la charte d’engagements sur le site agriculture.gouv.fr
Télécharger la charte d'engagements
Il est encore temps de vous inscrire à la « battle des EPI étudiante » !
Lancée en septembre dernier, la « battle des EPI » propose d'en finir avec les idées reçues sur les équipements de protection individuelle pour favoriser une meilleure protection des agriculteurs contre le risque phytopharmaceutique. Adressée à tous les étudiants en cursus agricole, elle les invite à réaliser le huitième et dernier épisode de la web série « Epi c'est tout », dont l'objectif est d'apporter une meilleure connaissance des innovations récentes et des règles de port. A l'heure où ce second confinement peut accentuer l'isolement de certains étudiants, nous tenons à rappeler à tous qu'il est encore temps de s'y inscrire.
Ce concours donne la possibilité de s'inscrire individuellement ou en groupe. Humour, décalage, approche moderne et décomplexée, la forme et les messages sont laissés à l'appréciation de chaque participant. La seule consigne est de réaliser d'une vidéo de deux minutes mettant en lumière le décalage entre les « idées reçues sur les EPI » et la réalité agricole. Elles sont à adresser au plus tard le 15 janvier 2021.
Quatre prix seront remis à l'issue du concours : 1.000 € pour le lauréat, prix coup de cœur du jury, 500 € pour le deuxième prix, et 250 €pour le troisième prix. Une dotation spéciale de 250 € est proposée pour le « Prix du public » et est attribuée en fonction du nombre de likes recensé uniquement sur le site http://epiphyto.fr/
Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une campagne nationale de prévention globale menée par l'ensemble des acteurs concernés. Même si les produits et les pratiques associées aux produits phytopharmaceutiques ont beaucoup évolué, il demeure indispensable de poursuivre la sensibilisation aux bons réflexes en matière de protection !