
Marché des céréales
Hausse des perspectives d’exportations
de blé vers l’Europe, statu quo
vers les Pays-Tiers
Blé tendre
Le petit vent d’optimisme soufflé par la publication des nouvelles prévisions concernant le bilan de l’offre et de la demande des céréales françaises par FranceAgriMer n’a guère duré. Après avoir gagné difficilement un euro, le contrat à termes d’Euronext cédait 2 €/t au cours de la séance de jeudi pour clôturer à 159 €/t. Avec des primes qui compensent à peine la baisse du marché à terme, le cours du blé en rendu portuaire s’établit entre 150,5 à 151,5 €/t, pour des livraisons janvier-mars, et atteint ainsi son plus bas niveau depuis le début de la campagne. Les statistiques bruxelloises sur les embarquements au départ des ports européens continuent à mettre en évidence le manque d’activité à destination des Pays-Tiers. Avec seulement 10,9 Mt expédiées au
9 janvier 2018, l’Europe accuse un retard de près de 2,7 Mt par rapport à l’an dernier (-20%).
Même si l’appel d’offres de l’Algérie a été révisé à la hausse à 535 Kt (au lieu de 390 kt précédemment annoncé) et que le Maroc est aux achats pour 364 kt de blé d’origine européenne, le taux de change de l’euro contre le dollar, à près de 1,21 continue de pénaliser l’origine européenne sur la scène internationale.
Ceci étant, le courant d’affaires intra-européen est dynamique. Selon les statistiques des douanes, les expéditions à destination de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Espagne vont bon train depuis le début de la campagne. Compte tenu d’une moindre présence des pays baltes sur le marché belgo-hollandais, d’une demande accrue en Espagne mais aussi en Allemagne, les flux vers le reste de l’UE pourraient continuer à un rythme soutenu sur les prochains mois. FranceAgriMer relève donc ses prévisions d’exportations vers l’Europe de 530 kt et les porte à 8,6 Mt pour l’ensemble de la campagne. Il faut remonter aux années 2005 et 2006 pour retrouver un tel flux de marchandises vers nos voisins européens. Cette bonne demande européenne maintient le prix du blé à destination du marché intérieur à un niveau plus attractif que l’export Pays-Tiers, valorisant, y compris chez les fabricants d’aliments, le taux de protéine des blés français. Ainsi, à l’heure où les prix sont très bas, les quelques euros gagnés vers l’UE plutôt que vers le grand export sont importants pour la rémunération des producteurs. Peu d’opérateurs sont prêts à baisser plus leur prix pour tenter d’accrocher maintenant les débouchés des pays-tiers.
Pourtant ni le marché national ni le marché européen ne suffiront à absorber l’ensemble des disponibilités françaises. Alors, l’attentisme est de mise, en espérant qu’un nouvel évènement change la donne… Il est peu probable que le rapport USDA attendu cet après-midi modifie significativement les équilibres mondiaux du marché du blé.
Si sur le papier la demande est là pour le blé français, pour le moment les affaires ne se font guère. FranceAgriMer baisse ses prévisions d’exportations à 9,3 Mt, tablant ainsi sur 5,2 Mt d’exportations au cours des 6 prochains mois. Ce qui reste encore techniquement possible « sur le papier », mais plus le temps passe, plus l’équation logistique se complique !
Orge
Depuis le début de la campagne, la situation du marché de l’orge diffère de celle du blé. Si la totalité des disponibilités des céréales fourragères est importante, expliquant des niveaux de prix bas pour toutes les céréales, le bilan mondial de l’orge est plus tendu. Ainsi, la demande internationale est conséquente et tire le prix de l’orge, lui permettant de bénéficier d’une décote moindre que d’habitude par rapport au blé tendre. Cette semaine, à Dunkerque, les deux céréales sont d’ailleurs quasiment au même prix. L’Arabie Saoudite, premier importateur mondial est aux achats pour un volume important, qui pourrait atteindre 960 kt selon les échos du marché. Pour trouver de telles quantités il faut s’attendre à de multiples origines. Alors qu’il ne reste plus guère d’orge en Ukraine et Russie, que l’Australie apparait hors-jeu avec des prix nettement plus élevés que ses concurrents, l’Argentine et l’Europe, pourraient bien rafler une belle partie de cette affaire. Dans ce contexte FranceAgriMer a maintenu ses prévisions d’exportations vers les Pays-Tiers à 3,4 Mt.
Maïs
Le cours du maïs français subit la même pression à la baisse que celui du blé tendre. Sur la scène internationale les marchés ont peu varié cette semaine, car les acteurs sont suspendus à la publication du rapport USDA attendu ce vendredi, 18h heure française. Le Ministère de l’agriculture américain doit délivrer ses nouvelles prévisions sur l’offre et la demande mondiale de grain, et sur les stocks en inventaire aux USA au 1er décembre. Les opérateurs s’attendent à des prévisions de production de maïs élevée au Brésil et des stocks de report en hausse aux Etats-Unis. A surveiller.
En Europe, les importations de maïs en provenance des pays-tiers continuent d’affluer et s’élèvent maintenant à 7,9 Mt, soit 2,5 MT de plus qu’en janvier dernier et 1 Mt de plus qu’en janvier 2016. Malgré cela, les expéditions françaises vers l’Europe se portent bien et conduisent là aussi FranceAgriMer à augmenter ses prévisions de 100 kt. Ceci étant tout juste à 4,8 Mt, cela reste une piètre performance au regard des années précédentes, hors 2016/2017.





