

Le groupe Avril et le fonds « Société de Projet Industriel » (SPI), géré par Bpifrance, unissent leurs forces et investissent 45 M€ pour développer une nouvelle filière de protéines végétales de colza
Dans le cadre d’un projet industriel ambitieux de création d’une nouvelle filière dédiée à la protéine de colza pour l’alimentation humaine, le groupe agroalimentaire Avril est rejoint par le fonds SPI, opéré pour le compte de l’Etat par Bpifrance et financé par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et de France Relance. Les deux acteurs annoncent un investissement commun pour la création de Prolein, société dédiée à la réalisation d’une unité de préparation et pressage de graines de colza, première étape du procédé développé avec Royal DSM pour l’extraction et la production de protéines de colza pour l’alimentation humaine.
Cette nouvelle unité Prolein sera située sur l’ancien site industriel Saipol à Dieppe (Seine-Maritime) à proximité de l’unité Olatein, dans laquelle Prolein a pris une participation.
Riches en qualités nutritionnelles et fonctionnelles, les protéines issues du colza sont aujourd’hui essentiellement destinées à l’alimentation animale. Leurs qualités ouvrent la voie à de nombreuses applications en alimentation humaine aujourd’hui insuffisamment exploitées.
Dans cette perspective, le groupe Avril et Royal DSM ont annoncé en juillet 2020 la création d’un partenariat industriel, Olatein pour produire une protéine végétale extraite du colza non OGM pour l’alimentation humaine. Son premier outil de production, unique au monde, sera mis en service à Dieppe début 2022.
Le groupe Avril et le fonds SPI, géré par Bpifrance, investissent 45 M€ destinés à :
- créer une nouvelle unité industrielle permettant de fournir la matière première nécessaire à l’extraction de la protéine de colza
- contribuer, à travers une prise de participation dans Olatein, au projet commun avec DSM
Dénommée Prolein, cette nouvelle entité de production, dédiée à la trituration (pressage) des graines de colza produira la matière première destinée à Olatein et des huiles végétales. Opérationnelle dès début 2022, Prolein est également située sur le site de Dieppe.
Par cette opération, le fonds SPI, qui a vocation à soutenir les projets industriels innovants les plus porteurs de perspectives d’activité et d’emplois, s’associe au groupe Avril pour promouvoir la création en France d’une nouvelle filière d’avenir, première mondiale. Il s’agit ainsi du deuxième investissement conjoint entre le fonds SPI et le groupe Avril après la création de l’entreprise Evertree en 2016 qui valorise les protéines végétales pour une utilisation en tant que colle naturelle dans l’industrie des panneaux de bois en remplacement de produits synthétiques issus de carbone fossile, forts émetteurs de composés organiques volatiles (COV) toxiques.
« Prolein est la concrétisation d’un projet ambitieux, résultat de recherches initiées sur la graine et les pratiques agricoles jusqu’à la mise au point de nouvelles technologies d’extraction des huiles et protéines végétales, » rappelle Paul-Joël Derian, Président de Prolein et Directeur Innovation et RSE du groupe Avril. « Nous nous félicitons du partenariat avec les acteurs du fonds SPI/BPI France pour sa concrétisation industrielle.
Notre investissement commun prend tout son sens dans le contexte des nouvelles attentes des consommateurs, et de la volonté de la France de tendre vers la souveraineté protéinique. Nous poursuivons notre mission, en assurant à l’ensemble de la filière colza des débouchés innovants et plus rémunérateurs.»
Fabien Brenneval, Directeur d’investissements du fonds SPI de Bpifrance, déclare : « Nous sommes ravis d’investir aux côtés d’un partenaire de longue date, le groupe Avril, et d’embarquer dans ce projet. En développant un nouveau marché pour le colza en alimentation humaine, Prolein et Olatein apportent une réponse à la préoccupation de renouveau du secteur agricole. Par ailleurs, la réindustrialisation de l’ancien site Saipol à Dieppe, la perspective de créer une cinquantaine d’emplois directs, et l’implication dans le projet de DSM, acteur européen de premier plan et qui apporte sa technologie d’extraction de la protéine de colza, sont autant d’éléments qui s’inscrivent parfaitement dans la raison d’être du fonds SPI ».
Sites internet : www.bpifrance.fr - www.bpifrance.fr
Photo : Chantier site Prolein Olatein à Dieppe - crédit photo : Topimage
Un nouveau Bureau
au sein d'Oxyane
Suite à l’Assemblée Générale, un nouveau Bureau vient d’être élu avec un renouvellement partiel de ses membres, qui se caractérise par l’arrivée d’une nouvelle génération d’administrateurs.
Nous avons la volonté que l’agriculture chez OXYANE se conjugue au pluriel pour répondre à la diversité des activités des exploitations de notre territoire. Nous voulons mettre en œuvre un modèle d’entreprise coopératif, différenciant, lisible et prépondérant sur notre territoire.
En effet, dans un contexte de mutation de l’agriculture et de transition agroécologique, OXYANE se veut un Groupe Coopératif agricole et alimentaire diversifié souhaitant participer à la transformation de l’agriculture et contribuer au renouvellement des générations.
Nous aurons l’occasion dans les tout prochains mois de présenter notre Projet d’Entreprise, OXYANE 2025. Ce projet collectif repose sur une démarche de progrès qui guidera nos actions pour les années à venir.
Nous sommes déterminés à faire en sorte qu’Oxyane soit demain le bon modèle qui sécurise et accompagne tous les agriculteurs qui souhaiteront s’inscrire, à nos côtés, dans un esprit coopératif.

Site internet : https://www.groupe-oxyane.fr/

Innovations collaboratives dans la Vienne pour concilier préservation des ressources en eau, de la biodiversité et production agricole
Comment maintenir la culture du colza sur les bassins versants ? C’est tout l’enjeu d’une démarche partenariale menée dans la Vienne autour de l’agroécologie et dont les premiers enseignements sont prometteurs. S’il présente de multiples bénéfices agronomiques et environnementaux qui en font une plante intéressante, le colza a aussi quelques contraintes de production liées notamment à la protection contre les ravageurs comme les altises. Dans la Vienne, des itinéraires techniques sont expérimentés en testant plusieurs leviers pour accélérer la transition agroécologique.
Optimiser la combinaison des facteurs de production
Depuis l’été 2020, des producteurs de colza participent à cette expérimentation grandeur nature avec une série de parcelles d’essais dont les résultats sont comparés avec un témoin. Des mini-parcelles de colza ont été semées en association avec des légumineuses comme la féverole, le fenugrec, le trèfle d’Alexandrie ou encore les lentilles. Plantes au développement racinaire important, ces légumineuses contribuent à améliorer la structure du sol. Par ailleurs, ces itinéraires innovants nécessitent de raisonner les doses de désherbants racinaires qui sont appliqués dans les jours suivant le semis ou en post-levée précoce du colza (stade cotylédons à 1-2 feuilles du colza). L’enjeu est de trouver le bon compromis entre un désherbage efficace permettant un contrôle précoce des adventices préjudiciables au colza et la sélectivité des couverts de légumineuses. C’est en moyenne une réduction de 15 à 25% de la dose classiquement utilisée dans des conduites classiques qui est relevée dans ces itinéraires agroécologiques. Cet enjeu est scruté de près par le syndicat Eaux de Vienne, partenaire de la démarche et dont les techniciens veillent à la qualité de l’eau dans les bassins d’alimentation de captage. De plus, ces plantes compagnes associées à un colza qui se développe rapidement en fin d’été peuvent également servir de leurre aux ravageurs en limitant les attaques de grosses altises, considérées aujourd’hui par les producteurs comme l’ennemi n°1 du colza. Selon une hypothèse émise par les experts en entomologie, c’est la confusion probablement olfactive ou visuelle des ravageurs entre la culture de colza et les plantes compagnes qui lui sont associées qui permet d’éviter ainsi, dans certaines situations, l’application d’insecticides tout en préservant le potentiel de la culture. En outre, la biomasse générée par ces associations agronomiques enrichit le sol en matières organiques et permet d’optimiser les apports d’engrais azotés en fin d’hiver et de contribuer aux objectifs du défi climatique en réduisant les gaz à effet de serre et l’empreinte carbone. Enfin, l’expérimentation intègre aussi les bénéfices écosystémiques offerts par la biodiversité. Ainsi, une bande fleurie semée en bordure de la parcelle sert de refuge aux insectes auxiliaires « utiles » tout en contribuant à l’alimentation des pollinisateurs, dont les abeilles, qui ont un rôle important dans la qualité de la production et les rendements.
Une démarche collaborative
Pour réussir cette expérimentation au service de l’agroécologie, Théo Touron, producteur de colza à La Chapelle-Bâton (86), s’est entouré de l’expertise de la coopérative Ocealia, de BASF France Division Agro, du syndicat Eaux de Vienne et du laboratoire d’entomologie Flor’Insectes qui assure le suivi des zones non cultivées en bordure de parcelle ensemencées d’un mélange fleuri. Engagé dans une démarche vertueuse, le Groupe Ocealia cherche à concilier sur le terrain compétitivité de l’agriculture et respect de la qualité des ressources en eau et de la biodiversité. L’enjeu est notamment de pérenniser la culture du colza. Le Groupe BASF consacre quant à lui près de 840 millions d’euros au niveau mondial chaque année pour l’innovation dans le domaine de l’agriculture, soit 40% de son budget R&D et 11% de son chiffre d’affaires. Dans l’hexagone, BASF France Division Agro a publié l’an dernier une feuille de route agroécologique visant une trajectoire ambitieuse d’ici 2030 à travers 5 piliers, 20 engagements et 37 axes de travail parmi lesquels figure le développement de nouveaux itinéraires agroécologiques.
Des premières tendances encourageantes
Le suivi des parcelles depuis l’été dernier a commencé à mettre en évidence l’intérêt des leviers identifiés, en particulier les semis de colzas associés. La floraison de la bande non productive ce printemps et son suivi entomologique devraient confirmer la présence d’auxiliaires et de pollinisateurs. La bonne évolution des parcelles d’essais combinant et optimisant les facteurs de production pourrait se traduire à la récolte par une qualité et un rendement important. Cette expérimentation semble également confirmer la compatibilité de la production de colza sur des territoires fragiles utilisés pour la production d’eau potable. La démarche est appelée à se multiplier pour pérenniser les productions agricoles sur les bassins versants, et notamment le colza. Les colzas associés représentent en France seulement 12% des surfaces. Itinéraire stratégique pour la coopérative Ocealia, ce chiffre avoisine déjà les 30% sur son périmètre d’activité. Culture clé pour l’alimentation des abeilles domestiques, le colza a vu ses surfaces atteindre à l’échelle nationale 1,6 million d’hectares il y a 4 ans avant d’enregistrer une baisse continue autour du million d’hectares. L’enjeu est donc majeur aussi bien du point de vue agronomique qu’environnemental. L’apport des innovations rendues possibles avec l’agroécologie est donc précieux et attendu par tous les acteurs, dans la Vienne et bien entendu au-delà.
Site internet : https://www.ocealia-groupe.fr/