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Actualités de la filière

Rubriques

Réforme de la politique

de gestion des risques



Les évènements climatiques estivaux imposent une reforme véritablement ambitieuse dès cette année !

Le climat change. Vite et fortement. Les agriculteurs sont en première ligne et en subissent les conséquences chaque année un peu plus fortes sur leur production.

L’année avait débuté par des épisodes de gel d’une ampleur exceptionnelle ayant sérieusement amputé la production 2021 de fruits et de raisins. Elle s’est poursuivie, cet été, par des inondations d’une ampleur jamais vue liées à des phénomènes orageux et à une pluviométrie exceptionnelle qui ont largement perturbé les récoltes. A cela se sont ajoutés des incendies très importants.

Dans ce contexte climatique, marqué au plan mondial par un mois de juillet historiquement chaud, les décisions du Gouvernement, en vue de donner suite aux conclusions du premier groupe du « Varenne de l’eau » sur la gestion des risques, sont urgentes et capitales pour préserver les capacités de production alimentaire sur notre territoire et ainsi défendre la souveraineté alimentaire française. L’attente des agriculteurs et de l’ensemble des filières est immense !

En premier lieu, l’effort de solidarité nationale devra être à la hauteur des enjeux. Cela suppose un soutien financier ambitieux de l’Etat, doublé d’un accompagnement de tous les projets structurants de prévention, car ni les agriculteurs ni les opérateurs économiques des filières ne pourront pas faire face, seuls, aux conséquences du changement climatique. Ils doivent être accompagnés dans leurs changements de pratiques et dans les investissements nécessaires.

En second lieu, afin de prévenir les risques le futur dispositif de gestion des risques climatiques rénové devra s’appuyer sur une articulation claire et lisible entre la responsabilité personnelle de chaque agriculteur, un régime assurantiel permettant une couverture adaptée selon les productions et un régime de solidarité nationale.

Ainsi, le Conseil de l’agriculture française appelle à une gouvernance associant Etat, Assureurs, Réassureurs et Agriculteurs permettant une gestion transparente, facilitant l’articulation entre les outils et offrant un guichet unique pour les agriculteurs afin de faciliter leurs démarches.

Le Conseil de l’agriculture française appelle le Gouvernement à être à l’heure au rendez-vous de l’adaptation au changement climatique. Demain, il sera trop tard.

Récolte




Récolte 2021 des céréales à paille, colza et protéagineux
La météo joue les prolongations

Les pluies estivales perturbent toujours les chantiers de récolte et nécessitent une vigilance particulière des critères de qualité. Le retard intervenu dans les moissons confère un caractère estimatif aux données de ce communiqué. Elles pourront être révisées une fois les récoltes terminées.

En sortie d’hiver, l’état des céréales était bon sur l’ensemble du territoire. Dès février, le manque d’eau est venu pénaliser les cultures des zones séchantes du tiers Sud de la France ainsi qu’une partie significative des territoires centre-atlantique, engendrant un stress hydrique et limitant la valorisation de l’azote. Plus au nord, les pluies épisodiques étaient généralement en phase avec les interventions des agriculteurs. Ainsi, l’azote a pu être correctement valorisé dans la plupart des cas.

Les gelées d’avril n’ont eu que des impacts locaux, notamment en Auvergne, en Poitou-Charentes et dans le Sud-Ouest. Le retour des pluies fin avril et courant mai a assuré un rattrapage et une bonne mise en place des peuplements au nord de la Loire, mais a été insuffisant pour reconstituer les réserves en eau des sols. Dans le tiers Sud, la montée et la fertilité des épis ont été pénalisées par la sécheresse.

Les fortes chaleurs autour du 15 juin et la verse dans certains secteurs ont freiné le remplissage des grains, entamant le fort potentiel de rendement mis en place au printemps dans la moitié nord du pays. Néanmoins, les rendements nationaux sont estimés supérieurs à la moyenne quinquennale pour les principales céréales à paille. Ces moyennes nationales cachent néanmoins des disparités. Si la pression en maladies était faible au printemps, depuis fin juin, les pluies régulières et généralisées sur l’ensemble du territoire ralentissent les chantiers des récoltes et sont préjudiciables à certains critères de qualité.

Blé tendre : protéines au rendez-vous mais poids spécifiques altérés par les pluies estivales

Depuis fin juin, les moissonneuses-batteuses peinent à entrer dans les champs. Au 9 août, les récoltes s’achèvent au sud de la Loire, mais sont encore régulièrement interrompues par les pluies dans les autres régions. Le taux d’avancement de la moisson est inférieur à 50 % dans le tiers nord du pays, d’après le dernier rapport Céré’Obs de FranceAgriMer.

Selon le Service de la Statistique et de la Prospective du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (SSP), la production de blé tendre est estimée à 36,7 Mt, en hausse de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les surfaces cultivées sont en net progrès par rapport à l’an passé (+16 %) et restent proches de la moyenne quinquennale (+2 %). Ces dernières ont notamment beaucoup progressé, par rapport à la campagne de culture 2019-2020, dans les régions Poitou-Charentes, Pays de la Loire et Centre. À l’échelle nationale, le rendement serait de 74,2 q/ha en moyenne (+8 % par rapport à la moyenne 2016-2020).

Sur le plan qualitatif, les résultats sont particulièrement contrastés cette année en raison du contexte climatique. Au moment du remplissage, les cultures ont d’abord connu une période de forte chaleur, suivie d’une humidité persistante alors que les blés avaient atteint leur maturité physiologique.
En conséquence, les blés affichent des poids spécifiques irréguliers et en retrait par rapport au potentiel des variétés. La dégradation des poids spécifiques est la plus importante pour les parcelles récoltées après les pluies. Pour les premières coupes réalisées en Hauts-de-France (environ la moitié de la surface), les poids spécifiques sont d’un niveau satisfaisant. Des opérations renforcées d’identification et de tri des lots chez les opérateurs seront souvent nécessaires.

La récolte devrait être globalement satisfaisante sur le critère " temps de chute de Hagberg ", même si certaines situations climatiques ont eu pour conséquence quelques faibles valeurs. Les conditions de fin de récolte restent néanmoins préoccupantes localement.

Les teneurs en protéines sont généralement élevées voire très élevées dans le sud et l’ouest du pays, ainsi qu’en Alsace. Elles sont en moyenne satisfaisantes à bonnes dans les régions Centre Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Hauts-de-France ainsi qu’en Champagne-Ardenne et Lorraine. Ces tendances régionales masquent néanmoins des disparités entre parcelles.

Orges d’hiver : rebond de la production par rapport à 2020

Les récoltes d’orges d’hiver sont quasiment terminées. La production est estimée à 8,3 Mt selon le SSP, en hausse de 27 % par rapport à 2020. Les surfaces cultivées sont proches de celles de l’an passé et les rendements moyens sont en progression dans la quasi-totalité des régions productrices. En effet, malgré une météo capricieuse dès la sortie d’hiver, la mise en place des composantes de rendement (nombre d’épis, fertilité épis, poids de mille grains) a été globalement correcte à bonne pour cette céréale. La moyenne nationale s’établirait à 69,7 q/ha selon le SSP (+12 % par rapport à la moyenne des 5 dernières campagnes).

Les teneurs en protéines, majoritairement situées entre 10 et 11 %, devraient satisfaire les utilisateurs brassicoles. Les poids spécifiques sont, quant à eux, assez faibles sur la quasi-totalité du territoire, sans incidence toutefois sur la valeur d’utilisation des orges pour les animaux. À l’échelle régionale, les calibrages sont corrects voire bons mais cachent, là encore, des disparités entre parcelles.

Blé dur : rendements satisfaisants mais qualité hétérogène

En progression par rapport à l’an passé, les surfaces de blé dur, estimées à 288 000 ha par le SSP, sont en retrait de près de 11 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les rendements, globalement bons à l’échelle nationale, permettent d’atteindre une production de 1,6 Mt de blé dur (+22 % par rapport à 2020 mais – 6 % par rapport à la moyenne 2016-2020). Cependant, la moyenne nationale cache une très forte hétérogénéité entre régions. En effet, si les rendements sont proches voire supérieurs à la moyenne quinquennale dans les bassins Centre et Sud-Est, ils sont en recul dans le Sud-Ouest et en Poitou- Charentes.

L’indice de chute de Hagberg a été dégradé dans certaines régions à la suite des conditions climatiques de fin de cycle, particulièrement pluvieuses.
Concernant les autres critères de qualité, la situation est contrastée entre bassins de production, mais aussi au sein d’un même bassin :

  • dans le bassin Ouest-Océan (Pays de la Loire et Poitou-Charentes), les teneurs en protéines sont très élevées et les poids spécifiques corrects.
  • dans le bassin Centre, les teneurs en protéines sont variables mais généralement satisfaisantes. Les poids spécifiques seraient assez faibles en moyenne, même si derrière la moyenne se cache une grande hétérogénéité selon les situations.
  • dans le bassin Sud-Ouest, les teneurs en protéines sont bonnes à très bonnes. Les poids spécifiques sont assez hétérogènes, mais généralement corrects à bons.
  • dans le bassin Sud-Est, la qualité est bonne avec des teneurs en protéines satisfaisantes et de très bons poids spécifiques.

Malgré les intempéries estivales, les taux de grains mouchetés et/ou mitadinés semblent relativement contenus.

Orges de printemps : récolte en cours

Les moissons d’orges de printemps étaient encore en cours au 9 août, avec près de 8 hectares sur 10 moissonnés à l’échelle nationale mais seulement 42 % dans les Hauts de France, d’après les dernières données Céré’Obs. Selon le SSP, les rendements seraient en hausse à l’échelle nationale, à 63,2 q/ha contre 58 q/ha en moyenne sur les 5 dernières campagnes. Ils ne permettent pas de compenser la forte baisse des surfaces observée par rapport à la campagne de culture 2019-2020 (- 32 %). Ainsi, la production s’établirait à 3,4 Mt (- 13 % par rapport à 2020, +3 % par rapport à la moyenne quinquennale). Dans la majorité des situations, la teneur en protéines devrait satisfaire le marché brassicole. Les calibrages sont assez hétérogènes. Ils dépassent régulièrement 80 % voire 90 % en Poitou-Charentes.

Colza : un rendement national moyen à plus de 35 q/ha

Alors que les récoltes sont encore très retardées par les pluies au Nord et peinent à avancer, 85 % de la récolte française de colza est désormais réalisée. Le rendement national devrait dépasser 35 q/ha.
La production globale devrait s’établir autour de 3,3 Mt, niveau équivalent à celui des deux dernières années, malgré une baisse des surfaces de 15% au niveau national sur la même période.

En dépit de difficultés climatiques et d’attaques de ravageurs tout au long de l’année, les dernières semaines, favorables à la nouaison et au remplissage, permettent d’atteindre dans de nombreux cas un rendement dépassant les espérances. En parcelles saines, certaines exploitations du Centre et de l’Ouest enregistrent des records à plus de 50 q/ha. Ailleurs, les rendements varient entre 20 et 35 q/ha selon les difficultés rencontrées et la qualité des terres.

Des grains germés ont été observés dans une partie des récoltes de l’est de la France, de façon significative sur certains territoires. La teneur en huile de la collecte est pour l’instant estimée dans la moyenne des dernières années ou légèrement en retrait.

Pois : une fin de campagne décevante

Avec une sole d’environ 200 000 hectares, la récolte nationale 2021 de pois protéagineux (hors pois issus de mélanges avec des céréales) devrait être en hausse par rapport à l’an passé, et dépasser 650 000 tonnes. Le rendement moyen, tous pois confondus, s’établirait autour de 33 quintaux par hectare. Après des implantations et un début de cycle plutôt bons, les épisodes de gel et de sécheresse printaniers ont entamé le potentiel sur fond de bactériose, avant de laisser place à une période de floraison longue et bénéfique.

Néanmoins, depuis la mi-juin, l’épisode de températures fraîches et de pluies fréquentes et abondantes, toujours en cours sur le territoire au 5 août, a favorisé les maladies de fin de cycle et entraîné des verses importantes ainsi que des pertes à la moisson.
Le poids de mille grains (PMG) serait en retrait et la qualité des lots hétérogène que ce soit en termes de qualité visuelle comme d’humidité et d’impuretés.

Le pois de printemps pourrait, cette année, s’en être un peu mieux sorti que le pois d’hiver dans certains secteurs.

Féverole : des conditions plus favorables pour les cultures de printemps

La féverole d’hiver, prédominante en agriculture biologique et qui couvre près de 50 % des surfaces nationales (80 000 ha), a été très pénalisée par le gel d’avril et les maladies, notamment des viroses.
Le rendement moyen devrait être très bas, sous les 20 quintaux/ha.

Pour la féverole de printemps, dont la récolte n’a pour ainsi dire pas commencé, le potentiel semble supérieur à celui des dernières années avec un nombre élevé d’étages de gousses mis en place à la faveur de températures fraîches et de conditions humides. Les conditions de remplissage des graines ont également été favorables.

Moison 2021

Une production française forte



La moisson 2021 répondra aux besoins des consommateurs

La moisson française 2021, encore en cours dans le nord du pays, saura répondre aux besoins des consommateurs (français en particulier). Elle s’inscrit dans une perspective de récolte mondiale faible, conduisant à une augmentation mondiale du prix des céréales. Dans ce contexte, Intercéréales, la filière des céréales, tient à rappeler la nécessité de conserver une production française forte, meilleur rempart contre les aléas climatiques et leurs conséquences sur les marchés.

Malgré une progression de 15% des volumes de céréales produites France en 2021, les perspectives de faibles récoltes dans le monde (notamment en Russie, en Amérique du Nord et en Europe) expliquent l’évolution à la hausse, ces derniers mois, des prix des céréales. Cette progression est également liée à des stocks historiquement bas en raison d’une hausse de la demande de céréales (en Asie principalement) et aux dernières récoltes.

Dans ce contexte, notre filière soutient pleinement les entreprises de la chaîne alimentaire dans leur demande de répercussions de ces évolutions du prix auprès de leurs clients et de la grande distribution. En effet, même s’il n’est pas le principal élément à l’origine de la construction des prix des produits agro-alimentaires (emballages, logistique, salaires, production etc.), nous ne pouvons plus collectivement accepter que les acteurs de notre filière (production, commercialisation, transformation) soient toujours pris en otage par la guerre des prix.

Enfin, Intercéréales souligne avant tout que ces cours mondiaux, s’ils se maintiennent durablement, permettent une juste rémunération des producteurs d’autant plus indispensable après plusieurs années extrêmement difficiles.

« Les besoins en céréales des Français seront satisfaits. La France restera en 2021-2022 exportatrice nette de céréales. Toutefois, la tension sur les stocks mondiaux, et son impact sur les prix, rappelle l’importance d’une filière forte, disposant d’innovations dans le domaine de la protection des plantes et de la génétique afin de sécuriser les rendements » souligne Jean-François Loiseau, Président d’Intercéréales.

marché des pâtes alimentaires



Flambée des cours et pénurie de blé dur sur le marché des pâtes alimentaires

Le dérèglement climatique met en danger le marché des pâtes alimentaires : des pluies beaucoup trop abondantes en Europe et une sécheresse sans précédent au Canada conduisent à une pénurie de blé dur, seule matière première des pâtes alimentaires, et à la flambée historique des prix mondiaux.

L’industrie des pâtes alimentaires tient à alerter les pouvoirs publics sur l’entrée subite dans une crise pénurique majeure. En très peu de temps, tous les indicateurs de la profession sont passés au rouge du fait de la conjonction de trois facteurs critiques :

  • la sécheresse exceptionnelle au Canada, premier pays producteur et représentant les 2/3 du commerce mondial de blé dur, devrait conduire à une récolte suivant les observateurs du marché de moins de 4,2 M de tonnes, soit 32% de moins que la moyenne des 5 dernières années et près de 30% de moins que les prévisions du 20 juillet (source bulletin canadien StatCan). Avec un stock historiquement bas, il ne sera pas possible d’alimenter le marché mondial avec des blés durs stockés ;
  • une récolte insuffisante en Europe avec 7,3 Mt pour un besoin de 9,5 Mt ;
  • en France, le marché est durement affecté par des pluies particulièrement abondantes pendant la floraison et durant la moisson, réduisant fortement le potentiel utilisable de blé dur français pour faire des pâtes alimentaires.

De par ces éléments, le marché connaît une situation de tension historique et de pénurie de blé dur disponible avec une production mondiale en forte baisse et un disponible utilisable pour les fabricants de pâtes alimentaires inférieur de 2 Mt aux besoins.

Par conséquent depuis mi-juillet, les cotations du blé dur par FranceAgriMer ont été suspendues et le prix mondial de référence des blés durs subit une augmentation historique de plus de 30% en quelques semaines, hausse qui pourrait encore fortement s’accélérer lorsque le Canada aura fini de récolter et confirmer une pénurie mondiale de blé dur.

Dans ce contexte, comme en 2007, il est possible de voir des fabricants de pâtes en Europe cesser leur approvisionnement des marchés le plus bagarrés.

L’industrie des pâtes alimentaires française en appelle expressément aux Pouvoirs Publics afin de mettre en place un plan d’urgence pour lui permettre d’assurer son approvisionnement en blé français et de répercuter, en ligne avec les EGA, l’explosion du prix du blé dur dans les prix de vente pour traverser cette crise exceptionnelle.