
Marché des céréales
Les conditions climatiques font flamber
les cours du blé
Semaine de forte hausse pour les cours du blé partout dans le monde. Aux Etats Unis, la sècheresse dans la région des Plaines et les Dakotas fait craindre pour le potentiel de la récolte, dans un contexte où la demande globale ne peut se passer de l’offre américaine. En effet, les opérateurs estiment les besoins en blé américain des pays importateurs à 25Mt pour la nouvelle récolte, or ce blé est pour l’instant loin de concurrencer les parités mer Noire. Le marché domestique américain est tendu par la forte augmentation des prix du maïs, également liée à la sècheresse, ce qui pousse les fabricants d’aliments à se tourner vers le blé, moins cher. Pour s’assurer une part de la production américaine et concurrencer ce marché de l’alimentation animale, il semble que le marché export n’aura d’autre choix pour s’assurer une part du blé américain que de s’aligner sur les valeurs du marché domestique, et donc de poursuivre son mouvement de hausse.
Les ventes américaines de la semaine s’élevaient à 240kt, en ligne avec les attentes du marché, et sur les six semaines de campagne restantes, un volume hebdomadaire de 220kt sera nécessaire pour atteindre l’objectif USDA. Cette semaine sur le marché de Chicago, le contrat blé échéance juillet gagnait $56cts/bu.
Les autres marchés mondiaux eux aussi connaissaient une forte hausse cette semaine. L’Argentine et l’Australie suivaient la tendance globale, et ont vu leurs prix FOB augmenter, tandis que du côté européen, le marché Euronext enregistrait des hausses record sur toutes ses échéances jusqu’en 2023.
En Europe et plus particulièrement en France, les épisodes de gel répétés depuis le début du mois d’avril en diverses régions mettent en péril plusieurs récoltes. Si l’horticulture et la viticulture sont pour l’instant les plus touchés, le potentiel des grandes cultures est lui aussi mis à mal avec des pertes significatives déjà enregistrées pour la betterave et dans une moindre mesure le colza. S’il est encore trop tôt pour évaluer les pertes et qu’il faudra sans doute attendre la récolte pour connaitre l’étendue des dégâts sur le blé, les opérateurs anticipaient les pertes cette semaine et le contrat blé échéance juillet gagnait 12,75 €/t en quatre séances. De son côté Céré’Obs’ estime les conditions de culture « bonnes/très bonnes » à 85% cette semaine, en baisse de seulement 1 point par rapport à la semaine précédente. Aux inquiétudes climatiques s’ajoute un autre élément haussier pour le blé français : la demande chinoise qui ne désemplit pas. Le géant aurait ainsi acheté entre 500kt et 1Mt de blé français nouvelle récolte, maintenant la pression du coté de l’offre.
Le maïs connaissait également une forte hausse tant sur Chicago que sur Euronext cette semaine, pris lui aussi par les enjeux du « weather market » tandis que s’ouvre la période des semis dans l’hémisphère Nord. Là encore, le froid aux Etats Unis et la sècheresse en Europe inquiètent les opérateurs.
Du côté des orges, la demande chinoise record maintient la pression sur le marché français. Entre les mois d’octobre et de mars, la Chine a ainsi importé 5,8Mt d’orges françaises, et sur le seul mois de mars, 1Mt. Les stocks de fin ajustés par FranceAgriMer s’élèvent ainsi à 1,06Mt vs. 1,3Mt en moyenne ces dernières années. A cela s’ajoute une sole d’orge de printemps en recul de 34% par rapport à l’année dernière, ce qui fait craindre pour la disponibilité de la céréale française.




