
Assemblée Générale

Le groupe Sénalia, qui exploite les terminaux portuaires céréaliers et agro industriels sur le port de Rouen, a tenu ses assemblées générales à Paris le 12 janvier 2018. La réunion d’information a rassemblé plus de 360 professionnels et acteurs de la filière céréalière.
Assemblée Générale de Sénalia Union et Sénalia Sica : la reprise !
Après la campagne record de 2015/16 avec 8,3 millions de tonnes manutentionnés, l’exercice 2016/17 marque pour le groupe Sénalia un triste record attendu. Avec 4,9 millions de tonnes manutentionnés, 2016/17 sera la plus faible année depuis 13 ans.
La récolte 2016 a été particulièrement faible en tonnage et en qualité. Pour les blés la production française a baissé très fortement réduisant le disponible exportable de plus de 50%. Cette baisse fulgurante a impacté très fortement les exportations françaises et donc les activités de Sénalia. Gilles KINDELBERGER précise : « avec une baisse de plus de 65 %, la campagne dernière a donc été une année très compliquée ».
Ce sont 1,8 millions de tonnes de blé et d’orge qui ont été mises à bord des navires, ce qui représente une baisse de plus de 3 millions de tonnes par rapport à la campagne 2015/16 !
La qualité difficile des blés et des orges a nécessité un travail fin des silos portuaires de Sénalia pour permettre de charger vers l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Tunisie et même Israël. Les navettes trains et péniches mises en place ont continué à produire leurs effets positifs pour favoriser le report modal du camion vers le rail et la voie d’eau.
L’année 2016/17 a été l’occasion de proposer de nouveaux services notamment à l’importation de céréales.
Le Directeur Général a ensuite détaillé les mesures prises pour accompagner cette campagne : activité partielle, maitrise des charges. Gilles KINDELBERGER a expliqué les atouts de l’entreprise et a conclu : « Sénalia a su s’appuyer sur son modèle résiliant pour faire face à l’adversité ».
Les métiers agro-industriels sont restés très stables et représentent cette année 62% de l’activité contre 39% l’an dernier.
Grâce à son modèle résiliant, Sénalia a pu entretenir ses installations et a voulu continuer à dérouler son ambitieux programme d’investissements (41M€ en 5 ans).
Gilles KINDELBERGER a présenté l’activité de l’année en cours « La moisson 2017 s’est déroulée dans de meilleures conditions. On est revenu à une moisson de blé moyenne à 38 millions de tonnes, avec de très bonnes qualités. » Sénalia devrait charger plus de 3,6 millions de tonnes cette année, avec des activités agro-industrielles dynamiques, portées notamment par l’activité de Robust.
La logistique portuaire, facteur de compétitivité pour les filières agricoles ?
C’est par cette question que Gilles KINDELBERGER a ouvert la table ronde. Jean-Marc VITTORI1 a mis en évidence que les modèles classiques sont chahutés notamment par les mouvements de dématérialisation et d’ubérisation partout dans le monde. La question de l’impact de ces changements sur les silos portuaires et sur les filières d’exportation s’est donc posée. Les intervenants ont ensuite illustré les évolutions dans le monde. En Argentine, Olivier ANTOINE2 : « le modèle est l’inverse de celui de Sénalia, il y a peu de mutualisation, c’est le règne libéral des grands opérateurs ». Il précise que certains agriculteurs commencent à se regrouper pour peser davantage face aux grands opérateurs. Le gouvernement argentin cherche à faire baisser les coûts portuaires. Victoria ZINCHUK3 décrit les importants investissements faits par les pays autour de la Mer Noire. Les projets portuaires sont nombreux, financés par les grands opérateurs internationaux mais aussi soutenus par les états. La mutualisation des outils n’est pas promue car elle s’apparente souvent à l’ancien modèle. Elle précise que des projets portés par des agriculteurs émergent pour être plus indépendants des ABCCD4. Dans un autre domaine, les produits liquides pétroliers notamment, Valérie PETIMANGIN5 évoque une tendance cyclique alternant les phases de mutualisation notamment autour de Rubis Terminal, son entreprise, et les phases d’internalisation notamment pour les groupes pétroliers. Elle estime que son secteur est aujourd’hui dans la seconde phase.
Le Président, Thierry DUPONT, conclut la table ronde en faisant le constat que les modèles sont souvent remis en cause pour y revenir ensuite. Il constate que partout dans le monde les outils portuaires sont des structures importantes que seuls les flux peuvent rendre profitables. La mutualisation appelée aussi massification permet d’atteindre ces objectifs. Il ne faut pas considérer ces évolutions comme une fatalité, mais plutôt comme un appel à se renouveler et à s’adapter en utilisant les leviers à notre portée. Il précise « L’écoute de ses clients et de ses adhérents, permet à Sénalia de proposer des évolutions pour elle et l’ensemble de la filière. »
1 Jean-Marc VITTORI, éditorialiste LES ECHOS et auteur du livre l’effet sablier
2 Olivier ANTOINE, chercheur, Président d’ORAE Géopolitique
3Victoria ZINCHUK, Head of Agribusiness Advisory à la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement)
4 ABCCD : ADM, Bunge, Cargill, Cofco, Dreyfus
5 Valérie PETITMANGIN, Directeur commercial France RUBIS TERMINAL
Site internet de Sénalia : https://www.senalia.com/fr/




La coopérative s’est engagée dans la démarche pour faire reconnaitre l’excellence des pratiques qualité, sociales et environnementales de ses agriculteurs- coopérateurs et par conséquent valoriser au mieux leurs productions.