
Marché des céréales
L’ombre de la politique russe continue
de peser sur le marché du blé
Les conditions climatiques continuent de peser à la hausse sur les cours du blé. En Amérique du Nord, la sècheresse dans la région des Plaines aux Etats Unis, et au Canada font craindre pour le potentiel des récoltes, tandis qu’en Europe, la vague de froid pourrait également mettre en péril les récoltes dont l’évolution était pourtant favorable jusqu’à présent. La sècheresse impacte également l’hémisphère Sud, où l’Argentine et l’Australie ont vu leurs prix augmenter cette semaine.
Autre élément haussier, les chiffres export américains qui, s’ils étaient décevants pour l’ancienne campagne (seulement 82kt cette semaine pour un total de 925Mbu vs. 985Mbu pour l’USDA) ont surpris positivement pour la nouvelle. 530kt ont ainsi été vendues, dont 390kt à la Chine, ce qui présage de l’importance du programme d’importation de ce pays pour la campagne 2021/2022.
Ces éléments ont permis au contrat juillet de gagner entre $12 et $16cts/bu à Chicago sur la session d’hier, tandis que dans le même temps sur Euronext le contrat mai gagnait €4 /t, entrainé par le mouvement américain, et la rumeur d’un nouvel intérêt chinois pour le blé français.
Cependant la situation reste opaque pour le reste de la saison européenne, et en particulier les deux mois et demi restants de la campagne française. En effet, si l’Algérie a acheté 30-50kt de blé français cette semaine, la demande pour le blé français se fait de plus en plus rare et les exportateurs peinent à trouver des débouchés. La raison à cela est à chercher notamment du côté de la Russie et plus particulièrement de sa politique de taxe à l’exportation. En effet la structure de cette taxe, si elle contraint les exportateurs russes à rester relativement absents du marché en avril et mai, leur permet de revenir pour le mois de juin, avec des offres jusqu’à $20/t inférieures aux valeurs européennes. De quoi donner envie aux importateurs de se détourner de l’origine européenne et patienter…
Du côté du maïs, le dernier rapport USDA a surpris avec des estimations de surfaces inférieures aux attentes du marché (91,1 millions d’acres vs. 93,2 Ma attendus), et qui ne permettent pas de compenser les stocks finaux déjà très bas (7,7Mbu, soit le plus bas depuis 2014). Les prix ont fortement réagi, bondissant de $16cts/bu sur l’échéance juillet à Chicago sur la session d’hier. Autre élément haussier pour le maïs, la sècheresse brésilienne, qui continue d’entraver les semis de la « safrinha » dont la « fenêtre » est déjà entrain de se refermer.
Du côté des orges, l’intérêt de la Chine pour l’origine française continue de favoriser l’export, tandis que la Russie a partiellement compensé la baisse de ses exports de blé par des exportations d’orges. Sur les 20 premiers jours de mars, la Russie a en effet chargé 680kt d’orges, soit plus du double de son volume chargé en février et loin devant les 254kt chargées en 2020.




