Une avancée notable pour tenter d’enrayer la guerre des prix
La commission mixte paritaire réunie hier autour de la proposition de loi Besson-Moreau s’est accordée sur une version définitive du texte visant à assurer une meilleure rémunération aux agriculteurs. A cette occasion, La Coopération Agricole tient à saluer le précieux travail des députés et sénateurs tout au long du processus législatif ayant permis d’intégrer des avancées significatives par rapport à la version initiale de la proposition de loi.
A l’issue des travaux parlementaires, La Coopération Agricole se satisfait de la prise en compte de nombreuses de ses propositions pour renforcer les outils à disposition des fournisseurs dans leurs relations commerciales avec la grande-distribution. Parmi les points positifs orientés en vue d’un rééquilibrage du rapport de force, La Coopération Agricole relève :
- Concernant les marques nationales :
- La mise sur un même pied d’égalité des différentes options de transparence permettant la non-négociabilité du prix des matières premières agricoles ;
- Le retour de la non-discrimination tarifaire ainsi que l’identification de chaque service et de son prix dans les contrats.
- Concernant les marques de distributeurs :
- La mention d’engagements de volume dans les appels d’offres et les contrats ;La construction d’un dispositif de revalorisation de la matière première agricole.
- Concernant les pénalités logistiques :
- Le renforcement notable du dispositif actuel afin de réduire les pénalités abusives pratiquées par la grande distribution.
Toutefois, si La Coopération Agricole partage l’objectif d’une meilleure rémunération des agriculteurs porté par la loi, le texte adopté ne concerne que 40% des revenus des agriculteurs puisqu'il agit uniquement sur la part des matières premières agricoles vendue par les grandes surfaces. Pour réellement mettre un terme à la logique de déflation, on doit pouvoir garantir la répercussion des coûts de transformation auprès des distributeurs afin d’assurer le maintien de l’activité économique dans nos territoires. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons répondre à tous les enjeux : mieux rémunérer l’amont agricole mais également investir dans les transitions pour satisfaire aux attentes des marchés et permettre de restaurer la souveraineté alimentaire.
« Je tiens à saluer le travail des parlementaires autour de cette proposition de loi, qui s’est fait en co-construction avec les acteurs de la chaîne alimentaire, dans l’intérêt d’une meilleure répartition de la valeur de l’amont à l’aval. Avec le retour de la non-discrimination tarifaire, députés et sénateurs ont eu le courage de revenir sur un article capital de la LME, qui a favorisé la guerre des prix depuis plus de 10 ans. », déclare Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole. « J’en appelle désormais à la responsabilité des acteurs de la chaîne pour que l’objectif de cette loi Egalim 2 trouve une traduction concrète dès les prochaines négociations commerciales. »
hausse des coûts
des matières premières
Les brasseurs français très préoccupés par la hausse des coûts des matières premières
Très impactés par la crise sanitaire en 2020 et en 2021, les brasseurs doivent désormais surmonter en cette rentrée d’importantes tensions d’approvisionnement sur les matières premières et des hausses sans précédent des coûts du transport et de l’énergie.
Fort de la nouvelle dynamique du secteur depuis 2014, les brasseurs français ont investi de manière significative en recherche et développement (réduction de l’impact carbone, innovation produit, optimisation de la gestion de l’eau, éco-conception et réemploi des emballages, transports propres, etc.), en soutien à l’agriculture française et au développement de la filière.
Après 18 mois difficiles pour sauvegarder leurs activités, et dans un contexte déflationniste en grande distribution qui dure depuis plusieurs années, les brasseurs français s’alarment de la hausse des coûts de production qui risque de les mettre encore plus en difficulté.
Ainsi, Brasseurs de France estime, qu’au-delà de l’augmentation des matières premières agricoles, les hausses moyennes pour les brasseurs sont de + 7 à +15% sur l’énergie, +10 à +24% selon les matériaux d’emballages utilisés (verre ou aluminium) et + 4% sur le transport.
Il est donc primordial que les prochaines négociations commerciales avec la grande distribution prennent en compte cette réalité, pour permettre à l’activité brassicole, qui compte plus de 2 300 brasseries implantées dans tous les territoires, de poursuivre son redressement et rester ainsi un des fleurons de l’agro-alimentaire français.
Une campagne pour révéler les atouts du colza, au service de la souveraineté alimentaire.
À l’occasion du Sommet de l’Élevage de Clermont-Ferrand, la filière française des huiles et des protéines végétales, à travers sa marque-filière, Terres OléoPro, prend la parole à partir du 5 octobre. Cette expression nouvelle et collective vise à alerter un large public de décideurs sur l’urgence à agir et réagir pour préserver et développer une culture stratégique pour l’avenir de notre pays. Intitulée « Le colza, une chance pour la France », cette campagne met en scène un paysage iconique connu de tous et invite à découvrir avec humour (« Qu’est-ce qui est jaune et qui n’attend pas ? ») les atouts du colza. Terres OléoPro souhaite rappeler à cette occasion que le colza est une culture essentielle qui, grâce à la coproduction de protéine et d’huile, contribue activement à apporter des solutions aux défis alimentaire, énergétique et environnemental.
L’urgence d’une mobilisation collective
pour augmenter notre souveraineté́ protéique de 10%
En France, les surfaces de colza ont diminué de 40% en 3 ans (2017-2020). Si la France reste le premier producteur européen de colza, la filière fait en effet face à plusieurs défis : la concurrence étrangère, les problèmes agronomiques renforcés par l’impact des sécheresses et le manque de cadre règlementaire stable au niveau national et européen. La culture du colza représente pourtant une source de valeur essentielle pour les 100 000 agriculteurs de la filière oléoprotéagineuse et renforce l’autonomie protéique de la Ferme France.
Conformément à l’ambition du Plan Protéines, avec 1,3 million d’hectares de colza et 700 000 hectares de tournesol, accompagnée d’une hausse de la production d’autres sources de protéines végétales (légumineuses), la France pourrait améliorer sa souveraineté́ protéique de 10%. Un objectif ambitieux qui suppose d’inverser la tendance observée ces dernières années et d’accroitre les surfaces actuelles.
Le colza, une source de protéines indispensable au système alimentaire français
Le colza est tout d’abord indispensable aux éleveurs. Pour nourrir les animaux d’élevage, la filière dépend à 45 % d’importations de protéines végétales, essentiellement sous forme de protéines de soja (tourteaux) en provenance d’Argentine, du Brésil, d’Inde et des États- Unis. Le colza est une alternative indispensable pour limiter le recours aux cultures d’importations, essentiellement OGM, et qui présentent des défis environnementaux. À l’échelle européenne, une production accrue de colza représenterait une solution pour lutter contre la déforestation importée.
C’est ensuite une culture essentielle pour l’alimentation humaine, à la fois pour son huile, bien connue et reconnue pour ses qualités nutritionnelles et sa richesse en oméga 3, mais aussi pour la qualité de ses protéines, qui représentent une ressource durable pour les entreprises agro-alimentaires.
Enfin, au-delà même de sa contribution à la résilience de notre système alimentaire, le colza, à travers ses deux co-produits que sont l’huile et la protéine, offre d’autres débouchés essentiels aux enjeux actuels, et notamment dans l’accompagnement de la transition énergétique. Le B100, énergie nouvelle 100% végétale à base de colza, permet ainsi d’accompagner la décarbonation du secteur des transports, tandis que la chimie biosourcée se développe comme une alternative à la chimie traditionnelle issue du pétrole.
Pour Arnaud Rousseau, représentant du collectif colza Terres OléoPro : « Le colza contribue directement à la souveraineté alimentaire et protéique de la France en diminuant notre dépendance nationale aux importations étrangères. Ce rôle stratégique doit être reconnu à sa juste valeur et encouragé par nos représentants institutionnels tant au niveau local, national qu’européen. C’est tout le sens de cette prise de parole : le colza est véritablement une chance pour la France. Nous n’avons plus le temps d’attendre ! »
Une campagne inédite de la filière
La campagne « Le colza, une chance pour la France » a pour objectif de sensibiliser un large public, et notamment les décideurs et leaders d’opinion, aux enjeux d’une culture stratégique pour notre pays, de par sa contribution à notre souveraineté alimentaire, énergétique et environnementale. Il s’agit également d’encourager la mise en place d’une politique volontariste pour garantir la pérennité de son développement, et de rappeler la capacité collective à décider du système alimentaire de demain.
Portée sous la bannière commune aux acteurs de la filière, cette campagne joue la carte de l’humour pour interpeller l’opinion et leur faire découvrir les atouts de cette petite fleur jaune qui orne nos campagnes : « Qu'est-ce qui est jaune et qui n'attend pas ?». Elle sera déclinée en presse dans l’ensemble des titres de la PQR le 5 octobre et en version digitale le 5 et 6 octobre.