
Marché des céréales
Les semis, entre pluies pour les uns
et temps sec pour les autres
Blé
Les regards se tournent vers les semis pour la prochaine campagne 2020/2021. Selon les premières estimations du Conseil International des Céréales, les surfaces destinées à la production de blé dans le monde devraient être comparables à la campagne actuelle. En Europe, les surfaces devraient être stables. Mais les pluies récentes dans le nord ouest du continent (Royaume-Uni, Allemagne, France) contrarient les semis d’hiver. En France, selon Céré’Obs, 67% des blés d’hiver auraient été semés en date du 4 novembre (54% au 28 octobre), contre 85% l’an dernier à la même date. Les semis accusent un retard de 8 jours par rapport la moyenne des 5 dernières années et de 6 jours par rapport à l’an dernier. Pour l’heure cela ne semble pas engendrer des conséquences en vue de la prochaine campagne.
En Russie, les semis d’hiver (principalement du blé) sont presque terminés, avec un peu d’avance par rapport à l’an dernier. Selon France Export Céréales, à fin octobre, les surfaces de cultures d’hiver semées dépassaient les 18 millions d’hectares alors que l’objectif fixé était de 17,5 Mha. Cette surface est déjà supérieure à celle de la campagne précédente qui avait atteint au total 17,6 Mha.
Avec des conditions très sèches et des températures élevées dans l’Ukraine, à la fin du mois d’octobre, les semis de cultures d’hiver ont atteint 6,7 Mha, pour un objectif de 7,3 Mha selon France Export céréales. En Roumanie et en Bulgarie, le temps très sec également ne favorise pas la levée des semis.
Du côté de la campagne de commercialisation 2019/2020, les cours du blé en Russie et en Ukraine ont continué de progresser ces dernières semaines en raison des exportations dynamiques pour ces deux pays. A l’inverse, le blé tendre rendu Rouen sur le marché mondial n’a pas suivi cette hausse, conférant au blé français une compétitivité toujours bonne, à la faveur d’une parité €/$ proche des 1,1. Cela s’est notamment traduit par l’achat de plusieurs bateaux de blé français sur les deux derniers appels d’offres de l’Egypte.
Sur l’appel d’offres du 29 octobre, une seule offre française a été proposée, avec un prix C&F inférieur à la meilleure offre russe. L’Egypte a acheté 60kt de blé français, 115kt de blé ukrainien et 60kt de blé roumain. Le 5 novembre, le GASC a acheté pour 120 kt de blé français et 60kt de blé russe et les 2 offres françaises étaient les plus compétitives de toutes celles proposées. Ceci vient conforter la bonne compétitivité des blés français, même si peu d’offres de cette origine étaient proposées lors de ces deux appels d’offres. Depuis le début de la campagne d’achat de l’Egypte, ce sont 420 kt de blé français qui ont été achetées, soit 11% de l’ensemble des achats du GASC (cf. graph ci-contre). La Russie représente 50% des achats de ce dernier. Néanmoins on constate ces derniers jours un tassement du cours du blé sur le pourtour de la mer Noire.
A suivre.
A noter ce soir la parution du rapport mensuel de l’USDA. Les opérateurs s’attendent à des chiffres de production revus à la baisse dans l’hémisphère sud et à la hausse dans l’hémisphère nord.
Maïs
Les opérateurs attendent le rapport de l’USDA du 8 novembre qui devrait apporter des précisions sur la production américaine. La récolte a subi des retards, mais le temps plus clément permet de faire avancer les chantiers. Dans ce contexte, les cours se sont un peu repliés.
Dans son dernier rapport MARS publié le 28 octobre, la Commission européenne a revu à la baisse les prévisions de rendements en Europe, à 7,57t/ha contre 7,63t/ha estimés le mois dernier. En France, Arvalis prévoit un rendement national à 89,3 q/ha contre 96,7 qx/ha en moyenne sur les 5 dernières années. La production devrait donc atteindre 12,3 Mt. Les conditions climatiques de l’année ont inévitablement limité le potentiel de production, avec des résultats très hétérogènes entre les régions, et même au sein d’une même région. Au 4 novembre, 79% des surfaces de maïs étaient récoltées, contre 98% l’an dernier à la même date.
La Commission européenne a également publié le 31 octobre ses derniers bilans d’offre et de demande. Il est ainsi prévu des importations européennes de maïs à hauteur de 17Mt. Ce chiffre semble surprenant, le CIC a revu à la hausse le 24 octobre les importations européennes, à 20,3Mt contre 18,8Mt estimé le mois précédent. Au 3 novembre, 6,7Mt de maïs en provenance des pays tiers sont arrivées en Europe.
Sur le marché à l’export, le maïs français n’est pas compétitif et c’est le maïs polonais qui entre massivement dans les pays du nord de l’Europe.





