
Marché des céréales
Plus de 400 MT de céréales exportées
dans le monde durant la campagne 2020-2021
La production mondiale de céréales bât tous les records et pour autant elle est globalement équilibrée.
La planète ne finira pas la campagne avec des stocks report à peine plus élevés que l’an passé, ne laissant aucune marge pour appréhender la prochaine. D’où l’attention portée sur les conditions de culture.
L’élection présidentielle aux Etats-Unis n’affecte pas le fonctionnement des marchés des céréales davantage préoccupés par l’évolution des conditions climatiques dans les grands pays exportateurs de grains. Le dollar se maintient autour de 1,17-1,18 euro. La tonne de blé côte 207 € ce 6 novembre à Rouen. Le cours a repris une partie du terrain perdu la semaine dernière. L’Egypte a acheté 300 000 tonnes de blé russe et l’Arabie a lancé un appel d’offre de 600 000 t. La Chine importe toujours du maïs et se fait livrer du sorgho américain.
Si John Biden est élu, les Etats-Unis rejoindront l’accord sur le climat de 2015 et la filière de bioéthanol pourrait être, par conséquent, relancée. Mais sans majorité au Sénat, ses marges d’action seront limitées pendant au moins la première moitié de son mandat. Le Farm Bill ne sera pas modifié avant 2023.
Hormis l’orge et la filière brassicoles (cf. encadré), les marchés agricoles, ne sont pas non plus affectés par la crise sanitaire et économique qui n’épargne aucun continent. Ils sont même particulièrement dynamiques. D’ici la fin de la prochaine campagne, 402 millions de tonnes (MT) de grains seront exportées et importées dans le monde, soit 8 Mt de plus en un an.
Tout au plus a-t-on assisté à un démarrage en trombe des transactions au début de la campagne. Les pays importateurs, notamment concentrés en Afrique du Nord, ont cherché à sécuriser leurs approvisionnements. Les prix des céréales étaient alors très bon marché alors que leurs besoins sont particulièrement importants. Enfin, la Chine a été très vite présente sur tous les marchés.
Finalement, les 40 Mt de grains produites en plus dans le monde cette année sont juste suffisantes pour couvrir la demande (2 223 Mt). La consommation destinée à l’alimentation humaine croîtrait de 10 Mt et l’industrie de l’alimentation animale utiliserait 9 Mt supplémentaires. Enfin, 8 Mt de grains en plus seront transformées en biocarburants ou en biomatériaux.
Finalement, le CIC présente une campagne céréalière 2020-2021 équilibrée à l’échelle mondiale, qui justifie des prix plus élevés et plus rémunérateurs qu’escomptés au début de la campagne.
Les ajustements apportés ce mois-ci par le Conseil international des céréales (CIC) indiquent que les stocks de report de fin de campagne (619 Mt fin juin 2021) ne croîtraient que de 3 Mt et non pas de 12 Mt, encore mentionnés à la fin du mois de septembre. Car malgré l’augmentation de 32 Mt de la production mondiale de maïs (37 Mt aux Etats-Unis), les stocks de report de fin de campagne baisseraient de 17 Mt.
Mais par rapport à l’an passé, les 2 225 Mt produites sont différemment réparties sur l’ensemble de la planète, ce qui a quelque peu désorienté les opérateurs.
On va assister au grand retour de l’Australie sur les marchés de l’export. L’Union européenne est en situation d’outsider sur tous les marchés tandis que la Russie et les Etats-Unis sont en première ligne sur ceux du blé et du maïs. Ces derniers exporteraient 92 Mt de céréales, soit quasiment un quart des ventes mondiales (400 Mt).
Exportations de farines, un marché de 15,1 Mt
Sur les 15,1 Mt de farines échangées dans le monde, l’Union européenne n’en commercialisera que 600 000 tonnes selon le Conseil international des céréales (CIC) et la France 240 000 tonnes, selon FranceAgriMer.
Les plus grands pays importateurs de farine sont absents sur le marché de la farine. Cette année, les pays du Maghreb n’en achèteraient que 150 000 tonnes et l’Indonésie 75 000 tonnes, selon le CIC.
Les plus grands pays exportateurs aussi sont absents du marché, le Kazakhstan (2,3 Mt) mis à part.
Il assure, avec la Turquie (4,9 Mt), près de la moitié des ventes de farine dans le monde. Ces dernières sont majoritairement destinées aux pays du golfe (3,85 Mt) et à l’Afghanistan (2,5 Mt), premier pays importateur mondial de farine.
En fait, la Turquie et le Kazakhstan produisent avant tout de la farine pour l’expédier majoritairement à leurs voisins. Par exemple, l’Ouzbékistan importerait 750 000 t de farine kazakhe.
Quant à la Chine, sa présence sur le marché de la farine est modeste. Selon France Export Céréales (Lettre de Chine), l’ex-empire du milieu a importé 283 500 T de farine (+ 29 % par rapport à 2018), notamment de France, et il en a exporté 304 700 T (+ 9,5 % sur un an) à la Corée du Nord et à Hongkong.
Les filières « malt d’orges » et « orge de brasserie », victimes collatérales de la crise sanitaire
Pourtant inébranlable au fil des campagnes, le cours de l’orge de brasserie sur le marché de Creil, n’a pas résisté à l’émergence et à l’expansion l’épidémie du Covid-19. En mai dernier, en pleine période de confinement, la tonne de grains valait moins de 170 € à Creil. Six mois plus tard, elle avait refranchi le seuil de 190 € jusqu’à atteindre 199 € le 6 novembre 2020. La hausse s’est même accélérée ces dernières semaines.
L’activité des brasseurs s’était ralentie dès que les premières mesures de confinement de l’économie ont été prises, en fermant les bars, les pubs et les restaurants. Toutefois, davantage de bières ont été consommées à domicile. Et la consommation de bières a repris dès que les bars et pubs ont ré-ouvert, ce qui a relancé leur production.
Cependant, la France, premier exportateur mondial de malt (1,4 Mt sur 2020-2021), ne retrouverait pas son niveau de vente de 2018-2019. L’Union européenne, qui couvre 40 % des échanges commerciaux voit aussi ses exportations en repli de près de 150 000 tonnes.
Après une baisse de 7 % des échanges commerciaux de malt durant la dernière campagne, le marché reprend partiellement le chemin de la croissance (+ 2 %) sans retrouver le niveau de 2018-2019 (7,76 Mt), selon le CIC.




