
Marché des céréales
Bon état des cultures céréalières
en France, mais un déficit hydrique persistant outre-Atlantique
Blé
En France, on note un certain retard dans l’état d’avancement des cultures. Céré’Obs estime qu’au 31 mai, les cultures présentent un retard de 8 jours par rapport à la moyenne quinquennale et 17 jours par rapport à l’an dernier. 70% des surfaces sont au stade épiaison alors qu’en 2020 cela représentait 99%. Ce retard est dû aux températures basses du mois de mai. Les pluies du mois dernier, même si elles restent insuffisantes dans certaines régions, ont néanmoins été bénéfiques pour l’état des cultures et ont permis une bonne valorisation des apports d’azote. Les conditions de cultures se sont améliorées en France la semaine dernière en France. 80% des surfaces sont jugées dans un état bon à très bon au 31 mai.
Au Canada, comme au nord des Etats-Unis, les pluies demeurent insuffisantes et le déficit hydrique persiste. De ce fait, après un certain répit en fin de semaine dernière, les cours sont repartis à la hausse dès lundi, emmené également par l’achat par l’Arabie Saoudite de 562kt pour une livraison en août/septembre. Ce mardi la hausse a été particulièrement marquée puisque l’échéance septembre du marché à terme d’Euronext a gagné 5€, en raison de prévisions d’un temps chaud et sec sur la Corn Belt pour les deux prochaines semaines. Les météorologistes anticipent même de fortes chaleurs dans certaines régions.
Maïs
En France, les semis de maïs sont terminés et ont été réalisés dans de bonnes conditions. Au 31 Mai, 91% des cultures sont dans un état bon à très bon selon Céré’Obs.
La tension est forte sur le marché du maïs en Europe sur la fin de la campagne, avec des disponibilités qui deviennent moins importantes et une demande bien présente. Dans les derniers bilans publiés par France AgriMer début mai, le stock de fin de campagne s’affichait en dessous des 2Mt, à 1,9Mt, soit 140kt de moins que la campagne précédente et en dessous du stock outil. La soudure entre les deux campagnes risque d’être particulièrement tendue cette année. Et le contexte mondial favorise toujours la hausse des prix.
Au Brésil, même si quelques pluies bénéfiques sont apparues la semaine dernière, la situation semble irréversible sur les zones les plus précoces pour la deuxième récolte de maïs Safrinha. Les analystes commencent à baisser leur prévision de production. Certains l’estiment proche de 90Mt, un niveau bien en dessous du rapport de l’USDA de début mai (102 Mt), et des prévisions initiales proches des 110Mt.
Aux Etats-Unis, les expéditions hebdomadaires de maïs ont totalisé plus de 2Mt, et 51Mt depuis le début de l’année, soit 72% de l’estimation annuelle des exportations de l’USDA. Et la production hebdomadaire américaine d’éthanol s’est accrue de 23 000 barils/jour pour s’établir à 1,03 million de barils/jour, soit un niveau similaire à la normale qui prévalait avant la Covid. Les inventaires ont augmenté de 608 000 barils, atteignant 19,59 millions de barils. Du côté des cultures de maïs, celles-ci sont dans un état bon à très bon pour 76% des surfaces, un chiffre supérieur aux attentes, ce qui a entraîné le cours du maïs à Chicago nettement à la baisse ce mercredi.
Même si le CIC a réhaussé ce mois-ci la prévision de production mondiale de maïs, avec un nouveau record à 1 194Mt (+2Mt par rapport au rapport d’avril), la consommation est prévue également à un niveau élevé, ce qui amène les stocks mondiaux à un plus bas niveau depuis 9 ans, à 261Mt.
Orges
Les relations entre la Chine et l’Australie se sont tendues puisque ce dernier a annoncé le 28 mai avoir engagé une procédure contre la Chine devant l’OMC concernant les droits de douanes à 80% imposées par la Chine, accusant l’Australie de subventionner sa production d’orges. Les exportations de cette céréale, pour l'essentiel à usage brassicole, ont pesé jusqu'à 1 Mrd$. Ce différend entre les deux pays avait permis à l’orge française de trouver sa place sur le marché chinois. Selon les chiffres des Douanes, au 31 mars, ce sont 2,3Mt d’orges françaises qui ont été expédiés en Chine. Cette destination représente 88% des exportations d’orges françaises.




