
Marché des céréales
Après le gel, la sécheresse inquiète
les opérateurs
Blé
Encore une semaine de forte volatilité pour le marché du blé. Lundi, le marché à terme d’Euronext a gagné +7€ sur l’échéance septembre. La raison principale est à regarder du côté des conditions météorologiques. Le sec domine sur l’Europe de l’Ouest, mais aussi au Nord des USA et au Sud du Canada. En Russie, on note que dans le Centre et la Volga, 50 % à 80 % des surfaces de blé d’hiver pourraient être retournées, et remplacées par du blé de printemps. La production totale de blé en Russie pour la campagne 2021/2022 est ainsi estimée par certains analystes à 78,6 Mt, contre 78,9 Mt estimées en novembre et 85,9 Mt produites en 2020.
En Europe, la Commission européenne a révisé à la baisse la prévision de rendement du blé tendre (5,86t/ha contre 5,89t/ha estimés le mois dernier) en raison des conséquences de la vague de froid du mois d’avril. La production européenne est donc attendue à 124,8Mt, contre 126,7Mt le mois dernier. Le stock prévisionnel de fin de campagne est donc abaissé de 1,5Mt, à 11,4Mt.
Deux appels d’offres de grands pays importateurs sont à noter ces derniers jours : l’Algérie, et l’Egypte, mais qui a finalement annulé son appel d’offres lancé le week-end dernier, jugeant probablement les offres sur des niveaux de prix trop élevés. L’offre la moins chère était d’origine roumaine. Selon France Export Céréales, la Roumanie, après une campagne 20/21 assez médiocre au niveau de sa production, pourrait redevenir un concurrent de poids face au blé français. La Roumanie s’attend à une belle remontée en blé tendre, avec une production estimée à 9,2 Mt (+47 % par rapport à l’année dernière), et le disponible exportable de la Roumanie, pour la campagne 2021/22, pourrait retrouver un niveau habituel (6,1 Mt), contre 4 Mt pour la campagne 20/21.
Finalement, ce jeudi, grande dégringolade sur les marchés à terme avec une perte de 8€ sur l’échéance septembre d’Euronext.
Ce mois-ci, dans le rapport du CIC, pas de changement dans l’estimation de production mondiale, la baisse de la prévision européenne étant compensée par la hausse de la prévision russe. Pour l’Europe, le CIC a nettement abaissé la prévision de production française, à 36,1Mt au lieu de 37,3Mt le mois dernier. En Allemagne, la production est revue en baisse, mais dans une moindre mesure, à 22,5 Mt contre 23,2Mt. Par contre, la prévision de consommation mondiale a été augmentée de +3Mt, réduisant ainsi le stock de fin de campagne. En effet, la consommation chinoise de blé a été revu à la hausse de +2Mt.
Le CIC a publié des projections sur les 5 années à venir. Ce dernier s’attend à ce que des records de production s’enchaînent, mais de quoi tout juste satisfaire une demande croissante (à peu près 2%/an) sans consolider les stocks. D’autant plus que ces stocks seront principalement localisés en Inde et en Chine. Ce contexte pourrait alors être un élément de soutien des prix.
Maïs
Ce lundi, la bourse de Chicago a fortement progressé, +0,25 $/bu, la valeur maximale de gain en une seule séance et ce, en seulement quelques minutes après l’ouverture de la Bourse.
Le maïs est la céréale qui drive les marchés céréaliers en ce moment. La vague de froid aux Etats-Unis a ralenti les semis et sont complétés à hauteur de 17%, alors qu’au Brésil le temps sec risque d’entraîner des pertes de rendement pour la 2nde récolte de maïs, la Safrihna.
Après le lundi particulièrement haussier, les contrats à terme à Chicago ont clôturé en baisse le lendemain, ce qui semble être une correction technique. En effet, les très fortes hausses ont vraisemblablement entraîné la prise de positions de fonds d’investissements, dénouées par la suite.
Le CIC a revu la prévision de production américaine de maïs nettement à la baisse, les données d'enquête américaines n'ont signalé qu'une augmentation modeste des intentions de plantation 2021/22. Bien que la reprise ultérieure du marché pourrait potentiellement inciter à une superficie supplémentaire, la production est estimée en baisse de 4,5 Mt par rapport au mois dernier, à 379,5 Mt. La production brésilienne reste inchangée alors que certains analystes réduisent la prévision de production.





