
Analyse du marché des céréales
Vers une reconquête des marchés
à l’exportation ?
BlÉ
Le « weather market » s’essouffle aux Etats-Unis et la publication des nouvelles mises à jour des bilans mondiaux de l’offre et de la demande de blé par le Conseil International des Céréales ne bouleverse pas les équilibres. Le marché de Chicago poursuit sa baisse, et le cours du blé sur Euronext perd encore 1,50 €/t sur l’échéance septembre et 2 €/t sur décembre. Par contre, sur le marché physique, les prix se stabilisent sur la période de livraison octobre-décembre, et l’on observe même un redressement pour les prix en dégagement sur plusieurs parités.
Ainsi, le prix rendu Rouen, livraison août-septembre s’apprécie de 2 €/t. Les chargements sont encore timides à Rouen, et n’ont pas encore démarré à Dunkerque, mais les demandes commencent, enfin, à se concrétiser sur le marché export. Si cette semaine l’origine France s’est inscrite loin derrière ses concurrents de la mer Noire pour l’appel d’offres de l’Egypte, elle devrait trouver une belle place dans le dernier achat de l’Algérie. Cette dernière vient de concrétiser un appel d’offres de 510 kt, dont une bonne partie pourrait se concrétiser au départ des ports français. La pluie qui persiste et qui ralentit la récolte en Allemagne et dans les pays du pourtour de la mer Baltique fait peser des menaces de plus en plus prégnantes sur la qualité. Les blés en provenance de la mer Baltique avaient occupé une place non négligeable à destination de nos clients traditionnels ces deux dernières années surtout en début de campagne (cf. Bilan de campagne de France Export Céréales). Le marché semble anticiper une moindre pression concurrentielle de ces origines qui pourrait jouer en faveur du blé français. Des disponibilités suffisantes pour alimenter tous les débouchés et une qualité de belle facture sont les atouts que les opérateurs français espèrent valoriser pour reprendre des parts de marché. Selon France Export Céréales, les exportations devraient revenir à des parts de marché habituelles chez ses principaux clients.
Sur la bassin mosellan la prime s’est redressée de +4 €/t cette semaine sur le dégagement. Entre des rendements qui s’annoncent décevants dans l’Est de la France mais une belle qualité, notamment en termes de protéines, et une récolte allemande qui pourrait bien avoir du mal à garantir ses critères habituels, le prix du blé français s’améliore. Les opérateurs espèrent une reprise des flux normaux à destination des meuniers allemands, voire une baisse du recours traditionnel au blé protéiné de nos voisins par la meunerie française. L’évolution de la moisson en Allemagne retient donc l’attention des acteurs et pourrait être assez déterminante sur l’orientation du marché. A ce jour, l’embellie des primes peut tout aussi bien n’être qu’un feu de paille comme se confirmer : cela dépendra des proportions effectives de blés fourragers chez nos voisins du nord de l’Europe.
Orge : le marché se tend
La pression qui s’exerçait sur les prix pour des livraisons en dégagement s’est fortement allégée. En une semaine, à Rouen par exemple, l’écart entre des livraisons rapprochées et de l’octobre-décembre est passé de 14 €/t à 6 €/t. Pour le moment, il semble que ce soit surtout le manque d’offres qu’un réel mouvement des acheteurs qui explique cette évolution des prix. Pour le moment, les chargements au départ de l’Europe sont au plus bas et l’écart de prix avec la mer Noire n’est toujours guère de nature à déclencher des affaires. Mais l’évolution des prix laisse percevoir une tension, et l’Arabie Saoudite était aux achats ces derniers jours. A suivre donc !
Dégringolade des cours du maïs français
Le cours du maïs sur le marché à terme Euronext pour livraison août s’effondre et cède 11 €/t en une semaine. A quelques jours maintenant de l’expiration de la dernière échéance de la campagne 2016/2017, le prix du marché à terme converge avec le marché physique. Cette forte dégringolade permet au maïs de s’aligner avec ses concurrents, mais bien tardivement et probablement de manière éphémère car les observateurs non aguerris regarderont le prix de l’échéance suivante. Les mêmes travers risquant de produire les mêmes effets pervers pour le marché. Alors que le prix du maïs français était resté perché, artificiellement soutenu par un marché à terme décorrélé de la réalité, les acheteurs ont passé commande ailleurs. Ainsi, ce n’est pas sans surprise que l’on voit des bateaux de maïs ukrainiens et brésilien entrer dans l’Union Européennes, notamment en Espagne et en Hollande. Depuis le 1er juillet, ce sont 978,5 kt qui ont été déchargées dans les ports européens. Si la petite récolte 2016 pouvait justifier un repli du maïs français sur son marché intérieur, les belles promesses de la récolte 2017 laissent à penser que la reconquête de notre marché communautaire est impérative.





Rouen