
Marché des céréales
Hausse des importations européennes
de maïs
Maïs
Avec 81% des surfaces récoltées selon Céré’Obs, la moisson de maïs en France touche à sa fin,. Les rendements sont particulièrement décevants en irrigué, et la moyenne nationale n’est pas brillante. Elle devrait se situer à 87,8 qx/ha selon FranceAgriMer. Compte tenu des conditions sèches qui durent depuis des semaines, les taux d’humidités, autour de 20%, sont exceptionnellement bas.
Malgré une faible production nationale (11,5 Mt selon FranceAgriMer), le cours du maïs français ne progresse plus. Bien au contraire, Il ne fait que baisser depuis début août. En effet, dans le sillage du blé tendre, le cours du maïs s’est d’abord apprécié tout au long du mois de juillet. Mais depuis, le cours du contrat Euronext novembre a perdu près de 30 €/t. Le marché français ne peut pas s’affranchir du marché mondial, nettement moins cher. Et le rebond du cours du maïs américain ce mois-ci éloigne la perspective de mise en place de taxes à l’entrée dans l’Union et fait la part belle aux maïs brésiliens et ukrainiens.
Les importations dans l’UE atteignent déjà 4,8 Mt à la mi-octobre, soit près d’un demi-million de tonnes de plus que l’an dernier (+445 kt), et surtout deux fois plus qu’il y a deux ans, à la même date.
Pourtant, selon les dernières estimations de Stratégie Grains, la production de maïs de l’Union, à 59,4 Mt est, au final, équivalente à l’an dernier et comparable à la campagne 16/17 (60 Mt). Les mauvaises performances en Allemagne, France, Pologne et République Tchèque étant en partie compensées par de bons, voire très bons rendements en Bulgarie, Hongrie, Roumanie et Italie. La Roumanie a engrangé 11,7 Mt de maïs et devient ainsi le premier producteur européen, dépassant cette année la France. Avec 2,5 millions d’hectares de maïs, ce pays est l’Etat membre qui consacre, et de loin, le plus de surfaces à cette culture, la France arrivant en 2e position avec 1,4 Mha. Cette année, en Roumanie, c’est surtout le rendement qui est en nette hausse, et pourtant à 44 qx/ha, il est le plus bas d’Europe.
Pour cette campagne 2018/19, l’analyste privé envisage des importations en provenance des Pays-Tiers à hauteur de 21,1 Mt (contre 17,9 Mt l’an passé) soit une augmentation de 18%, principalement lié à la baisse de la production de blé dans l’Union (-15 Mt) et à la compétitivité des origines concurrentes.
Pour le moment, ces flux d’importations arrivent essentiellement en Espagne, au Portugal et en Hollande. Mais la France pourrait bien également s’intéresser à ces origines extra-communautaires. A ce jour, il est surtout question d’importations en provenance de la Bulgarie, pays membre de l’UE. Il semblerait que 2 à 3 bateaux pourraient bientôt décharger dans les ports bretons.
Préoccupés par des conditions climatiques difficiles et une récolte en fort retrait, et peu motivés par un prix inférieur à celui du blé de près de 30€ depuis le mois d’août, producteurs et OS ont peu participé au marché en ce début de campagne, laissant la place à la concurrence.
Autre élément qui ne joue guère en faveur du marché français, les basses-eaux sur le Rhin et la Moselle. Le niveau d’eau atteint un plus bas historique, et si les péniches circulent tout de même, c’est presque à vide. Les surcoûts de fret tétanisent les acheteurs qui peinent à prendre des positions et préfèrent s’approvisionner soit en maïs du Sud-Ouest de la France, soit en grains importés.





