Alors que le projet de loi de finances est en cours d’examen au Sénat, la possibilité d’un abandon des hausses de redevances initialement prévues sur les pollutions diffuses et l’irrigation semble sur la table des négociations. Ce revirement, s’il devait être confirmé par le gouvernement, génèrera un manque à gagner de près de 50 millions d’euros par an pour les Agences de l’eau qui ont pour seule mission la préservation de l’eau que nous consommons.
L’augmentation des redevances, un outil efficace pour accélérer des changements nécessaires
De plus en plus de collectivités se retrouvent dans l’impasse pour fournir une eau simplement potable à leurs habitants, à titre d’exemple Eau de Paris annonce un triplement des coûts de traitement de l’eau pour supprimer les pesticides. Une taxation plus importante des pressions agricoles sur l’eau devait permettre de financer des programmes d’accompagnement pour un changement de modèle agricole là où il y en a le plus besoin.
« Le ridicule de cette vision court-termiste c’est qu’une partie de ces nouvelles recettes devaient venir financer des budgets d’adaptation au réchauffement climatique et on sait que c’est le secteur agricole qui en a le plus besoin » s’indigne Stéphane Rozé, référent professionnel sur l’eau à la FNAB et membre du Comité national de l’eau.
Le secteur agricole doit prendre sa part dans le coût de l’eau
Alors que l’agriculture est le secteur qui consomme le plus d’eau et impacte le plus sa qualité il ne contribue qu’à hauteur de 6% des redevances perçues par les Agences de l’eau. L’augmentation des redevances va dans le sens d’un rééquilibrage progressif et d’une application, encore très partielle et pourtant nécessaire, du principe pollueur-payeur.
Le rééquilibrage dans la contribution des différents secteurs est une demande de long terme des instances de l’eau. « Au-delà du seul aspect financier en faisant cavalier seule la profession agricole va encore crisper le dialogue au sein des instances de l’eau alors que les enjeux augmentent avec la raréfaction de l’eau » regrette Stéphane Rozé. « Le secteur agricole ne peut plus s’émanciper des contraintes qui pèsent sur les autres usagers de l’eau.»
La FNAB défend la préservation d’un dialogue durable concernant la gestion de la ressource en eau et demande à ce titre le maintien des hausses sur les redevances pollution diffuses et irrigation.

Etat des lieux du référencement des matières protéiques en 2022 : une présence marquée des protéines végétales et nouvelles ressources dans de nombreux produits et rayons alimentaires
Protéines France, en partenariat avec Terres Univia, l’Interprofession des huiles et des protéines végétales, dresse un état des lieux du référencement des produits contenant des matières protéiques dans la grande distribution en France en 2022. L’étude* a pu ainsi dresser un panorama complet des utilisations des protéines végétales et des nouvelles ressources : on les retrouve dans de nombreux rayons alimentaires, des surgelés à la crémerie, en passant par l’épicerie sucrée. Une grande diversité de sources protéiques est représentée, du blé au soja, en passant par le pois et la spiruline. Le blé est la source de protéines la plus présente dans les rayons.
UNE GRANDE DIVERSITÉ DE SOURCES PROTÉIQUES REPRESENTÉES
Soja, pois, pois chiche, chanvre, tournesol, riz, lentille, spiruline... 19 sources de protéines ont été recherchées*, dans les circuits de distribution suivants : hypermarchés, supermarchés, proximité, e-commerce et hard discount. Avec un taux de pénétration1 de 19%, les matières protéiques se retrouvent en majorité dans le rayon surgelés, suivi de près par le rayon épicerie sucrée (17%) puis par le rayon frais non laitier (14%). On en retrouve également, dans une moindre mesure, dans les rayons épicerie salée (7%) et crémerie (2%).
Ingrédient d’importance dans la composition des produits finis, les matières protéiques se retrouvent parmi les trois premiers ingrédients (hors eau) de 22% des produits alimentaires ciblés. La protéine de blé est la plus représentée tous rayons confondus, puisqu’on la retrouve dans 4 076 produits (chaque produit étant identifié par un EAN2). Les produits contenant des protéines de blé sont particulièrement présents au rayon épicerie sucrée (45%), notamment dans la catégorie des viennoiseries industrielles et au rayon frais non laitier (35%). Par ailleurs, 42% des produits contenant des protéines de soja se retrouvent dans le rayon frais non laitier, en particulier dans les entrées fraîches.
38% des produits contenant de la protéine de pois se trouvent dans le rayon frais non laitier. La protéine de pois est par ailleurs un ingrédient très répandu dans la catégorie des sorbets et crèmes glacées.
« Ce bilan de référencement met en avant l’utilisation croissante des ingrédients protéiques à base de légumineuses au sein d’une grande variété de produits et de rayons. Aujourd’hui, nous constatons à la fois la place prédominante du soja et du pois mais aussi la montée en puissance de l’utilisation de nouvelles espèces de légumineuses telles que la féverole, le pois chiche ou encore la lentille », commente Benjamin Lammert, président de Terres Univia.
La spiruline, qui s’appuie sur ses propriétés colorantes, est, quant à elle, très présente au sein du rayon épicerie sucrée, en particulier dans la catégorie des bonbons et sucettes, qui regroupe 58% des produits contenant au moins une matière protéique issue de la spiruline.
La majorité des produits contenant des matières protéiques ne sont pas issus de l’agriculture biologique et n’ont pas de caractère végétal déclaré (V-label ou mention sur l’emballage) : seulement 12% des produits ont au moins un label bio, et 6% au moins un caractère végétal déclaré. L’allégation « végétal » est ainsi 3 fois plus présente sur les produits contenant des protéines végétales que sur le marché global.
NOUVELLES SOURCES DE PROTÉINES : DES FREINS A LEVER POUR FAVORISER LEUR UTILISATION
Insectes, mycoprotéines et levures : ces nouvelles sources de protéines appartiennent à un marché encore trop peu mature dans l’alimentation humaine pour avoir pu être identifiées dans le périmètre de l’étude. « Il reste encore de nombreux freins à lever pour les voir largement distribuées sur le marché français. Parmi ceux-ci, on peut citer la procédure de mise sur le marché des Novel Food, qui est longue et coûteuse. Il peut aussi y avoir un manque de soutien à l’industrialisation de ces nouvelles ressources. La sensibilisation à ces nouvelles sources de protéines est également importante pour qu’elles soient davantage acceptées par le consommateur », souligne Antoine Peeters, directeur général de Protéines France.
*Méthodologie du bilan de référencement
Identification des produits contenant des matières protéiques végétales et nouvelles ressources au sein de la base de données produits de ScanUp, agrégeant les informations de plus de 450 000 produits alimentaires actifs sur le marché français et couvrant 90% du marché en volumes de ventes. Etude réalisée par ScanUp au premier semestre 2023 sur les produits actifs en 2022. Périmètre hyper/supermarchés, proximité, e-commerce, hard discount. Un produit recensé (ou EAN cible) est caractérisé par la présence d’au moins une source de protéines recherchée.
Sources de protéines recherchées : soja, pois, pois-chiche, féverole / fève, lupin, lentille, chanvre, tournesol, blé / gluten, riz, maïs, avoine, pomme de terre, haricot, colza / canola, levure, chlorelle / chlorella, spiruline, mycoprotéine.
De nombreuses sources protéiques ont été identifiées en association avec leurs appellations en termes de matière protéique : protéine végétale de ... ; protéine texturée de... ; Hydrolysat de protéine de ... ; isolat de ... concentrat de ... et d’autres encore. La liste exhaustive est disponible sur demande.
1. Taux de pénétration : proportion de produits contenant des matières protéiques végétales et nouvelles ressources recherchées par rapport au nombre total de produits en rayon.
2. EAN : un EAN (European Article Numbering) est un code-barres à 8 ou 13 chiffres permettant d’identifier un produit unique. Un EAN cible est caractérisé par la présence d’au moins une source de protéines recherchée.
La FNSEA appelle à la plus grande vigilance sur le respect des lois EGAlim
Ce vendredi 8 décembre, Marc Fesneau, Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, a réuni l’ensemble des acteurs de la chaine alimentaire pour un premier Comité de Suivi des Relations commerciales. Cette réunion fait suite à l’avancée des dates de négociations commerciales à titre exceptionnel pour l’année 2024 actée dans la Loi « portant mesures d’urgence pour lutter contre l’inflation concernant les produits de grande consommation ».
La FNSEA, par la voix de Yohann Barbe, Membre du Bureau, a insisté sur le fait que la profession agricole sera inflexible sur le respect des lois EGAim et notamment sur la logique de construction du prix en marche avant et de sanctuarisation du prix de la matière première agricole (MPA). A ce titre, la FNSEA a souligné que les Marques de Distributeurs (MDD) sont désormais assujetties aux mêmes règles et que leur application doit faire l’objet d’une surveillance particulière.
Il a également été rappelé que, dans le contexte inflationniste des deux dernières années, les producteurs agricoles ont pris leur part à l’effort collectif et n’ont pas répercuté la totalité de leurs coûts de production. Or, ces coûts demeurent à un niveau élevé : + 12 % sur deux ans. Cette situation ne peut pas perdurer plus longtemps.
Enfin, la FNSEA a demandé au Ministre la plus grande vigilance quant au recours de certains acteurs de la distribution à des centrales d’achat implantées hors territoire national : ces pratiques peuvent s’apparenter à un contournement des principes d’EGAlim, inacceptable pour les agriculteurs.
L’absence de représentation du Ministère de l’Economie et des Finances lors de cette réunion, pourtant à l’origine de la modification de la période des négociations commerciales et alors même que les agriculteurs manifestent partout en France depuis plus d’un mois leur mécontentement, est un regret pour la FNSEA. Seul un dialogue en présence de l’ensemble des parties prenantes permettra la mise en place des garde-fous nécessaires pour éviter que le revenu des agriculteurs redevienne la variable d’ajustement du pouvoir d’achat des Français ! Il en va de la souveraineté alimentaire de la France et de la capacité de l’agriculture à réaliser les transitions attendues.