
Marché des céréales
des importations européennes de maïs
en forte hausse
Blé
Le CIC a revu légèrement à la baisse la production mondiale de blé, à 762 Mt (-2Mt), avec des réductions pour l’Australie, l’Argentine, et les États-Unis. En Argentine, la sécheresse et les gelées dans certaines régions ont eu un impact négatif sur le potentiel de rendement dans les principales régions productrices. Pour autant, la production de l’Argentine est prévue à un niveau comparable à l’an passé (19,5Mt, +0,2% par rapport à l’an passé) avec une prévision d’exportations de 14Mt (13,5 Mt en 2018/19, 14,2Mt en 2017/18 selon le CIC). La présence de l’Argentine sur les marchés nord-africains à partir de décembre pourrait impacter les exportations françaises. Il faudra cependant surveiller les élections présidentielles de ce weekend, avec un candidat qui pourrait rehausser les taxes à l’exportations de céréales, voir mettre des quotas d’exportations comme cela avait été le cas de 2006 à 2015.
Les révisions à la hausse de la production en Russie (+0,8Mt) et en Europe notamment (+1Mt) ne compensent pas les réductions de la production. Le CIC a augmenté la production française, celle-ci s’établit donc à 41,3Mt. Agreste, dans son rapport issu de ses estimations au 1er octobre, prévoyait une production de 39,7 Mt.
Les cours sont stables cette semaine sur le marché à terme d’Euronext, tout comme de la parité €/$ qui reste proche des 1,11. Cette parité demeure favorable aux exportations françaises et européennes. Sur les 2 premiers mois de l’année, les statistiques des Douanes montrent une baisse de -10% des exportations françaises vers les pays tiers. Au 1er septembre, 945kt de blé français ont été exportées par l’Algérie contre 1,2Mt l’an dernier à la même époque. On note des exportations plus conséquentes cette année vers l’Afrique subsaharienne (Angola, Côte d’Ivoire). Vers les pays de l’Union, les exportations sont pour l’instant dans la même lignée que l’an passé (+3,8%), Belgique et Pays Bas étant les destinations principales du blé français au niveau communautaire.
Maïs
La récolte française continue sa progression. Elle est complétée à 46% en date du 21 octobre (30% la semaine dernière). Arvalis estime la récolte de maïs à 12,3Mt, avec une baisse des rendements (89,3 q/ha contre 93,2 q/ha l’an dernier) compensée par une hausse des surfaces. Les rendements sont hétérogènes en raison de la sécheresse et des restrictions d’eau, et l’on peut s’attendre à un transfert de maïs grain vers le fourrage à hauteur de 50 000 ha selon l’AGPM, un niveau équivalent à l’an dernier.
Les difficultés de récolte de maïs se poursuivent aux Etats-Unis. Au 13 octobre, 73% des maïs étaient arrivés à maturité contre 96% en 2018 à la même date. De plus, seuls 22% des maïs ont été récoltés à cette date contre 38% l’an dernier. Avec des conditions climatiques défavorables et des températures négatives, la maturité des maïs est mise à l’épreuve et les chantiers de récolte sont difficiles.
En France les importations de maïs européens sont en hausse de +11% au 1er septembre (38kt), avec des origines des pays de l’est (Roumanie, Hongrie). Les importations françaises depuis les pays tiers sont globalement stables à 6kt sur cette période. Par contre, les importations européennes en provenance des pays tiers sont en hausse de 27% en date du 20 octobre, à 6,16 Mt pour l’ensemble des membres. L’Espagne totalise des importations pays tiers à hauteur de 2,7Mt, en hausse de +70% par rapport à l’an dernier.
Orge
Le CIC revoit à la hausse la prévision de stocks d’orge au niveau mondial pour la campagne 2019/20. Ils sont donc de 29Mt, contre 24,3Mt sur la campagne 2018/19.
À 154,7 millions de tonnes, la récolte mondiale d'orge devrait être la plus importante depuis 2008/09. Les prévisions du CIC sont légèrement plus élevées qu'auparavant, les révisions à la hausse de l'UE, de la Russie notamment compensent les réductions apportées par l'Australie et l'Argentine, où le temps sec a réduit les perspectives de rendement. La récolte de l’UE est fixée à 61,8 millions de tonnes (+ 10%), la meilleure récolte depuis 10 ans. Les résultats ont été particulièrement bons en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, mais des résultats inférieurs à la moyenne ont été obtenus en Espagne et en Pologne.
Le CIC ne change pas les prévisions d’importations d’orges pour la Chine, demeurant à 5,5Mt, même si de nombreuses incertitudes demeurent dans ce pays au regard de la peste porcine africaine. Pour l’heure, sur les 2 premiers mois de la campagne, les douanes françaises font état de 461kt d’orges exportées vers la Chine (380 kt l’an passé sur la même période, et au total, les exportations sont en hausse de +68,6% (914 kt au 1er septembre). En juillet la France a exporté 132 kt d’orges à destination de l’Iran (source Douanes), alors que les exportations totales sur les campagnes précédentes s’établissaient à 69,3 kt en 2018/19 et 64,5kt en 2017/18. Comme pour la Chine, des incertitudes demeurent, mais pour d’autres raisons d’ordre politique. Notons qu’en blé, France Export Céréales précise que l’Iran pourrait avoir recours aux importations de blé en raison de la baisse de la collecte. Mais pour autant, le gouvernement a réfuté ce possible recours.





